C'était décidé. Dès le Mont Ventoux enneigé nous irions racketter ses chemins et leur dérober cet état précaire d'immaculée moquette blanche par notre irrépressible plaisir à marcher dans ce blanc pur comme Sylvain Tesson (clic) - mais nous-même dans le confort, oui !
Bref, nous irions faire un peu de raquettes.
La neige est arrivée et a recouvert de son blanc manteau pô pô pô ! qu'est-ce que c'est ringard cette expression là, Philfff ! Fais plus simple ! La neige est bien tombée sur le sommet du mont Ventoux : c'était le moment opportun d'en profiter.
Le parking étant quasiment vide, nous ne serions pas nombreux sur ces chemins, c'était une bonne chose.
Le problème, à la montagne c'est que ça grimpe, mais pourquoi les montagnes ne sont-elles pas plates? Et au début, mon épouse devait m'attendre car je m'emberlificotais avec mes raquettes, faute de pratique, de plus, il me fallait éviter les crottes de chiens dont les maitres ne prennent pas la peine de ramasser: ça commence bien, moi qui le voulait ce beau manteau blanc (et oui j'l'ai dit quand même) me voici plutôt sur la couche de mon dernier petit-fils : rien qu'à regarder on devine le menu. Bref passons.
Enfin plus haut, c'était plus propre. Le blanc, que le blanc. Bon oui et le vert des sapins, oui, et puis le bleu des lichens qui les habillent, oui. C'est beau c'est nature. Après pique-nique et redescente tranquilo, tranquilette, nous sommes allés voir cette petite maisonnette en bord de route parce qu'un personnage peint sur la façade nous intriguait.
"Le gradient bioclimatique du mont Ventoux
sous la plume de Jean-Henri Fabre - 1879
Une demi-journée de déplacement suivant la verticale fait passer, sous les regards, la succession des principaux types végétaux que l'on rencontrait en un long voyage du sud au nord, suivant le même méridien...
En bas, dans les haies, vous avez récolté les fleurs écarlates du grenadier, ami du ciel africain; là-haut vous récolterez un petit pavot velu qui abrite ses tiges sous une couverture de menus débris pierreux, et déploie sa large corolle jaune dans les solitudes glacées du Groenland et du Cap Nord, comme sur les pentes terminales du Ventoux.
Souvenirs entomologiques
Jean-Henri Fabre (1823-1915)
"Un grand savant qui pense en philosophe, voit en artiste, sent et s'exprime en poète" Jean Rostand"
De chaque coté de la façade, il y avait donc ce gradient bioclimatique du mont Ventoux.
Très intéressant, nous voyons les changements de végétations selon l'altitude. Les arbres, mais pas seulement : les fleurs aussi.
Une autre photo du gradient affiché à l'intérieur, plus parlante peut-être:
A l'intérieur, nous avons des exemples de la flore.
Les fleurs du pierrier Une délicatesse trompeuse Une détermination redoutable Elles paraissent fragiles, perdues dans cette mer de calcaire broyé par le froid hivernal. Mais détrompez-vous, aussi belles et délicates soient-elles, elles sont d'une extrême détermination. Elles ont un unique objectif, une quasi obsession, se reproduire.
En voici quelques unes.
Campanula Alpestris / Campanule des Alpes
Saxifraga opppositifolia / Saxifrage à feuilles opposées
Euphorbia seguieriana / Euphorbe de loiseleur
Papaver alpetris / Pavot du Groenland
Paronychia kapela / Paronyque de Provence
Myosotis alpetris / Myosotis alpestre
Kapela gallo provencialis / Ibéris Candolle
A part la campanule, les autres sont pour moi une découverte, je n'en ai jamais vu dans la nature.
Et puis un petit texte vers la sortie m'interpelle :
Mais ça, je vous en parlerai plus tard car sinon je vais écrire un article trop long !
À + !
Comme toujours l'écriture en italique et de cette couleur indique la retranscription d'un cartel, d'une explication donnée près de l'œuvre ou bien d'un extrait de livre d'un auteur mais certainement pas de moi.
"Les scans du cerveau montrent que l'écriture manuscrite engage plus de parties du cerveau que de taper sur le clavier. Bonus pour la stimulation cérébrale: il est plus facile de se rappeler quelque chose une fois qu'il est écrit sur un papier."
Donc je persiste et vous avec moi et je vous en remercie, à poursuivre ma quête et vous entrainer dans ce petit jeu.
A ceux qui m'ont envoyé leur texte et à ceux qui me l'enverront par email (fan2lithium@gmail.com) j'aimerais les publier avec leur consentement, of course. Tout ceci restera anonyme (ou pas si vous le dites).
Carnet de visites d'exposition
Peut-être dans un élan de bonté, peut-être dans un esprit de e-camaraderie (oui mot inventé pour l'occasion, comme e-learning, email ou e-commerce), ou juste parce que ma sollicitation était un chewing-gum collé à sa chaussure (elle qui marche moult kilomètres par jour) je ne sais pas, mais le fait est qu'elle a répondu à ma demande ! Elle l'a fait ! Elle qui n'avait en fait aucunement besoin de stimuler ses neurones davantage par l'écriture à la main puisqu'elle écrit, elle a écrit (et elle écrira certainement) tout le temps !
Comme on peut le constater, à première vue, ce n'est ni un poème, ni vraiment un texte; Ce ne sont point des vers non, alors si ce n'est ni des vers et ni de la prose ?
Il faut bien que ce soit l’un, ou l’autre. dit le Maître de Philosophie à Monsieur Jourdain
Pourquoi ? Répond Monsieur Jourdain :
Maître de Philosophie : Par la raison, Monsieur, qu’il n’y a pour s’exprimer que la prose, ou les vers.
Il n’y a que la prose ou les vers ? S'étonne Monsieur Jourdain:
Maître de Philosophie : Non, Monsieur : tout ce qui n’est point prose est vers ; et tout ce qui n’est point vers est prose.
TISSER - MANUFACTURE DES GOBELINS dernière Salle Denim
1 tr grande tapisserie Le Corbusier
en face 2 tapissenes tissées aux gobelins d'un autre indrr Y≠ Barrada + photos Chandyarth 4 to Barrada + ----------------------------------------------------
Sculpter le Corps MADE IN INDIA Leila Alaoui mur avec 18 photos de mains d'ouvrières du visage mains abimées au travail très dérangeante statue VENUS OUVERTE de Jeanne Vicerol fils tricolor fleurs de la villa Medicis
Enfin, prose oui mais un peu brouillon quand même ! Brouillon ? mais c'est normal, c'est une prise de notes. Et d'ailleurs, pas tant que ça, vé ! cette jolie photo sur une nappe bien repassée - oh je sens que l'on va parler tissus, ma belle ! - nous montre deux pages de son carnet, témoin indissociable de ses explorations muséales...
— Ah taisez-vous !
— Allo ? Qui est à l'appareil ?
— C'est moi qui vous appelle ! Le carnet ! via mon ami le smartphone. Taisez-vous donc, vous allez raconter des inepties.
— Bon alors vas-y toi, carnet, raconte nous l'histoire de cette double page.
— Monsieur le Carnet s'il vous plait, nous ne sommes pas de la même origine, petit homme de province.
— Oh pardon ! Môssieeu le Parisien ! Je suis votre obligé, narrez nous donc la visite relative à ces notes, s'il vous plait. Et d'abord on dit en région et non pas en province ;)
— Bien. Sorti enfin de l'obscurité de la poche, je découvre que nous sommes dans la Manufacture des Gobelins. Ah ! Génial ! On va me chatouiller les pages à l'envie ! C'est parti ! Moi, fidèle réceptacle des observations de ma propriétaire, coincé d'une main avec mon ami le smartphone en dessous pour la rigidité...
— Moi je vous trouve déjà très rigide...
— Diantre ! Ne m'interrompez pas je vous prie. L'autre main me gratouille ostensiblement, me gribouille frénétiquement de notes: vite ! vite ! oui ! efficacité avant toute chose ! Je la vois bien ma scribe !
— Ah non seulement vous parlez mais vous voyez aussi !
— Pffff ! Ignorant ! J'entends même ! Je la vois bien ma scribe ! De solides chaussures de randonnée aux pieds, sac à dos avec bouteille d'eau, mouchoirs, parapluie, carnet et stylo de rechange et certainement même un casque de chantier avec lampe frontale au cas ou il se présenterait une œuvre dans un coin sombre et mystérieux à explorer ! vite ! Virevoltant d'une œuvre à l'autre, bousculant la foule qui m'agace un peu (mais pourquoi viennent-ils en même temps que nous ?)
— C'est un ballet-visite frénétique qui vous énivre, quoi !
— Taisez-vous. oui comme tous les autres ! mes pages sont des témoignages d'innombrables visites éclair: ma détentrice est Forest Gump.
— Ouh ! Les visites sont riches en annotations d'œuvres alors, vous devez être très content !
— Oui, toutes ces notes ! Il y a tant de pièces à voir, tant d'items à contempler puis à choisir les préférés pour les annotés en mes pages...
— Bon on a assez parler de vous ! Racontez nous l'écrit ! l'écrit !
— Oh oh ça va, ça va, un peu d'urbanité s'il vous plait ! Bon l'écrit. certes, il faut avouer, les observations sont bien rangées cependant je trouve que moi étant un beau carnet bien relié, elle ne me cajole pas assez : les phrases galopantes se rient de mes lignes directrices et les traits de séparations ne sont loin d'être tirés au niveau à bulle: on dirait la mer, moi je les ai vu les vagues à Saint Vaast-la-Hougue ! hé ! la vraie mer n'est-ce pas, pas la Méditerranée !
— De la part d'un carnet citadin, je ne relève même pas l'offense.
— Tout est écrit dans le feu de l'action, en veut pour preuve qu' en dépit de mon format 13 x 21 cm (ou alors format A5), je ne compte qu'une quinzaine de lignes écrites par page : Représentez-vous la taille des lettres ! l'espace perdu résultant de la rapidité de la prise de notes ! Bref, elle me gaspille pffff (exaspération) Je vais vite finir sur l'étagère...
— J'espère bien. Mais ? Vous n'en faites pas un peu trop ?
— Humm pas sûr. En tout cas, de toutes les expos que j'ai couvert, je sais que celle-ci a produit un billet riche et passionnant nous avions tellement aimé ces tissus ! Des créations comme vous pouvez lire dans ces notes de bien d'immenses talents: Le Corbusier, Saint-Laurent, Chanel, Gufta, Dior, etc. Personnellement j'ai été très intrigué par la Vénus Ouverte de Jeanne Vicerial qui a dérangée ma proprio et son smartphone qui l'a carrément ignorée, il faut vous dire que lui, il passe sa vie devant un écran... Ah les jeunes ...
— Et bien merci cher Oh il a raccroché.
Voilà mes amis, pour honorer ce cadeau manuscrit, nous avons fait le maximum , moi en conversant avec ce carnet et vous en faisant l'effort (mais ne vous obligez surtout pas !) de lire mes disgressions.
Merci beaucoup à toi qui m'a permis de pondre cet article et à tes encouragements ("c'est brouillon à souhaits") Je ne mets pas de lien vers ton billet sur cette expo, je le ferai que si tu me l'y autorise.
Une petite précision, parce que comme le carnet, pardon Monsieur le Carnet, la Vénus Ouverte m'a intriguée et après avoir vu la présentation sur YouTube je vous partage quelques détails.
"La Vénus Ouverte est une sculpture vestimentaire anatomique réalisée avec les fleurs cueillies puis séchées des jardins de l’académie de France — villa Médicis durant le confinement. Hommage à « la Venerina » de Clemente Susini, (clic) pièce emblématique de l’histoire de l’anatomie."
— Ça va René, J'ai fait des devis pour ma salle de bains, c'est hors de prix ! Je vais la refaire moi-même. Ce matin je vais préparer pour casser tout le carrelage mural, alors ça va si on ne fait que le petit tour ?
— Ok pas de souci, Allez on marche boulègue il fait pas chaud !
— Quelles nouvelles depuis vendredi ?
— Et bien figure toi que j'ai failli avoir un accident hier, enfin, un accrochage.
— Oh pas de mal alors ?
— Non non, la voiture était garée sur le parking et nous on sortait du supermarché
— Et bien vas-y ! Raconte René ! Ne me fait pas languir comme ça !
— On sortait donc d'Aldi avec Catoun quand on voit une camionnette qui recule et percute l'avant de notre Twingo ! puis commence à repartir !
—Oh elle voulait partir ni vue ni connue ?
— Et juste se garer mais Catoun a cru qu'elle se sauvait et vive comme pas deux, tu la connais, Phil, elle court devant la camionnette pour la stopper en criant ! Et vas-y qu'elle tape sur le capot ! Moi je lui dis arrête arrête il se gare !! Le conducteur sort s'excuse presqu'à genoux, aplati comme une carpette ! mais elle continue à crier ! Moi je lui dit arrête ! arrête !
—Il a fait le constat ?
— Attends ! C'est qu'elle l'injuriait ! Mais moi je lui dis arrête arrête !! Je la tirais par la manche !
— Mais enfin elle n'avait pas tout à fait tort René !
—Attends ! Je lui dis arrête arrête, ce n'est pas notre Twingo, regarde elle est là derrière l'autre rangée !
— Oh fan ! Comment vous avez fait ensuite ?
— Et bien que veux-tu ! On s'est excusé, aplatis comme deux carpettes...quelle honte ! Un presqu'accident je te dis !
Newsweek écrit ceci il y a longtemps déjà : "Les scans du cerveau montrent que l'écriture engage plus de parties du cerveau que de taper. Bonus pour la stimulation cérébrale: il est plus facile de se rappeler quelque chose une fois qu'il est écrit sur un papier." donc je persiste et vous avec moi et je vous en remercie, à poursuivre ma quête et vous entrainer dans ce petit jeu. A ceux qui m'ont envoyé leur texte et à ceux qui me l'enverront par email (fan2lithium@gmail.com) j'aimerais les publier avec leur consentement, of course. Tout ceci restera anonyme (ou pas si vous le dites).
Et voilà.
Elle a récidivé.
Cela faisait si longtemps que je devais vous la montrer cette page, mais lent comme je suis, vous avez dû attendre. Mi scusi.
Et voilà, elle nous revient et comme précédemment, même façon de remplir rapidement l'espace. Il me semble qu'elle a clamé le poème devant la page blanche et les mots chantés en ce langage italien (Ah que j'aime entendre parler les italiens !) se sont placés sur le papier, bien ordonnés, structurés dirais-je même uniformément.
Je vais en faire autant tiens ! je vous clame mon texte. Oui ok sans le don de notre copista ni le talent du poète:
Et oui comme précédemment même façon de remplir l'espace pourquoi écrire petit quand on a une telle place n'est-ce pas
le papier est grand le papier sera rempli et c'est ça la plénitude de notre artiste on devine bien le caractère de celle-ci: plein
Plein je précise pour les lecteurs au delà de nos frontières que ce n'est pas plein dans le sens de saoul non non non notre scribe ne boit pas
ou très peu
ou alors périodiquement
ou bien que du bon Chianti
ou plutôt du Sciacchetrà
mais en fait j'en sais rien
pas dans le sens de saoul mais dans le sens de caractère entier
c'est à dire pas de place au compromis inutile le poème prend sa place dans la page et rien d'autre ne pourrait s'y glisser
Ce poème vous allez voir qu'il est lui-même dense, pas de décorum, bien structuré en trois parties que même sans traduction on devine à la forme des paragraphes (qui en fait n'existent pas) trois parties donc qui sont une la présentation de la chèvre deux le lien avec l'auteur et trois la finalité du récit.
Alors , pas réussi mon propos non ? vous avez raison : plutôt logorrhéique, certes. Voilà pour la forme. Passons.
Je n'ai pas trouvé de livre me donnant une traduction "officielle" de La Capra alors en voici une du poème telle qu’on peut la trouver en ligne :
---
**La Capra**
J'ai parlé à une chèvre.
Seule dans le pré, attachée,
repue d'herbe, trempée
par la pluie, elle bêlait.
Ce bêlement était comme une sœur
pour ma propre douleur. Et j'ai répondu, d'abord
par plaisanterie, puis parce que la douleur est éternelle,
qu'elle a une voix et qu'elle est immuable.
J'ai entendu cette voix
gémir dans la voix d'une chèvre solitaire.
Dans cette chèvre au visage sémitique,
j'ai entendu toutes les autres douleurs,
toutes les autres vies, se lamenter.
On les voit de suite ces trois parties :
1/ Umberto nous présente sa chèvre , elle bêle ? mais pourquoi puisqu'elle est repue d'herbe ? Elle bêle car elle est privée de liberté. Elle bêle, elle bêle. Alors elle mange. Par résilience.
2/ Ce cri amuse d'abord Umberto qui l'imite par jeu et puis, bêlement faisant, il y ressent de la compassion, s'aperçoit que c'est un cri d'une douleur. D'une douleur semblable à la sienne, immuable à tous : éternelle.
3/ Et il va jusqu'au bout Umberto: dans ce cri il n'y a pas qu'une seule douleur, non, il y comprend toutes les douleurs de toutes les autres vies : douleurs éternelles ET universelles.
Le poème date de 1909, Umberto Saba inclus à cette douleur universelle celle de la persécution des juifs à travers les âges :"cette chèvre au visage sémitique" car il faut savoir que sa mère était juive.
Voilà je ne vous embête pas plus ! vous êtes certainement plus calés (ées) que moi pour analyser un texte. Ah ! Quel plaisir de découvrir ce poème ! Je vais me renseigner sur un recueil d'Umberto Saba.
Merci !
Ce manuscrit est encore un beau cadeau,
Vous savez, comme tous ceux que l'on fait soi-même,
Un cadeau d'une belle valeur.
À + !
Traduction du poème dégotée par l'I.A. qui me précise "tirée de sources en ligne qui proposent le texte italien et sa traduction française côte à côte. (https://traduction24.com/umberto-saba-umberto-poli-la-capra/)" mais lorsque je veux aller sur le site, il apparait une fenêtre Erreur 403 Website Unavailable : The website you are trying to reach is unavailable due to security measures in place which restrict unauthorized access.
Ce qui signifie, logiquement, que l'I.A. peut lire des sites inaccessibles au commun des utilisateurs du web…
Dans ma démarche pour conserver mon cerveau au top dans son bocal malgré la retraite et le vieillissement inéluctable, j'ai accumulé quelques exemples d'actions à entreprendre dans quelques articles nommés "Le cerveau à la retraite" depuis deux ans.
Bien que je suis repli de bonnes résolutions en ce début d'année, il me semble que la difficulté maintenant - n'est pas d'y adhérer (ça c'est fait) - mais plutôt de trouver la motivation de continuer à s'y prêter parce que trouver le temps, on peut toujours, mais il est si facile de tomber dans la procrastination ! Ces actions pour qu'elles soient profitables il faut les pratiquer aussi régulièrement, que ce soit devenu de bonnes habitudes.
Les voici réunies pour n'en n'oublier aucune, dans une page sur le coté droit,
Newsweek écrit ceci : "Les scans du cerveau montrent que l'écriture engage plus de parties du cerveau que de taper. Bonus pour la stimulation cérébrale: il est plus facile de se rappeler quelque chose une fois qu'il est écrit sur un papier." donc je persiste et vous avec moi et je vous en remercie, à poursuivre ma quête et vous entrainer dans ce petit jeu. A ceux qui m'ont envoyé leur texte et à ceux qui me l'enverront par email (fan2lithium@gmail.com) j'aimerais les publier avec leur consentement, of course. Tout ceci restera anonyme (ou pas si vous le dites).
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Texte d'un auteur préféré, justement !
Notre honorable scribe nippon nous en propose un. Il s'agit d'un passage de « Words that Break Down Walls » de Taro Okamoto.
制約が多いとみんな悩んでいる
だが、制約があるからこん
自分のしたいことを貫くのが
ほんとうの行動になると思う
Alors Ouh la la !! Admiration ! Si vous êtes comme moi, ce simple bout de papier si petit, si frêle qu'il soit, nous confirme bien que l'Occident a, encore et toujours, beaucoup à apprendre de l'Extrême-Orient. La beauté des caractères, leur espacement et leur alignement impeccables nous apprennent beaucoup sur le degré de patience et d'application de l'auteur. Mais aussi sur sa philosophie: le respect et la persévérance.
Mais traduisons le texte:
"On s'inquiète tous des restrictions excessives.
Mais c'est précisément à cause de ces restrictions que
je crois que persévérer dans
ce que l'on veut faire est la véritable action"
Le sens de cette citation confirme bien la forme du manuscrit i.e. application et persévérance. Elle est sortie d'un contexte dont j'ignore tout et par cette "extraction" elle devient universelle: Nous sommes tous universellement préoccupés par les contraintes qui s'imposent à nous, qu'elles soient sociales, politiques ou culturelles mais ces contraintes ne sont pas seulement des obstacles,: elles sont aussi des moteurs pour nos actions, réactions, créations... Ces quelques mots amènent en fait à une réflexion profonde. Et à tous les niveaux ! De très sérieux mais aussi de très légers comme les restrictions imposées à la création d'un simple petit haïku ! (clin d'œil à Marlou) Mais quel bonheur de persévérer et d'aboutir à une petite perle bien construite !
C'est page 142, précise notre collègue. Hélas, comme je disais plus haut ( sortie d'un contexte dont j'ignore tout) je n'ai pas trouvé sur le net, une version ebook de ce livre « Words that Break Down Walls » de Taro Okamoto. Quant à celui-ci, je le connaissais comme peintre, il y a eu une expo (clic) terminée en septembre et donc si vous avez un article à mettre en lien... J'ai quand même pu lire dans le magazine "Transfuge" de mai dernier un petit encart de la plume de Damien Aubel qui qualifie Okamoto de "Vitalité Solaire". Belle image ! même si elle est peut-être un peu facile quand on sait que
Photo empruntée chez https://tabimaniajapan.com/
Taro Okamoto, c'est lui qui a créé la "Tour du Soleil" mondialement connue, totem symbole de l'exposition universelle d'Osaka en 1970.
Une phrase célèbre de cet artiste: "l'art est explosion". Son art a marqué son pays de manière incroyable, et voici un exemple qui parle à tous : le célèbre manga Naruto ! Des ninjas, beaucoup de bagarres, il est connu dans le monde entier et adoré par des millions de jeunes, cette aventure épique compte 72 tomes. Et la magie continue avec Boruto, où l’on retrouve les exploits de son fils. Alors, admirez ça ! C'est dans le tome 40. Un adversaire de taille Deidara, ninja déserteur membre du "Corps des explosions" (explosions ? tiens, tiens) se bat en duel avec Naruto, et voulant exploser avec lui pour en finir, il voit que l'affaire tourne mal et s'explose tout seul (restez calmes, restez calmes, ce n'est qu'un manga)
BECAUSE MY ART...
IS A BANG!!
Et oui ! On la voit bien là ! La "Tour du soleil" de Taro !
Et la phrase de l'artiste: parce que l'art est explosion !!
Un grand merci pour la participation admirable de notre ami ! Une véritable découverte pour moi. J'espère que ceci est la première d'une belle série !
Deux verres de vin levés Deux pas de danse Demain l'année qui vient
En cette fin 2025, un haïku, même mauvais s'imposait ! Passez de bons moments de fin d'année en famille ou devant la télé, je ferme les écrans ! on se retrouve l'année prochaine !
— Hé Phil ! comment tu vas ? Ah ah ! tu n'as pas froid comme ça en bras de chemise ?
— Moques-toi René ! Et oui bonnet, cache-col et gants ! c'est le minimum à cette température. Comment tu fais en sweat ? Tu vas attraper la mort !
— Allez on marche ! on fait le petit tour, je dois terminer enfin mes olives aujourd'hui.
— Tu vas en faire combien.
— Oh deux tonnes pas plus. Comme d'habitude. — Alors tu l'as lu ton Zucman ? Dis-moi.
— Oui, en fait le livre est très court, 60 pages.
— Et il dit quoi ?
— En fait il parle d'abord de la contribution de chaque classe, toutes taxes incluses et toutes aides sociales aussi. Il parle de 30 % pour les classes populaires et
— Hé, vé ! la-bas !
— Où ? Quoi ?
— Sur les arbres là droit devant.
— Oh René, ne me refait pas le coup des amandons ! Tu veux savoir pour Zucman ou pas ?
— Oui oui ! continue…
— Bon, 30 % pour les classes populaires et 46% pour les classes moyennes, c'est pas énorme ça ? Pour 1000 euros gagnés tu..
— Et oui, c'est ce que je pensais.
— Oui il ne te reste que..
— C'est des arbousiers au fond, vé ! ils sont cafis vé ! Viens on va se res-tau-rer ! Hum elles sont sucrées ! Tu vois Phil, ces arbres-là c'est peut-être les seuls que tu peux voir avec ses fruits et ses fleurs en même temps.
Newsweek écrit ceci : "Les scans du cerveau montrent que l'écriture engage plus de parties du cerveau que de taper. Bonus pour la stimulation cérébrale: il est plus facile de se rappeler quelque chose une fois qu'il est écrit sur un papier."
Alors donc je persiste et vous avec moi et je vous en remercie, de poursuivre ma quête et vous entrainer dans ce petit jeu. A ceux qui m'ont envoyé leur texte et à ceux qui me l'enverront par email (fan2lithium@gmail.com) j'aimerais les publier avec leur consentement, of course. Partager ses textes c'est aussi faire découvrir à d'autres vos auteurs préférés.
Et voici un haïku !
Oh celui-ci n'est pas japonais, il est néerlandais !
Pas beaucoup de différence : juste remplacer le sashimi par du hareng frais
Ce n'est pas l'haïku classique, celui qui respecte la forme 5-7-5, non Messieurs Dames ! Et qu'importe ! C'est un haïku libre lui !
Il est liiiiiibre lui ! Y en a même qui disent qu'ils l'ont vu voooler ! (la ref c'est la vidéo youtube en bas)
Belle écriture chère Marlou ! J'aurais tant aimé écrire comme ça ! c'est clair, c'est franc, c'est ouvert, certainement tout comme toi. J'en profite pour te remercier pour le lien. Mais que dit ton haïku ?
Hij vindt zijn stoel zo mooi
dat hij er niet in gaat zitten
maar er tegenover.
Il trouve sa chaise si belle
qu'il ne s'assoit pas dessus
mais en face.
Ah ah elle est bonne celle-ci ! Il fait sourire ce haïku mais quand on y pense, la réalité pas n'est loin: combien d'objets n'utilise-t-on pas parce qu'ils sont "trop" beaux ? par exemple, combien de belles vaisselles dorment dans les buffets ?
Il est plein de légèreté en apparence mais pourtant profond, elle est belle cette chaise, elle lui plait et il ne veut surtout pas l'abimer au point de ne pas l'utiliser !
Mais pourquoi donc ? Et bien pour qu'elle dure, qu'elle dure ! elle est fragile en fait comme la vie ! et, vous voyez où j'en viens:
C'est une véritable représentation allégorique de la futilité de la vie, au-delà du plaisir de posséder, il y a la vanité humaine: "Vanitas vanitatum et omnia vanitas" !
Merci encore d'avoir participé Marlou, ce fut un vrai plaisir ! Les haïkus c'est captivant ! Je me rappelle en avoir écrit deux dans ce blog, il y a un certain temps déjà:
Et non je ne suis pas photographe ! mais, une fois n'est pas coutume, je tenais à partager ces clichés pris bien au chaud derrière ma fenêtre, le soleil se reflétant dans les vitres masquait ma présence à la vue de l'oiseau..
C'est une huppe fasciée, tous les ans elle vient nicher dans le jardin à l'automne et tous les ans je ne me lasse pas d'admirer son plumage avec sa huppe sur la tête si belle quand elle l'érige. Fasciée signifie en zoologie, marquée de bandes.
La huppe pique son bec incurvé dans la terre meuble à la recherche de quelques larves
Newsweek écrit ceci : "Les scans du cerveau montrent que l'écriture engage plus de parties du cerveau que de taper. Bonus pour la stimulation cérébrale: il est plus facile de se rappeler quelque chose une fois qu'il est écrit sur un papier."
Alors donc je persiste et vous avec moi et je vous en remercie, de poursuivre ma quête et vous entrainer dans ce petit jeu. A ceux qui m'ont envoyé leur texte et à ceux qui me l'enverront par email (fan2lithium@gmail.com) j'aimerais les publier avec leur consentement, of course. Partager ses textes c'est aussi faire découvrir à d'autres vos auteurs préférés.
Imprévisible est la réponse, quand la demande, dans un esprit de liberté, stipule que toute forme d'écrit est acceptée.
J'avais bien imaginé toutes sortes de texte, poèmes, chansons, billet d'humeur, etc. mais pas ça. Comme quoi chaque personne a une approche cognitive particulière, a son propre "esprit". Cette personne, au vu de ses minutieux travaux, je la pensais appliquée, et son petit papier me le confirme, au premier regard, la page reflète l'ordre, tout est bien rangé ! (c'est comme si elle avait appuyé sur la touche "justifier") et l'efficacité, juste les mots justes, pas de périphrase.
Mais ce n'est pas le propos: car le voici: elle nous propose, malicieuse, une ronde ludique où le lecteur s'amuse à vérifier l'exactitude du texte que nous annonce son titre: L'absence de la voyelle.
Mais pas seulement !
Elle a la subtilité (futée que tu es !) de me défier à continuer le poème avec les voyelles restantes ! Ah le piège !
Mais bien sûr, je la relève, cette amusante mission !
Rimbaud a coloré les voyelles, notre auteur, lui, les enlève pour montrer ce qu'elles cachent :
Derrière l'absence du A, une atmosphère lugubre et glaciale !
Sans A
Le vent souffle
Le froid persiste
Le hibou ulule
Le loup hurle
Lorsque le E se dérobe, apparait le tableau d'un paysage vespéral, bucolique,
Sans E
Un mimosa odorant
Un bourdon volant
Un champ ondulant
Un jour finissant
et puis quand le I s'éclipse c'est devant le romantisme des sentiments.
Sans I
Un amour en retour
La tendresse entre nous
Une caresse à la joue
Ensemble pour toujours
Merci !
Voici la suite, ma suite, hélas les traductions en d'autres langues ne vont pas être très efficaces et il se peut que le premier ne signifiera pas grand chose en d'autres langues que le français. Pardon.
Sans le U
Trop de facéties à remplacer la Lettre
A mes ennemis, celles-ci me permettent,
En restant poli de répondre net,
Montrant mon joli col blanc d'esthète.
Sans le O
Dans le feuillage jaunissant
Du tilleul, aux branches d'acier,
Se tapit la huppe fasciée
Au plumage saisissant.
Et voilà ! Si vous n'aviez pas d'idée sur le texte à écrire, en voilà un, vous pouvez relever le défi : Sans le A, sans le E ? le I, le U ? le O ? le Y ? ah non celle-là trop facile !
À + !
Comme toujours l'écriture en italique et de cette couleur indique la retranscription d'un cartel, d'une explication donnée près de l'œuvre ou bien d'un autre auteur mais certainement pas de moi.
Ils en ont parlé à l'assemblée, le coté gauche en a rêvé, le coté droite l'a combattue, le centre l'a boudée, les lobbying sont puissants, les autres se sont positionné pour appuyer ou contrer les uns. Bref la taxe Zucman n'est pas passée pas même la version allégée.
En parlant avec les uns et les autres, je me suis rendu compte que je (que nous) parlions de choses sans vraiment les comprendre; Zucman ? Et si la recette était bonne ? J'ai voulu en savoir plus et j'ai décortiqué un peu son petit fascicule, si court (une trentaine de pages !) que je ne sais pas en fait si cela en valait la peine pour vous. Pour moi oui. Alors je partage ce que j'ai pioché.
J'ai pris l'essentiel (à mon opinion) de chaque chapitre.
Dissiper l’opacité : un projet de recherche international
Les chiffres qui suivent prélevés dans le 1er chapitre, sont issus d 'études de chercheurs dont les qualifications ne permettent à mon avis aucune contestation.
"la puissance publique prélève entre 30 % et 50 % du revenu national en impôts et cotisations sociales."
"Sur les 2 440 milliards d’euros de revenu national en 2024, la puissance publique a prélevé 1 250 milliards d’euros en cotisations sociales, taxe sur la valeur ajoutée (TVA), impôt sur le revenu et sur les sociétés, taxe foncière, et autres impôts divers et variés. Soit un taux de prélèvement obligatoire de 51 %"
"Qu’on en juge : si tous nos milliardaires partaient demain s’installer aux îles Caïmans, la perte de recettes fiscales pour le Trésor public hexagonal serait infime, de l’ordre de 0,03 %."
Le taux de prélèvement obligatoire du Français moyen : 51 %
Sur les 2 440 milliards d’euros de revenu national en 2024, la puissance publique a prélevé 1 250 milliards d’euros en cotisations sociales, taxe sur la valeur ajoutée (TVA), impôt sur le revenu et sur les sociétés, taxe foncière, et autres impôts divers et variés. Soit un taux de prélèvement obligatoire de 51 %
(Revenu national = l’ensemble des revenus touchés par les personnes résidant en France, quelle que soit leur nature : salaires, intérêts, loyers, revenus d’indépendants et bénéfices d’entreprises, que ces derniers soient distribués ou réinvestis)
Toutes les catégories sociales paient beaucoup d’impôts
" l’Insee publie en effet depuis 2019 une estimation officielle du taux de prélèvement obligatoire des différents groupes de revenus (à l’exclusion des ultra-riches)"
D'où Zucman nous annonce une répartition en trois catégories de classes,
Classes populaires taux de prélèvement 45% Classes moyennes taux de prélèvement 50 % Classes aisées taux de prélèvement qui dépasse les 50 %
nous prévenant bien que ce sont des taux moyens : " Tout le monde ne paie pas 45 % d’impôt au sein des classes populaires, par exemple."
Il entame ensuite une correction de ces taux par le fait que chaque classe perçoit des aides, les populaires en premier : " allocations logement, revenu de solidarité active, allocations familiales, prime d’activité, etc"
D'où un nouvel ajustement où les Classes populaires ont un taux de prélèvement tombant à 30 % , celui des Classes moyennes à 46 %.
Constat : "toutes les grandes catégories sociales paient beaucoup d’impôts en France."
Mais là il ne parle pas du taux des ultrariches qui est le sujet du prochain chapitre :
Le taux effectif des milliardaires en France : 13 %
Dans ce petit chapitre, Zucman nous explique le chemin pour arriver à ce taux de 13 %. L'INSEE ne donnant les chiffres que pour les autres classes, les calculs ont été faits par des chercheurs universitaires "Car des économistes ont pris le relais là où la statistique publique s’arrête, au prix d’un travail titanesque. En France, ce sont quatre chercheurs de l’Institut des politiques publiques (IPP).."
La conclusion est que le taux de prélèvement obligatoire des milliardaires est de 25 % mais comme ce sont des sociétés internationalisées, ceux-ci paient une partie (12 %) à l'étranger; il reste donc un taux de 13% pour la France.
L’impôt sur le revenu : une révolution inachevée
Là, Zucman nous explique pourquoi les milliardaires échappent à l'impôt.
Pour faire simple, j'ai comprimé le paragraphe au maximum:
- les milliardaires français se sont acquittés de 2 % à peine de leurs revenus et de l’ordre de 0,1 % de leurs patrimoines ce qui représente 0,03 % des recettes fiscales de la France.
- Les milliardaires tirent leurs richesses des sociétés qu’ils possèdent. Les actions de ces entreprises constituent plus de 90 % de leur fortune et leurs bénéfices plus de 90 % de leur revenu.
- Pour échapper à l'impôt, ces revenus sont déposés dans des holdings où ils seront, calculs faits, imposés à 1,25 %.
L'exemple est très parlant:
"Concrètement, un magnat de l’industrie du luxe peut recevoir 3 milliards d’euros de dividendes en quasi-franchise d’impôt. Là où l’actionnaire lambda devra s’acquitter d’un impôt forfaitaire (« flat tax ») de 30 %, le milliardaire paiera 1,25 %."
Il conclut ainsi:
Plus d’un siècle après sa création...l’impôt sur le revenu demeure une révolution inachevée : les milliardaires n’y sont pas encore entrés.
Une injustice fondamentale
Ce chapitre est difficile à résumer, tout y est important et je ne suis pas très heureux de faire un choix.
"Pourquoi est-ce un problème ? Dit simplement, parce qu’il s’agit là d’une violation fondamentale du principe d’égalité devant l’impôt, qui se trouve depuis la Révolution française au cœur de notre contrat social. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 pose en effet le principe de l’égalité devant les charges publiques dans son article 13."
Evolution de la fortune des ultrariches:
En 1996 : 6 % du PIB
En 2010 : 12 %
En 2024 : 42 % !!!!
42 % qui s'ils étaient imposés rapporterait env. 0,8 % du PIB soit env. 20 milliards: à vous de juger.
Il pose une question qui interpelle :
"Quand faudra-t-il que cette dynamique explosive cesse avant qu’elle ne finisse par miner définitivement nos idéaux démocratiques ? Quand la fortune des ultra-riches aura dépassé 50 % du PIB ? 100 % ? 200 % ? Quand ces derniers posséderont non pas 80 % des médias privés mais les détiendront tous ? Ou bien faudra-t-il attendre qu’ils acquièrent également ceux qui aujourd’hui appartiennent encore à la sphère publique ? Qu’ils possèdent non seulement des rues entières de Paris, mais encore des quartiers ou peut-être demain des arrondissements tout entiers ?"
Après passés deux chapitres dont le titre résume bien le contenu:
Oui, les milliardaires sont bel et bien sous-imposés
Le monde, un paradis fiscal pour milliardaires
On en vient à la proposition de Zucman :
L’impôt plancher : l’outil le plus puissant pour faire payer les milliardaires
Le principe : Pour une personne immensément fortunée, l’imposition personnelle ne devrait pas pouvoir tomber en dessous d’un plancher incompressible.
La proposition : Une imposition personnelle minimum fixée à 2 % du patrimoine, et que les « personnes immensément fortunées » soient définies comme celles dont la richesse s’élève à 100 millions de dollars ou plus.
"J’estimais qu’une telle mesure pourrait rapporter entre 300 et 380 milliards de dollars chaque année à l’échelle planétaire – 67 milliards d’euros au niveau européen, d’après les calculs réalisés avec mes collègues de l’Observatoire européen de la fiscalité".
Si cette proposition avait été adoptée elle aurait pu générer env. 20 milliards d’euros par an. Mais pourquoi ce seuil de 100 millions pour cette imposition ? Zucman l'explique plus loin:
" Les contribuables dont la fortune approche les 100 millions tendent à s’acquitter déjà de montants significatifs d’impôt sur le revenu ; ils seraient ainsi relativement peu concernés par le dispositif que je propose, ce qui permet de limiter les effets de seuil. Plus de 80 % des recettes de l’impôt plancher proviendraient des milliardaires – là où la richesse se concentre et les revenus s’évanouissent."
Un mécanisme efficace
Se fondant sur le patrimoine et non sur le revenu, l’impôt plancher sur les ultra-riches, permet de contourner "les formes possibles d’optimisation fiscale, qu’elles passent par des holdings, des trusts, des sociétés écran ou des conglomérats eux-mêmes."
Ecueil à surmonter :l’exil fiscal.
Zucman propose ceci, à l'instar des USA, dont les ressortissants paient leurs impôts quelque soit le pays où ils vivent :
"les contribuables (exilés) concernés par l’impôt plancher continueraient à y être soumis pendant 5 ans après un départ, seuil que l’on pourrait porter à 10 ans. On pourrait également imaginer que l’impôt s’efface progressivement au cours du temps : une personne ayant vécu 50 ans en France continuerait à y payer une fraction…"
Pas con. (oh pardon !)
Faire entrer les milliardaires dans la solidarité nationale.
Dernier chapitre. dont je ne reprendrais que quelques mots.
"L’impôt plancher constituerait bien sûr une petite innovation dans l’organisation de la solidarité nationale, et on peut comprendre que les personnes concernées s’y opposent avec toutes les armes à leur disposition. La création de l’impôt sur le revenu, elle aussi, suscita en son temps l’ire des grandes fortunes, et Joseph Caillaux, qui n’avait rien d’un révolutionnaire, fit face à des attaques d’une violence inouïe….Pierre angulaire de la fiscalité moderne, il contribua au développement de l’État social, le moteur de la croissance économique contemporaine. En dépit de ses lacunes, personne aujourd’hui ou presque ne le remet en cause. Comme son illustre prédécesseur qu’il ne fait que parachever, l’impôt plancher sur les ultra-riches finira lui aussi par s’imposer pour ce qu’il est : une évidence."
Et puis même s'ils partaient ? tous ? ils ne représentent actuellement que 0,03 % des recettes fiscales de la France. S' ils se dégageaient de leurs investissements en France ? Les actions, obligations, par exemple, qu'ils vendraient seraient de toutes façon acquises par d'autres acheteurs et selon la "mécanique" proposée par l'auteur, il n'y aurait pas d'incidence sur les entreprises concernées.
La taxe Zucman a été débattue, acceptée à l'assemblée, puis refusée au sénat, écartée sous le gouvernement Bayrou,plus récemment reproposée pour finir par être remplacée par une transformation de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) en impôt sur la fortune improductive sans qu'il y ait une étude sérieuse sur son efficacité, certains parlant même d'un rendement inférieur à l'IFI actuel ! Et qui de plus, ne cible plus les ultrariches mais passe de quelques 1800 personnes contribuables (dont la fortune est sup à 100 millions) à 180 000.
Comme toujours l'écriture en italique et de cette couleur indique la retranscription d'un cartel, d'une explication donnée près de l'œuvre ou bien d'un extrait de livre d'un auteur mais certainement pas de moi.