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mercredi 14 octobre 2026

VISITE DE SANREMO ET SON COLLÈGUE SANTO STEFANO AL MARE

Cet été, pour échapper aux canicules successives, nous nous sommes dit "Allons vers des endroits plus tempérés", Nice ou Menton offraient des températures plus douces moins agressives mais la villégiature dans ces coins-là coûte si l'on s'y prend au dernier moment. Alors nous avons poussé plus loin: ma moitié, toujours de bon conseil, me dit "Et si on allait à Sanremo ? " Sanremo ? super: connais pas ! Nous avons chercher un bon hôtel et avons trouvé juste à coté: le Best Western Anthurium à San Stefano al Mare.

Un hôtel avec un bon rapport qualité/prix. N'hésitez pas à demander un devis sur leur site: nous avons eu un tarif moins cher qu'annoncé sur des sites comme Hotel.com avec même le petit-dèj inclus !

L'avantage de cet hôtel, c'est la quasi proximité de la belle piste cyclable - éloignée de toute voie automobile - qui longe la côte ligurienne: la piste de Ponente, que l'on peut parcourir sur plus de 20 km. Le désavantage peut être son restaurant - qui se veut un tantinet gastronomique - est très bon sauf qu'il sert aussi les petits déjeuners si bien que l'on se retrouve avec des tartelettes aux fruits minuscules, des tranches de tranches de tranches de pains bien loin de nos baguettes, des œufs brouillés dans un dé à coudre etc. 


La piste cyclable est très belle mais là c'est la vue du littoral que l'on peut y voir.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           Santo Stefano al Mare petite localité très calme sur la riviera italienne est parfaite pour un séjour reposant
que l'on veut s'accorder: juste de la balade, un peu de plage, un peu de bicyclette (électrique of course à 30 € la journée) et des petits restos (mais légers hein?) pas de musée, pas de visite culturelle: le repos de la tête et  du corps.




Là, la piste cyclable est à coté, ici c'est la voie piétonne, mais on s'est posé sur un banc pour la pause. Humm ! Peut-on dire "on s'est pausé" ?

Nous aurions pu aller je pense jusqu' à Sanremo en vélo mais, on s'est dit que si on achète quelques souvenirs là-bas, nous serions peut-être  embêter selon le volume des achats.

L'après midi: direction Sanremo en voiture, Simone.

À l'inverse de Santo Stefano et son coté paisible, Sanremo est LA ville avec le tumulte, le brouhaha, la circulation dense assortis. Sur la grande avenue appelée "corso Cavallotti" Nous pouvons voir en passant de belles villas à l'architecture fin 19ème. Ce devait être un des corsi où habitaient des célébrités: il faudra que je me renseigne. Un grand parc nous invite, le temps de trouver une place pour garer titine et nous y allons : Ce sont les jardins de la villa Ormond (clic), Mr Ormond était un richissime homme d'affaires, producteur de cigares et amateur d'art, peut-on y lire. 

La villa, de style plutôt renaissance, n'est pas ouverte au public, elle abrite les bureaux de l’Institut international de droit humanitaire.


Le parc est riche en espèces botaniques exotiques, les arbres sont âgés et ont pris de sérieuses dimensions. Ce qui nous frappe - à part le soleil - c'est la majestuosité des magnolias, je ne connait pas leur âge mais ils en imposent !

Certains d'entre eux ont commencer à attaquer la terrasse ! Lorsqu'on entre dans le parc, on découvre un grand bâtiment: c'est un pavillon des expositions, qui sert aussi de salles pour différentes activités sociales, culturelles et sportives. Les abords de la villa sont bien entretenus, par contre dès qu'on s'éloigne les jardins semblent négligés, en témoigne le petit bassin alimenté par une cascade qui me semble d'une nudité banale avec ses tortues émigrées de je ne sais où.

Le parc s'étendait à l'origine jusqu'à la mer, mais il est coupé maintenant par une avenue. La partie basse est agréable aussi à parcourir. 

Après avoir acheté quelques abricots gros comme mon poing et succulents, nous marchons jusqu'à l'église orthodoxe russe (clic).

La voilà.

Construite et consacrée en 1913 grâce à la générosité de l'importante communauté russe de Sanremo, de la Ligurie et de la Côte d'Azur voisine, d'après les plans de l'architecte russe A. Choussev et sous la direction des travaux de l'ingénieur P. Agosti, l'édifice s'inspire du style moscovite avec ses cinq coupoles polychromes en forme de bulbe. 





"Saint Tsar Nicolas II"


Très finement décorée, elle est petite mais elle est superbe. Sur la belle plaque du Rotary club il est indiqué:
Construite et consacrée en 1913 grâce à la générosité de l'importante communauté russe de Sanremo, de la Ligurie et de la Côte d'Azur voisine, d'après les plans de l'architecte russe A. Choussev et sous la direction des travaux de l'ingénieur P. Agosti, l'édifice s'inspire du style moscovite avec ses cinq coupoles polychromes en forme de bulbe.

Une bien belle visite très intéressante, cette église ! d'autant plus que la crypte est inclus dans la visite, ce que l'hôtesse d'accueil nous rappelle à la sortie. Il est 12h00, nous remontons le corso Cavallotti pour rejoindre la voiture et nous passons devant la maison d'Alfred Nobel ! Ah pétard ! On avait dit ici repos du corps et de l'esprit, mais repartir sans visiter Alfred, nous aurait causer quelques regrets, on ne pouvait pas y couper. Malheureusement les visites sont de 9h30 à 12h30: la charmante jeune femme à l'entrée nous dit gentiment:

 " Revenez demain !"

À + !




J'me disais "Mais pourquoi donc Sanremo s'écrit en un seul mot ?" pourquoi pas San Remo ?

La ville s'appelait à l'origine Villa Matutiae. Vers l'an 980, elle est renommée Civitas Sancti Romuli en hommage à un évêque de Gênes, saint Romolo, mort là en pèlerinage. Le dialecte ligure a déformé « San Romolo » en « San Rœmu », puis en « San Remo » vers le XVe siècle.

Il n'existe donc aucun saint « Remo » — c'est une simple déformation phonétique de « Romolo ». Le hameau d'origine s'appelle d'ailleurs encore aujourd'hui « San Romolo ».

Pendant des siècles, « San Remo » (deux mots) et « Sanremo » (un mot) ont coexisté, y compris officiellement. En 1928, l'État italien impose « San Remo » en deux mots, mais l'usage local résiste et continue d'écrire « Sanremo ».et en 1992, une délibération municipale publiée au Journal officiel italien fixe définitivement « Sanremo » en un seul mot comme forme officielle.


Comme toujours l'écriture en italique et de cette couleur indique la retranscription d'un cartel, d'une explication donnée près de l'œuvre ou bien d'un extrait de livre d'un auteur mais certainement pas de moi.


mercredi 7 octobre 2026

L'ANECDOTE. LA POUPÉE D'OSKAR.

  L'anecdote. Au cours d'une visite, d'un voyage, dans un livre, un film il y a toujours quelque chose qui saute aux yeux, un petit quelque chose que l'on pourrait qualifier d'anodin mais qui vous interpelle, un détail, une peinture, un parfum, que sais-je, anecdotique certes, mais qui restera un point d'ancrage dans votre mémoire en rapport avec le lieu, le livre, le film...

Ici, vu la taille de l'objet qui attisa ma curiosité, pouvais-je parler de détail ? Élégante, élancée, elle était allongée  dans une pose un peu trop rigide pour être qualifiée d’alanguie, nue, effaçant par sa seule présence toute la beauté de ce banc conçu par l'architecte et designer Josef Hoffmann  pourtant magnifique, pour le Dr Hermann Wittgenstein exposé au Leopold Museum de Vienne. 

Ce banc a été conçu par l'architecte et designer Josef Hoffmann (1870-1956) en 1905-1906 pour l'appartement du médecin Hermann Wittgenstein (1879-1953)

C'est dans mes contemplations de ces ameublements inédits créés au temps de la Sécession Viennoise,  que j'aperçus ce mannequin, Holà ! pensais-je, il fallait que je me renseigne sur la raison d'être de cette présence incongrue sur le banc d'un docteur certes mais quand même ! en prenant la photo devant le regard exaspéré de ma moitié et celui soupçonneux d'un jeune couple, se méprenant sur mon état d'esprit.

Cette présence, l'appris-je plus tard, est en fait le rappel d'une histoire liée à un artiste : 

Oskar Kokoschka (1886-1980) connu surtout pour ses peintures mais aussi écrivain. 

Voilà.

Il était, donc, une fois un jeune peintre, passionnément amoureux d' Alma, la séduisante veuve du célèbre compositeur Gustav Mahler de sept ans son aînée.

En 1912, il devint son amant, l'aimant passionnément, il produira des dizaines de portraits, tableaux, dessins, aquarelles, etc. Un amour possessif ! mais la belle Alma n'est pas la femme d'un seul homme et, épuisée par l’amour exacerbé d’Oskar, elle le quitte deux ans plus tard. Le peintre est, vous vous en doutez, inconsolable !

Bon. Et bien nous sommes en 1915 : Il part à la guerre dans l'armée austro-hongroise dont il ramène quelques souvenirs : une balle dans la tête et une baïonnette dans la poitrine. Il s'installe à Dresde et, l'inconsolable toujours inconsolé commande en 1918, à Hermine Moos, fabricante de poupées, décors de théâtres entre autres, basée à Munich, la fabrication d'une poupée grandeur nature, copie de sa chère Alma afin de combler le grand vide qu'elle a laissé.

Il était explicite dans ses souhaits que la poupée puisse tromper les sens et être pleinement « opérationnelle », comme un vrai corps de chair pourrait l’être. « S’il te plaît, rends possible », écrivit Kokoschka, « que mon sens du toucher puisse prendre plaisir dans ces parties où les couches de graisse et de muscle cèdent soudain la place à une couche sinueuse de peau. »

La correspondance entre la fabricante et son client bien conservée relate des demandes très explicites sur les divers orifices qui doivent exister … oui vous pensez comme moi : une poupée gonflable avant l'heure ! Bref.

La poupée finit par être finie (oui pas finaud comme tournure mais moi j'aime bien) en 1919. Dès qu' Oskar la reçoit il est déçu. (Là, Hermine Moos remonte dans mon estime : un simple poupée aurait été en latex, mais sa Alma est une œuvre d'art, et une œuvre ça force le respect, enfin c'est mon simple avis) Il l'a gardera tout de même.

Je vous fais grâce de sa destinée de 1919 à sa fin, sachez qu'elle apparaît dans des peintures et dessins de l'artiste.

Au petit matin, des passants aperçoivent dans un jardin un femme décapitée inondée de sang. Oui c'est elle. Pendant un fête chez lui, ivre, Kokoschka décapita la poupée et versa sur elle du vin rouge

 « Je voulus mettre fin à l’existence de ma compagne (j'aime bien le terme !) sur laquelle couraient tant d’histoires étranges à Dresde lors d’une grande fête… La police sonna à la porte très tôt le lendemain matin … on leur avait dit qu’il y avait un cadavre dans le jardin… nous descendîmes, toujours en robe de chambre, dans le jardin où était étendue la poupée, comme inondée de sang, la tête arrachée… Le service de nettoyage enleva dans le matin gris le rêve du retour d’Eurydice. La poupée était une effigie qu’aucun Pygmalion n’avait éveillée à la vie. » — Kokoschka, Oskar (1971). Mein Leben, trad. frs. Ma vie, 1986, PUF, Paris.



Photographie de la poupée réalisée par la marionnettiste Hermine Moos pour Oskar Kokoschka, représentant Alma Mahler. Auteur inconnu. (DP Wikimedia commons)
Quand l’artiste autrichien ...Historia

Voilà voilà. Mais me direz vous : Alors ? Qu'est-ce que cette copie fait là sur le banc du docteur ? Et bien je suis comme vous, je m'interroge et ne peux répondre assurément, sauf peut-être à remémorer cette partie de la vie excentrique d'Oskar Kokoschka. Sur la photo je m'aperçois de l'existence d'un cartel avec une photo à gauche : j'ai dû en louper la lecture !


A + !

Quelques liens pour aller plus en détails: