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mercredi 4 mars 2026

L' ANECDOTE. LA RAISON DU PLUS FAIBLE.

  L'anecdote. Au cours d'une visite, d'un voyage, dans un livre, un film il y a toujours quelque chose qui saute aux yeux, un petit quelque chose que l'on pourrait qualifier d'anodin mais qui vous interpelle, un détail, une peinture, un parfum, que sais-je, anecdotique certes, mais qui restera un point d'ancrage dans votre mémoire en rapport avec le lieu, le livre, le film...Ici c'est une photo, une citation dans une expo tout en haut du Mont Ventoux qui m'a interpelée.


Oui oh là ! ça va ça va ! je le sais que la photo est floue ! Désolé j'ai pas fait exprès ! Voici le texte:

- Selon Darwin la loi du plus fort serait le moteur de l'évolution. Nous vivrions alors dans une nature cruelle mut par le seul instinct de survie de l'espèce et de l'individu. Plaisons nous à croire un instant qu'il en fut autrement et qu'une raison du plus faible existe...

Tout au long de l'histoire de la vie sur terre, la ou les plus gros et les plus forts n'ont pus sa résister ... Ce sont souvent les créatures les plus humbles qui ont survécu. C'est aussi parmi les plus faibles que sont nées les plus belles histoires de solidarité. Et c'est enfin chez les plus vulnérables que l'ingéniosité adaptative a développé ses plus grandes inventions - 
La raison du plus faible 
Jean-Marie Pelt

 Certes, selon vos goûts et passions, vous allez me dire "intéressant ! " ou bien "ok d'accord, y a pas de quoi en faire un fromage" Et bien personnellement, ce passage d'un livre a toqué à ma petite tête surtout "les plus faibles que sont nées les plus belles histoires de solidarité.et "les plus vulnérables que l'ingéniosité adaptative a développé ses plus grandes inventionsA partir de là, je me suis dis, il faut que je lise un peu cet auteur, et chemin faisant, me suis décidé à partager quelques extraits avec vous.

Jean-Marie Pelt a écrit trois volumes, une trilogie : La Loi de la jungle, La Solidarité et La Raison du plus faible, pour but de montrer que la nature ne se réduit pas au règne des plus forts comme le sous-entend Mr Darwin, il met aussi en œuvre des mécanismes d'inhibition de l'agressivité, de coopération et de solidarité. Bref, ce n'est pas passionnant en soi, mais il suffit d'ouvrir le dernier volume "La Raison du plus faible" et vous voilà captivé par les exemples multiples expliqués par l'auteur où le fort est, au mieux, allié au faible, et même en symbiose, au pire (pour lui) tributaire de ce dernier. De la bactérie originelle jusqu' à l'homme, tous les règnes y passent.

On connait tous la fable du chêne et du roseau (clic) le faible se plie et résiste au vent tandis que le fort... Je vais vous citer trois exemples assez originaux, pas plus, pour ne pas vous lasser, lus dans ce livre.

L'exemple du champignon.

Lorsqu'on retourne le sol, on peut voir ces filaments blanchâtres qui sont en fait des réseaux micellaires. Certains de ces champignons pour exister ont une fonction indispensable au chêne vert : ils puisent la nourriture carbonée dans les racines des arbousiers, arbustes caractéristiques du maquis corse. Celui-ci se trouve alors défavorisé au profit du chêne, et l'on passe du maquis à la forêt. Les champignons alimentent si généreusement les chênes verts que ceux-ci finissent par prendre la place des arbousiers.

Assistance mutuelle entre faible et fort mais au détriment de l'arbousier ! Cruelle nature.

Plus cruelle encore ici les mouches minuscules de la famille des Cécidomyidés (Cécidomyidés: ne cherchez pas à comprendre, c'est juste décoratif)

Ces mouches s'attaquent aux champignons, et non l'inverse, comme le ferait croire le nom de l'amanite tue-mouches qui, en réalité, n'en tue aucune. Ces mouches ont deux modes de vie différents : elles sont capables de se reproduire sexuellement, comme tout un chacun, en formant des œufs; mais d'autres ne suivent pas ce processus habituel : elles ignorent la sexualité. Ces femelles ne pondent pas d'œufs mais transforment des cellules de leur abdomen en embryons qui se développent à l'intérieur du corps de la mère, trop jeune pour avoir formé un utérus, et donc incapable de les nourrir. Aussi, pour assurer leur croissance, dévorent-ils les entrailles de leur génitrice jusqu'à la vider de toute substance. Lorsqu'ils naissent, quelques jours plus tard, après avoir envahi le corps de la malheureuse, il ne reste d'elle, leur unique parent, que l'enveloppe chitineuse, ce squelette externe léger propre aux insectes et si différent de la lourde charpente des vertébrés. Car les insectes ont leur corps dans leur squelette quand les vertébrés ont leur squelette dans leur corps…

Troisième et dernier extrait de ce petit trésor de vulgarisation bio. Celui-ci plaira à tous j'en suis sûr:

L'exemple du calamar hawaïen au clair de lune.
C'est l'histoire d'un calamar hawaïen nocturne: il redoute la lumière du jour pendant lequel il se cache sous le sable. La nuit, monsieur calamar remonte à la surface pour trouver sa nourriture, montée périlleuse pour lui car en se déplaçant à la surface de l'eau, au clair de lune, il projette sur le fond une ombre qui permet à ses prédateurs nageant sous lui de le repérer et de le happer. Le calamar a donc trouvé une parade à cette menace. Il s'est transformé en émetteur légèrement lumineux produisant une lueur diffuse qui se confond avec les reflets de la lune sur l'eau. Impossible dès lors de le repérer et de l'attaquer : il est devenu invisible. Pour produire sa lumière, le calamar a besoin de l'aide d'une bactérie appropriée : Vibrio fischeri, Les vibrions, comme leur nom l'indique, « vibrionnent », affectant la forme d'une virgule. Les jeunes calamars viennent au monde sans leurs vibrions symbiotiques. des processus d'attraction chimique attirent les vibrions vers le calamar qui leur réserve un organe ad hoc. Les vibrions se dirigent vers cet organe spécialisé, s'y introduisent, perdent leur flagelle, s'immobilisent, réduisent leur taille et commencent à émettre une lumière qui se confond avec l'éclat de la lune. Voilà le calamar camouflé et les vibrions à l'abri à l'intérieur d'un hôte qui leur assure protection et nourriture. 


Jean-Marie Pelt montre que, dans la nature, la loi du plus fort n’est pas la règle dominante.
À travers de nombreux exemples tirés de la biologie et de l’écologie, il explique que la coopération, la solidarité et l’équilibre sont souvent plus efficaces que la compétition pure.

En dernière partie, il parle de l'homme et compare un "fort" l'éblouissant Napoléon qui voulut conquérir l'Europe par la force mais au final échoua et un "faible" le mal connu Robert Schuman à l'origine de la construction européenne par son discours historique du 9 mai 1950. 

Mais le monde ne reconnaît pas que la force morale. Il aime les héros, auraient-ils couché des millions de morts sur les champs de bataille. En France, Napoléon est de ceux-là tandis que le discret Robert Schuman n'occupe qu'un très humble strapontin dans la considération de nos concitoyens...

Voilà ! J'avais à cour de parler de ce livre avec vous mais je ne vous en tartine pas davantage ! 

À  + !


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