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mercredi 25 mars 2026

TROIS JOURS A VIENNE (2) Un aprés-midi tranquille.

 Oui enfin, pas si tranquille que ça, nous avons quand même marché pas mal pour une première journée ! Aprés s'être reposés chez Aida (voir le précédent article clic). Nous avons continué notre marche vers la cathédrale Saint Etienne.

Elle est presqu'aussi blanche que Notre Dame à nous mais elle en impose avec ses toits aux tuiles vernissées: elle est superbe.

Construite au XIIéme siécle, elle a vécu une vie trépidante grâce aux incendies, aux Ottomans qui la bombardent en 1575, à Napoléon qui ne s'en prive pas non plus en 1809 et puis ça recommence en 1945. Aïe aïe aïe.



Pour l'anecdote, sachez que Wolfgang Amadeus Mozart s'y est marié avec Constance Weber en 1782.

Nous, n'étant pas invités au banquet, et vue l'heure tardive, nous avons trouvé un camion qui vendait des sandwiches aux saucisses, un food truck quoi. Bon sanwich, surprenant quand même ce pain beaucoup  plus court que la saucisse...

Ensuite visite de l'Opéra National de Vienne ! Dont vous avez déjà eu l'honneur et l'avantage de voir quelques photos dans le précédent article clic.

Et puis retour tranquille vers l'hôtel. Mais en s'arrêtant par le palais de la Sécession. 

Sur son fronton, sa devise : « Der Zeit ihre Kunst. Der Kunst ihre Freiheit » c'est à dire :: « À chaque époque son art, à chaque art sa liberté ». Mais avant d'y entrer, je dois vous préciser ce qu'est la Sécession viennoise (rassurez-vous, moi non plus je n'y connaissais rien avant de googler).

La Sécession viennoise c'est au départ "un groupe d'artistes rebelles envers la conception ancienne des arts" et devenu rapidement un courant artistique qui s'est épanoui en Autriche, plus particulièrement à Vienne, entre 1898 et 1910 et qui a marqué l'Art nouveau en peinture, sculpture, architecture et design décoratif. Elle s'apparente au Jugenstil en Allemagne. De grands artistes y ont adhéré tels que Anton Nowak, Max Lenz, Kolo Moser, Adolf Böhm, Gustav Klimt, etc (clic si vous voulez la liste)

← Photo de groupe des membres de la Sécession lors de la XIVe exposition, 1902. Photo de groupe des membres de la Sécession prise lors de la XIVe exposition, 1902. De gauche à droite, à l'arrière : Anton Nowak, Gustav Klimt, Adolf Böhm, Wilhelm List, Max Kurzweil, Leopold Stolba, Rudolf Bacher, au premier plan : Kolo Moser, Max Lenz, Ernst Stöhr, Emil Orlik, Carl Moll (Photo : Moriz Nähr, archives photographiques de la Bibliothèque nationale autrichienne)

Le bâtiment sert à des expositions temporaires mais abrite aussi d'autres permanentes, ainsi on peut admirer des œuvres ultra connues comme la Frise Beethoven de Klimt. Celui-ci créa cette frise pour la 14e exposition de la Sécession viennoise, conçue comme un hommage au compositeur Ludwig van Beethoven à l'occasion du 75e anniversaire de sa mort.

Elle représente la Neuvième Symphonie et couvre trois pans de mur d'une grande pièce blanche. Ce n'est pas une petite frise, non, les panneaux font plus de 2 m de large.

Bon.
Vous savez déjà combien je suis nul en art, mais en potassant un peu le sujet, j'ai pu saisir une explication qui me plait bien. Je ne dis pas que c'est la meilleure interprétation de la frise en rapport avec la sublime symphonie de Ludwig mais si cela vous intéresse j'ai mis des liens en bas de page. Egalement mon niveau en prise de photo n'étant pas terrible vous pourrez y trouver en même temps de meilleurs clichés.
De la juxtaposition entre les représentations klimtienne (le mot doit existé quelquepart) et les mouvements de la symphonie établie voilà la version, issue du web-journal Florilèges, que je vous propose:

Premier mouvement, panneau à gauche.
"L’aspiration au bonheur et aux désirs est représentée par des figures féminines flottant dans l’air. Elles ne touchent pas les forces hostiles qui sont au sol. Les femmes sont représentées de façon très longilignes, elles semblent apaisées et douces."

A gauche en haut, figures féminines flottantes. A droite le chavalier d'or.

Second mouvement.
"L’humanité, symbolisée par le couple à genoux et la femme derrière en prière, est représentée souffrante et suppliante. Elle implore le « chevalier d’or » en armure de s’engager dans la lutte pour le bonheur. L’homme se tient dos à l’humanité, l’épée pointée vers le sol, le regard au loin et les sourcils froncés. Il semble prêt à aider l’humanité dans cette quête du bonheur. Deux figures féminines s’inscrivent derrière lui, il s’agit de la compassion et de l’ambition."


Troisième mouvement.
"Trois belles gorgones coiffées de serpents soulignés d’or sont représentées au premier plan. Derrière elles, la maladie, la folie et la mort sont incarnées par trois autres femmes à l’allure terrifiante. La représentation de ces femmes maléfiques contraste avec les douces femmes du premier mouvement qui incarnent l’aspiration au bonheur et aux désirs. Leur père, Typhon, fils de Gaïa et de Tartare est un personnage malfaisant représenté sous la forme d’un singe. À la droite du primate, l’impudeur, la volupté et l’intempérance sont personnifiées sous les traits de trois femmes. Sur la droite de la composition, on peut voir une vieille femme nue, chétive, recroquevillée sur elle même sur un fond de serpent. Cette scène s’intitule Le souci qui ronge. "


"L’aspiration au bonheur trouve son apaisement dans la poésie, représentée dans la dernière scène de ce mouvement, forme d’art la plus importante selon Nietzsche avec la musique. Ici, elle est incarnée par la femme vêtue d’or et la musique est le thème de la frise."

Génie et Poésie

Quatrième mouvement !
" Il s’agit de l’Ode à la joie, quatrième composition de la Neuvième Symphonie de Beethoven. Le chœur est incarné par des femmes dans la frise de Klimt, alors que dans la symphonie de Beethoven ce sont des hommes qui composent le chœur. Dans l’œuvre de Klimt, le patriarcat est remplacé par le matriarcat. À droite du chœur, le chevalier enlace et embrasse une femme, on appelle cette scène Le baiser au monde entier. Le chevalier a laissé son armure d’or et se tient nu. Son dos n’est absolument pas réaliste anatomiquement. Il ondule en répondant aux rayons du soleil et aux formes du corps de la femme qu’il enlace. Il ne fait plus qu’un avec son environnement et la femme. En prenant de la distance sur cette représentation, nous pouvons également voir une forme phallique (l’homme et la femme enlacés ainsi que les rayons du soleil) qui est imbriquée dans une forme utérine (paysage à gauche et à droite des protagonistes ainsi que « les arches » vertes qui ferment l’espace). On retrouve donc l’idée d’une fusion des corps. Le chevalier n’a plus l’utilité ni le besoin de se défendre car il a trouvé le bonheur. Mission que lui avait confié l’humanité au début de la frise (premier mouvement). On peut se demander si l’homme ne trouve t-il pas une libération grâce à la femme ?"

Hymne à la joie

Le baiser au monde entier

Du palais de la récession, je ne parlerai que de la Frise. Mais il y aurait tant d'autres choses à montrer. Trop !

Après une petite pause à l'hôtel, nous sommes ressorti pour dîner, mais là vous en avez assez lu, vous saturez: on en reparlera !
A + !

Un podcast intéressant sur France musique.

mercredi 18 mars 2026

TROIS JOURS A VIENNE (1) S'imprégner de l'atmosphère de la ville.

C'était une escapade de cinq jours / quatre nuits, mais le premier c'est le voyage aller et le cinquième le voyage retour, donc restent plus que trois. Alors nous avons établi un programme, pour cette courte durée, assez complet nous pour dire au retour : ça c'est fait !

Arrivés la veille après-midi par avion, nous avons filé direction le centre ville de Vienne par train, il y a deux trains différents : le CAT ( rapide toutes les vingt minutes) et le normal S7 (toutes les trentes minutes), l'avantage du rapide n'est pas du tout extraordinaire, vous gagnerez à peine une dizaine de minutes mais le gap entre les deux tarifs est considérable : CAT : 15 €uros et pour le S7: 4,5 €.
Comme de juste, tout est fait pour que vous preniez le CAT: grandes affiches, indications claires et guichets très voyants. Pour la ligne S7, il faut chercher un peu, nous, nous avons pris les billets à l'aéroport, à un guichet à droite juste avant d'emprunter le petit tunnel qui relie l'aéroport à la gare, où deux sympathiques jeunes hommes nous ont renseignés pour l’heure du prochain, et quel quai. Voilà.

Ensuite petit trajet en métro, pour déposer les valises à l'hôtel, les guichets automatiques pour les tickets sont rouges, pas de traduction française, mais assez intuitifs pour ne pas se tromper. Notre hôtel n'étant pas dans le centre même, mais assez proche : Margaretenstraße (pour les non intiés comme moi le ß se prononce ss soit Margaretenstrasse).

mercredi 24 septembre 2025

LES JARDINS SUR LE CHAMP DE BATAILLE

 Visite du Domaine du Champ de Bataille, 2.

Pour ceux qui ont raté le coche du premier billet sur ce domaine privé de Jacques Garcia et son château, peuvent le lire ici.

En attendant nous allons prendre un café là. Joli salon de thé, le mobilier est superbe.


Pendant moult décennies, le parc, comme le château, fut plus ou moins entretenu notamment grâce à la noblesse d'Harcourt, et lorsque Mr Garcia les rachète, le propriétaire précédent avait créé un golf sur ces hectares. Bref, il fallait tout ou presque recréer dans cet immense parc. Grâce aussi à des plans originaux de Le Nôtre, Jacques Garcia fait renaitre les jardins à la française, grâce à un "scan aérien" il retrouve l'emplacement original du grand bassin circulaire: il reste fidèle à l'Histoire.

Et puis il y a tout le reste ! Comme je vous le disais dans le billet précédent, je ne vais pas faire de bla bla, juste rajouter des extraits des panneaux présentant les thèmes, voici les photos.

Lorsque vous êtes sur la terrasse du château face aux jardins, vous avez à main droite le bosquet de l'éden qui évoque le paradis dessiné par Le Nôtre, ou l'on peut voir le fameux pommier avec sa belle pomme, et une représentation d'Adam et d'Eve.
Et elle est où est la pomme ?
Et à main droite le bosquet de l'Erèbe 
l'Erèbe c'est le fils de Chaos, l'Enfer avant l'Eden.
On entre dans un sous-bois sombre et pas accueillant du tout ! Arbres tortueux évoquant la souffrance de l'enfer,  Citronniers épineux comme ceux qui auraient servi à confectionner la couronne d'épines du christ, aux pieds desquels le sol est recouvert d'ardoises où l'on ne peut marcher que maladroitement: signe peu rassurant d'instabilité, brrrr!

L'allée des Criosphinx. Buis taillés en topiaires étonnantes, représentant des criosphinx - chapeau les jardiniers - nous sommes en Egypte !

"Criosphinx sont taillés en topiaire, un exercice extrêmement complexe qui nécessite plusieurs tailles par an. Au bout de l'allée, vous trouverez deux grands obélisques, ainsi que deux sculptures évoquant l'Égypte ancienne présentes dans ce jardin.
Au centre, je vous invite à pénétrer dans le jardin de Diane et d'Apollon. Ces deux jardins sont fidèles au dessin de Le Nôtre pour le Champ de Bataille. Diane et Apollon sont nés de leur mère, Latone, que l'on retrouve grâce à cette sculpture centrale datant du XVIIe siècle."

Ah désolé, je n'ai pas photographié ni Diane ni Apollon :/

Passons aux Serres.

Une serre sert aux orchidées
 (quelques 900 specimens différents) 

et une serre sert aux fougères. 
(Luxuriance !)

Plus loin à travers les verres de la serre, un salon est utilisé par les amateurs et collectionneurs, les grands jardiniers d'Europe qui se réunissent "pour toutes les novations nécessaires pour les jardins de demain". 
Hélas la serre centrale est fermée où l'on aurait pu voir des grands vases de Massier, une sculpture de Gustave Doré: La Parque et l’Amour. Et beaucoup d'autres choses...
Plus loin de 1000 objets du céramiste Massier à fond bleu puis vert, etc. sont rassemblés dans l'autre aile de la serre. 



Jardin de Leda

Plus loin encore, bordé d'un talus de vignes et de pommiers, le petit temple de Leda dont l'intérieur est incrusté de pierres semi précieuses, est constitué d'éléments antiques;  pierres romaines, pierres noires en charbon recuit, et domine un canal de près de cent mètres.

 

Marchons plus loin encore


Derrière, après un magnifique sous-bois qui je devine qu'à l'automne, doit éclater de couleurs dorées,

 nous arrivons aux Tuileries ! 

Les Tuileries
Vous arrivez maintenant devant une colonnade de pierres évoquant un temple en ruines de l'époque romaine. Enfin, vous entrez dans un grand temple végétal avec des contreforts végétaux et une façade spectaculaire. Il s'agit du départ du grand escalier du Palais des Tuileries, démonté après l'incendie de 1871 et replacé dans une propriété située non loin de Paris en 1883. Un siècle plus tard, après la tempête de 1999 qui avait détruit cet ensemble, je l'ai racheté et réinstallé à Champ de Bataille.

Ce n'est pas tellement visible, sur la colonne on peut lire "TUILERIES 1871"

Retournons un peu sur nos pas pour contempler le Théâtre Antique, un magnifique théâtre de verdure et d'eau.

Retour au centre du parc pour les "Marches de la Vie"


Les Marches
Nous voici face à la cascade où je vous invite à monter ces fameuses marches de la conscience qui vous permettront d'atteindre le premier niveau. Là, vous pourrez admirer un ensemble de masques en plomb doré. Tous ces plombs sont des répliques, tout comme à la grande cascade de Saint-Cloud. J'ai moulé les plombs sur les originaux que nous avons ramenés dans le musée. 
Au deuxième niveau, après avoir découvert les marches cachées, vous vous retrouverez face au grand canal. C'est de là que vous aurez la meilleure vue et perspective sur l'ensemble du jardin, et surtout, quelque chose que je crois être unique en Europe : l'enfilade des cubes d'ifs de chaque côté, suivie des deux grands rideaux de charmilles également formés de cubes. Cet ensemble a nécessité trente ans pour arriver à maturité. Mon intention en créant cela était de réaliser un jardin profondément contemporain. Bien que le départ du dessin de Le Nôtre ait été une source historique, pour le reste, comme pour tout d'ailleurs, seule l'imagination compte. Cela reflète ma démarche dans toute ma vie : partir de l'Histoire pour créer l'Histoire.


De l'autre coté du grand canal (en bas sur le plan) 



L'autre "versant " du parc est constitué d'un jardin dit "anglo-indien" dont la magnificence n'a rien à redouter de l'autre coté déjà si sublime.

Cela commence par la Grotte de Cybèle.

La Grotte, vue du château, est quasiment cachée par une végétation qui la recouvre, faite de Sumacs de Virginie.






De près, on la découvre derrière cette série de colonnes. Le matériau est de la pierre volcanique apportée du Puy de Dôme.



L'intérieur a vocation à être un théâtre Elisabéthain (une scéne centrale et le public autour) 


Deux cascades se mettent à couler 1 heure par jour. Hélas nous n'étions pas là au bon moment !

(pas pris l'intérieur, désolé !)

Passée la magnifique roseraie,

nous terminons par le Palais Moghol. Celui-ci est fermé au public. Jacques Garcia raconte que, passionné par l'Inde, il y a plus d'une vingtaine d'années, eut lieu de terribles tremblements de terre là-bas et nombre de bâtiments du XVIe et XVIIe siècles n'étaient plus que ruines. Mr Garcia a pu à cette occasion acquérir des trésors architecturaux qu'il fit transporter dans 50 containers: Bois, Pierres, Marbres, Boiseries. Il fallut 10 ans pour le transport et 10 de plus pour la construction de ce Palais à l'évocation Moghol. Interdit au public mais loué pour contribuer aux dépenses d'entretien du domaine, Il est cependant possible de le visiter lors des journées du patrimoine.

Sur le coté un grand plan d'eau ou cygnes noirs et oies pataugent ensemble invitent à la méditation.

Si le temps n'était pas normand, on pourrait se croire à Udaipur.


À  + !

Comme toujours l'écriture en italique et de cette couleur indique la retranscription d'un cartel, d'une explication donnée près de l'œuvre ou bien d'un extrait de livre d'un auteur mais certainement pas de moi.

mardi 16 septembre 2025

LE CHATEAU SUR LE CHAMP DE BATAILLE.

Visite du Domaine du Champ de Bataille, 1. 

Il y a des gens qui méritent notre entière admiration pour leur goût,  on pourrait objecter que c'est facile quand on a fait une école d'architecture intérieure comme Penninghen et bien non ça ne suffit pas, on peut avoir un don, une prédisposition à l'étude de la déco artistique mais tout le monde n'a pas la finesse, la faculté de "sortir du cadre" tout en gardant l'exactitude d'un contexte historique comme peut l'avoir Mr Jacques Garcia. Nous avions déjà, au lac de Côme, presque visité la villa Balbiano qu'il avait décoré, oui presque: n'ayant pu entrer, nous l'avions découverte sur le net (lien) .

Devenu propriétaire du Domaine du Champ de bataille en ruines (le château pas le champ de bataille car en fait qu'y t-il de plus en ruines qu'un champ de bataille, n'est-ce pas ?), Jacques Garcia a tout reconstruit ce qui était encore possible et puis il a réinventé le reste. Le bâtiment comme le parc sont ouverts au public depuis quelques années. Venez on va y faire un tour.

Attachez vos ceintures, ce château est à 2h de Paris en voiture par l'A13 vers la Normandie. 

Dés que l'on arrive, on sait déjà, rien qu'aux soins apportés au parking - surfaces gravillonnées couleurs blanc et or, bien ratissées sans aucun poil de mauvaise herbe accrochant le regard, séparations de bois et de haies bien taillées - Déjà, on devine que nous ne sommes pas dans n'importe quelle propriété. Celle-ci se veut irréprochable même dans l'accueil, une forme de respect rare à l'encontre de monsieur tout-le monde. Moi simple quidam, c'est ce que j''ai ressenti.

Et puis on arrive au château. Les premières pièces visitées sont les toilettes par les dames, mais ça ne vous intéresse peut-être pas sauf un détail certain, c'est propre. Voici le château:

 

Alors oui, je fus un peu déçu, m'attendant à une construction de belles pierres blanches, je ne sais pas si vous, comme moi, êtes restés un peu puérils mais ces briques rouges m'évoquent plus des bâtiments d'une grande manufacture plutôt que la demeure d'une grande famille nobiliaire. Mais cette impression mitigée va vite s'estomper, en attendant remarquez la porte majestueuse en forme d'arc de triomphe.

Je ne sais pas si Mr Garcia habite ici, les questions "people" ne m'intéressant guère, il me semble que ce château est utilisé essentiellement pour exposer ses collections. 

Quand on entre dans le vestibule au pied des escaliers majestueux, nous sommes accueillis par une charmante hôtesse habillée en costume d'époque,

Non non ce n'est pas elle l'hôtesse d'accueil 

parce qu'avant d'entrer dans les appartements, nous choisissons de visiter le rez-de-chaussée où une accumulation d'animaux, petit paradis pour les amateurs de taxidermie, a envahi les murs et les plafonds.


Aprés ce grand étalage d'histoire naturelle, tableau de chasse hétéroclite pour lequel je tique un peu mais bon, remettons-nous dans le contexte, cela reflète une époque révolue et on doit le prendre comme tel, on trouve aussi un immense bureau genre cabinet de curiosité avec une très belle bibliothèque. Vient ensuite une chapelle et également au fond les cuisines.

Repartons dans le vestibule et rejoignons l'hôtesse d'accueil pour entrer dans les appartements. 

Non non toujours pas elle l'hôtesse d'accueil 

Mais avant ne bougez pas ! Que je vous explique pourquoi ce nom de champ de bataille !

L'an 935 Une grande bataille se déroule ici. Elle voit s'affronter deux familles : l'une, qui règne sur le Cotentin, est menée par Guillaume Longue Epée, la seconde est celle de Bernard le Danois. Guillaume Longue épée l'emporte, offrant à la Normandie son indépendance, et à ce site un nom pittoresque.
(extrait du panneau explicatif "CHAMP DE BATAILLE EN 10 DATES" situé au rez-de-chaussée. Tout est en bas de l'article pour ceux qui ont la patience ou la passion)

Dans les magnifiques pièces (la plupart ont été restaurées entièrement) on peut admirer une multitude d'objets royaux ou ayant appartenu à des gens de la cour, des chaises de louis XV, la chaise roulante de Louis-Joseph-Xavier-François, fils aîné de Louis XVI et de Marie-Antoinette, un paravent de cette dernière pour ne citer que ceux-là.





Le Salon d'Aurore et Céphale
Ce salon présente une atmosphere proche de celle que l'on rencontre sous Louis XV plaisir de la conversation et de la relation sociale,
C'est aussi l'introduction à la bibliothéque avec ce beau bureau ainsi que le cartonnier qui furent réalisé par André-Charles Boule aux alentours de 1720. Le bureau présente un décor de bronze à têtes de satyres et une marqueterie de cuivre sur fond à écaille de tortue...

Le Billard
La salle de billard est intégrée à l'appartement de compagnie puisqu'à cette époque, le jeu est lié à la vie de société comme l'étaient les soupers et les diners de ce temps.
Cette salle ferme l'enfilade et constitue une pièce de détente, tout en introduisant aux petits appartements. 
Au mur, une tenture de la manufacture de Bruxelles en basse lice, représente les mois avec les signes du zodiaque associés. Les cartons de cette tenture sont de David Teniers et de Van der Hecke. 
Le mobilier en acajou est de Georges Jacob, le grand menuisier du règne de Louis XVI.
Sur la cheminée et dans la pièce, une pendule à la Geoffrin et un ensemble de bronze néo-classique. Au-dessus, sur le miroir, remarquez le portrait de Louis XIV en tapisserie des Gobelins. 
Au centre un exceptionnel billard d'époque Louis XIV dont on sait qu'il était le jeu préféré du roi. Une très belle queue de billard exécutée par l'ébéniste Georges Jacob pour la famille royale est posée dessus.

Le panneau continue ainsi :

Enfin, je souhaite vous citer une phrase de Talleyrand: << qui n'a pas connu la fin du XVIII° siècle, n'a pas connu la douceur de vivre. >>
J'espère que c'est ce que vous garderez comme souvenir du Champ de Bataille. Votre parcours ainsi terminé, nous vous invitons à regagner maintenant le vestibule d'honneur, au rez-de-chaussée. Et si vous ne l'avez pas encore fait, promenez-vous dans le parc, conçu pour votre plaisir.
A bientôt.

Non nous ne l'avons pas encore découvert ce parc et je dois dire qu'il m'a complétement époustouflé; nous ne somme pas dans un des splendides jardins des villas du lac De Côme ou du Lac Majeur qui sont très soignés et possèdent des essences d'arbres rares, ce n'est pas comparable. Nous sommes dans tout autre chose, quelque chose non pas qui les égale mais qui, à mon opinion, les dépasse largement, nous sommes, j'allais dire comme mais je dirai mieux qu'à Versailles.

Ceci dit j'aurais peu à commenter, par contre, j'ai beaucoup de photos à vous partager et c'est pourquoi celles-ci feront l'objet d'un autre article:  A bientôt dans le parc.

A + !




Comme toujours l'écriture en italique et de cette couleur indique la retranscription d'un cartel, d'une explication donnée près de l'œuvre ou bien d'un extrait de livre d'un auteur mais certainement pas de moi.

CHAMP DE BATAILLE EN 10 DATES

935 Une grande bataille se déroule ici. Elle voit s'affronter deux familles : l'une, qui règne sur le Cotentin, est menée par Guillaume Longue Epée, la seconde est celle de Bernard le Danois. Guillaume Longue épée l'emporte, offrant à la Normandie son indépendance, et à ce site un nom pittoresque.

1651 Alexandre de Créqui, issu d'une très ancienne famille noble picarde ayant pris part aux croisades, s'engage aux côtés du Prince de Condé dans sa rébellion contre le pouvoir royal. Une fois la Fronde des Princes écrasée par le cardinal de Mazarin qui gouverne alors la France durant la minorité de Louis XIV, il est contraint à l'exil sur ses terres. Il décide alors de se faire construire un palais magnifique qui lui rappellerait les fastes de la Cour à l'emplacement même d'un rendez-vous de chasse hérité de sa mère. Il s'adresse au meilleur architecte de son temps Louis Le Vau et au meilleur jardinier, André Le Nôtre dont un dessin du jardin français nous est parvenu. Malheureusement, paria sans revenus, Créqui meurt ruiné. Son neveu, le marquis de Mailloc, hérite de ses dettes et de son patrimoine. A la mort de ce dernier, sa veuve hérite d'un domaine en mauvais état.

1754 A la mort de de la marquise de Mailloc, née d'Harcourt, son neveu le duc de Beuvron, membre du gouvernement de Normandie, hérite du domaine. Au contraire de son oncle, il fait du Champ de Bataille sa résidence principale, bien décidé à montrer sa puissance et son pouvoir. Il entreprend alors d'énormes travaux pour rétablir les fastes d'antan. Les décors du salon Louis XVI illustrent assez bien le goût raffiné du duc pour sa demeure. La Révolution viendra interrompre cette tâche gigantesque, qui reste alors inachevée.

1795 Si le duc de Beuvron n'émigre pas (il part s'installer à Amiens), son château est toutefois séquestré et pillé.

1802 Après les troubles révolutionnaires, l'avènement du Consulat puis bientôt de l'Empire, amène un retour au calme. Les héritiers du duc de Beuvron se séparent alors du domaine et durant tout le 19ème siècle, plusieurs propriétaires vont se succéder, et parmi eux Antoine Prieur, spéculateur qui vendra le domaine par petits bouts, si bien qu'en 1900, le grand domaine se réduit pour l'essentiel au château.

1903 Cette année marque le retour des descendants du duc d'Harcourt dans l'histoire du château. Ils le restaurent en partie mais décident de s'en séparer en 1936 au profit d'une autre demeure.

1936 Le rachat du château par la municipalité du Neubourg, lui confère une toute nouvelle destination puisqu'il est transformé en hospice. A la toute fin de la seconde guerre mondiale, il devient même un camp de prisonniers et une prison pour femmes. Ces différents usages sont très néfastes pour le château dont les pièces et les décors sont endommagés.

1947 Pour la troisième fois de son histoire, les descendants d'Alexandre de Créqui se rendent propriétaires une nouvelle fois du domaine. Ils entreprennent alors une restauration des façades et des toitures afin de le maintenir << hors d'eau ». Dix ans plus tard en 1957, le château ouvre ses portes à la visite et accueille ainsi et pour la première fois du public. Le jeune Jacques Garcia fera partie de celui-ci. 1982 Le château est revendu une nouvelle fois. Le propriétaire transforme une partie du parc en golf.

1992 Cette année-là marque la renaissance du domaine du Champ de Bataille avec son rachat par le décorateur Jacques Garcia. Après 28 ans de travaux - les plus importants réalisés en France pour un domaine privé depuis le début du 20ème siècle - le château présente un faste digne des rois de France. Si l'essentiel de la restauration et de la création du parc est aujourd'hui réalisé, ce début du 21ème siècle reste pour lui l'occasion de continuer l'embellissement de ce site exceptionnel.

mercredi 9 juillet 2025

NOTRE GRANDE DAME.

 Les grands enfants ayant prévu une escapade à Bordeaux, nous sommes montés à la capitale garder les petits. Ceux-ci sont adorables, leur énergie nous booste et secoue mon esprit de sexagénaire.

Notre mission accomplie, on s'est dit tiens, avant de redescendre si on allait visiter la toute neuve Notre Dame ?

Nous n'avons pas choisi la meilleure heure pour cette visite : 10h30 am, la queue est conséquente. Elle

commence au niveau de la cathédrale, à côté des toilettes publiques...fermées (!! d'ailleurs je me dois de râler contre la gestion en France 
de ces lieux indispensables, en Italie d'où nous revenons, comme dans la plupart des pays européens la politique urbaine respecte ce besoin essentiel, en France non. Mais comment fait-on ? Les hommes pissent comme les chiens le long des murs, d'un tronc, les femmes entre-deux voitures, ou alors il faut aller boire une verre dans un café. Quel mépris pour l'humain.)
Voilà j'ai poussé mon petit cri, c'est inaudible, je sais, ne sert à rien mais soulage.

Bon...ah oui ! La queue commence donc au niveau de Notre Dame et s'éloigne d'elle jusqu'au fond du parvis, là où une belle tribune en bois a été installée, puis revient vers Notre-Dame et se termine par un zigzag entre les barrières métalliques. Une petite demi-heure en fait car ça avance très vite et ça a même très vite passé car un couple grec nous a divertis: il s'insère incognito dans la file devant nous. Je commence à  leur expliquer que le bout de queue n'est pas là mais au fond. Ils me regardent et me disent en anglais "sorry we don't understand"
Ah les ruffians ! Alors je leur répète en anglais et leur précise que s'ils veulent tricher ok mais derrière nous ! Ils étaient de Thessa, donc comme on connaissait bien on discuté un peu, et sommes étonnés de la blancheur des pierres, elles qui avaient absorbé des siècles de pollution de toutes sortes.


Bon je digresse, je digresse et pendant ce temps tout le monde zappe et va direct aux photos !

Alors je me tais la voici la belle Dame.


Le jugement dernier, et comme d'hab, les uns les yeux vers leur dieu, les autres enchainés entrainés par un méchant diablotin

A l'intérieur, et oui je me répète c'est la blancheur retrouvée des pierres qui interpelle.

Au risque de déplaire je ne vais pas faire le guide chrétien vous expliquant tous les chefs-d'œuvre qui sont disséminés dans les nombreuses chapelles non il y a des sites très bien conçus pour ça (liens en fin d'article) La multitude des œuvres restaurées, notamment les peintures, font qu'il serait impossible de détailler tout ce qui nous intéresse. J'envie les parisiens qui peuvent de temps à autre entrer juste pour se consacrer uniquement  à telle ou telle autre œuvre.
Mais juste attirer l'attention sur des superbes toiles nettoyées comme suit
Comme ces quelques tableaux remarquables: Les Mays. Ceux-ci, grands formats (entre 3,50 et 4,50 m de hauteur) étaient commandés entre 1630 et 1707 par la confrérie Sainte-Anne-Saint-Marcel des orfèvres parisiens et offerts chaque mois de mai en signe de dévotion à la Vierge.
Ce premier représente, parmi les premiers miracles des apôtres, "saint Pierre guérissant les malades de son ombre" peint en 1635 par Laurent de La Hyre.

Cet autre May, "La Prédication de saint Pierre à Jérusalem" de Charles Poërson, resplendit par sa couleur bleue.

Encore un May où l'on voit "Doctor Angelicus" ou "Saint Thomas d’Aquin" dans l'œuvre de Antoine Nicolas "Saint Thomas d’Aquin, la Fontaine de Sagesse". Tout le monde, anges y compris s"abreuvent à ma fontaine de sagesse.

En haut n'est pas un May, mais
 une toile provenant de l'église "Le triomphe de Job" par Guido Reni mais anciennement identifiée comme "Jésus Christ recevant des offrandes de parfums et de moutons", d'auteur inconnu, et placé dans la sacristie des messes. A noter que sur le Wikipédia italien, cette toile n'est nullement mentionnée (!?).

ADDEDUM du 10/07/25: Signora Siu, s'étant enquis de l'absence de notes à propos de ce tableau, nous dégoté deux liens qui nous renseigne plus amplement sur ce Triomphe De Job. 
Grand merci, gente dame, je me prosterne à vos pieds, comme ainsi fit le peuple aux pieds de Job.

Au dessous notez un autre May "Le Martyre de Saint Etienne" par Charles Le Brun.

Parmi toutes les merveilles, je ne peux pas passer sur le nouveau reliquaire.
De 2,8 mètres de large, le reliquaire abrite en son cœur, la couronne d'épines, un fragment du bois de la Croix et un clou de la Passion, la relique est installée au centre d’une auréole avec des cabochons en verre sur fond d’or. Au sol, une pierre noire d’un côté évoquant le tombeau et une pierre blanche de l’autre évoquant la résurrection.


Et puis il y a le pauvre coq ! 

Un petit commentaire encore, l'ancien coq, rescapé du grand barbecue, est exposé. Voici quelques phrases du cartel en dessous.
"Coq de la flèche. Entreprise Monduit, d'après un modèle d'Adolphe Victor Geoffroy-Dechaume. L'incendie de Notre-Dame de Paris a suscité une immense émotion en France et dans le monde entier. Le soir même, dans un élan de générosité sans précédent, des centaines de milliers de donateurs se sont mobilisés...Le coq en cuivre qui couronnait la flèche de Notre-Dame de Paris à 96 mètres de hauteur, que l'on pensait disparu durant l'incendie, a été retrouvé le lendemain dans les décombres de la cathédrale. de Notre-Dame de Paris. Endommagé par sa chute, il est devenu un symbole de la résilience..."

Ainsi se termine le billet, il y a tant de choses à voir dans Notre-Dame de Paris qu'il serait très présomptueux de vouloir en faire le tour complet, n'est-ce pas ?

Alors à + !



https://notre-dame-de-paris.culture.gouv.fr/fr/le-grand-decor-de-notre-dame-les-tableaux
https://www.notredamedeparis.fr/visiter/visiter-la-cathedrale/
https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-la-foi/les-grandes-fetes-chretiennes/careme-et-paques/371866-la-couronne-depines-a-notre-dame-de-paris/