— Ah ah !! alors on monte jusqu'en haut de la colline alors ! Comme ça on verra les pins qui se sont couchés, avec ce vent, il parait qu'il y en a une palanquée.
— Ok c'est parti.
— Et ce stage du permis ? Racontes, tu l'as réussi ?
Quelques billets: Voyages d'abord et partage d'opinions, de photos, bouquins, et les oliviers !
— Ah ah !! alors on monte jusqu'en haut de la colline alors ! Comme ça on verra les pins qui se sont couchés, avec ce vent, il parait qu'il y en a une palanquée.
— Ok c'est parti.
— Et ce stage du permis ? Racontes, tu l'as réussi ?
— Allez René, on fait le grand tour de la colline, j'espère que l'on va voir des chevreuils ! Au fait, les sangliers sont revenus chez toi ?
— Oh fan ! ils ont tout retourné autour des oliviers ! Et chez le voisin du grand pin, c'est pire c'est sa pelouse qui est labourée, Phil !
— Il y en a beaucoup cette année et ils n'ont peur de rien !
— Oh purée ! regarde là-bas il vient vers nous !
— Il est de l'autre coté du grillage, je ne comprends pas pourquoi il vient, Ah regarde de l'autre coté il y a ses petits ! C'est une femelle, elle veut les protéger.
— Et comment on appelle la femelle du sanglier ?
— On ne l'appelle jamais Phil ! On s'escampe, on s'escampe avant qu'elle passe le trou et nous charge !
À + !
triboule : très trouble
s'escamper : fuir
— Salut Phil ! Tu vas bien ?
— Ça va René, J'ai fait des devis pour ma salle de bains, c'est hors de prix ! Je vais la refaire moi-même. Ce matin je vais préparer pour casser tout le carrelage mural, alors ça va si on ne fait que le petit tour ?
— Ok pas de souci, Allez on marche boulègue il fait pas chaud !
— Quelles nouvelles depuis vendredi ?
— Et bien figure toi que j'ai failli avoir un accident hier, enfin, un accrochage.
— Oh pas de mal alors ?
— Non non, la voiture était garée sur le parking et nous on sortait du supermarché
— Et bien vas-y ! Raconte René ! Ne me fait pas languir comme ça !
— On sortait donc d'Aldi avec Catoun quand on voit une camionnette qui recule et percute l'avant de notre Twingo ! puis commence à repartir !
— Oh elle voulait partir ni vue ni connue ?
— Et juste se garer mais Catoun a cru qu'elle se sauvait et vive comme pas deux, tu la connais, Phil, elle court devant la camionnette pour la stopper en criant ! Et vas-y qu'elle tape sur le capot ! Moi je lui dis arrête arrête il se gare !! Le conducteur sort s'excuse presqu'à genoux, aplati comme une carpette ! mais elle continue à crier ! Moi je lui dit arrête ! arrête !
— Il a fait le constat ?
— Attends ! C'est qu'elle l'injuriait ! Mais moi je lui dis arrête arrête !! Je la tirais par la manche !
— Mais enfin elle n'avait pas tout à fait tort René !
— Attends ! Je lui dis arrête arrête, ce n'est pas notre Twingo, regarde elle est là derrière l'autre rangée !
— Oh fan ! Comment vous avez fait ensuite ?
— Et bien que veux-tu ! On s'est excusé, aplatis comme deux carpettes...quelle honte ! Un presqu'accident je te dis !
— Hé Phil ! comment tu vas ? Ah ah ! tu n'as pas froid comme ça en bras de chemise ?
— Moques-toi René ! Et oui bonnet, cache-col et gants ! c'est le minimum à cette température. Comment tu fais en sweat ? Tu vas attraper la mort !
— Allez on marche ! on fait le petit tour, je dois terminer enfin mes olives aujourd'hui.
— Tu vas en faire combien.
— Oh deux tonnes pas plus. Comme d'habitude. — Alors tu l'as lu ton Zucman ? Dis-moi.
— Oui, en fait le livre est très court, 60 pages.
— Et il dit quoi ?
— En fait il parle d'abord de la contribution de chaque classe, toutes taxes incluses et toutes aides sociales aussi. Il parle de 30 % pour les classes populaires et
— Hé, vé ! la-bas !
— Où ? Quoi ?
— Sur les arbres là droit devant.
— Oh René, ne me refait pas le coup des amandons ! Tu veux savoir pour Zucman ou pas ?
— Oui oui ! continue…
— Bon, 30 % pour les classes populaires et 46% pour les classes moyennes, c'est pas énorme ça ? Pour 1000 euros gagnés tu..
— Et oui, c'est ce que je pensais.
— Oui il ne te reste que..
— C'est des arbousiers au fond, vé ! ils sont cafis vé ! Viens on va se res-tau-rer ! Hum elles sont sucrées ! Tu vois Phil, ces arbres-là c'est peut-être les seuls que tu peux voir avec ses fruits et ses fleurs en même temps.
— Ok. Alors adieu Zucman et vive l'arbouse.
- Comme un charme ! Pas mal nulle part, même pas le dos ! Et toi Phil ?
- Bien bien. On a ramené les petits-enfants à Paris et nous revoilà tous les deux à récupérer l'énergie qu'on a essayer de fournir ah ah ! On n'a pas vu l'été passé ! On dort comme des marmottes !
- Oh ! Pétard ! vé celui là il va nous écraser ! OH ! C'EST PAS LA CANEBIERE ICI !
- Laisse tomber René, il est jeune...
- Et le code de la route il connait pas ?
- Tiens en parlant de code de la route, je me suis pris deux pv.
- Deux !! Qu'est-ce tu as fait ?
- Tu vois au niveau de la gendarmerie, le céder-le-passage ?
- Oui et ?
- Et bien maintenant c'est un stop. Et je l'ai grillé un jeudi et le lendemain, rebelote.
- Oh fan, t'as payé combien ?
- 2 fois 90
- Oh fan !
- Et 2 fois quatre points en moins sur le permis, encore une fois comme ça et je n'ai plus de permis ! Je pense que je vais passer un stage de rattrapage de points.
- Oh fan ça va te coûter encore bonbon, la prochaine fois dis plutôt que c'est ta femme qui conduisait... Je fais comme ça avec Catoun
- C'est une solution. Mais si elle a un pv elle aussi ?
On a commencé à barjaquer là-dessus ici
- Oh Phil ! ça va ? En forme ? Tu veux faire le grand tour ?
- Ok ! Allons-y pour 13 km René ! Tu n'as rien à faire de spécial ce matin ?
- Non je suis à jour: j'ai vérifié les goutte-à-goutte des oliviers, tout est prêt !
- Super.
- Et ton caddie ? tu m'as pas tout raconté...
- Sûrement ! Tu étais plus intéressé par les amandons que par mon histoire...
- Allez vas-y racontes,
- Bon eh bien devant le patron qui niait, il y a le jeune qui revient avec son balai, je te le mime comme je peux, excuse-moi pour l'accent :
- "Ah Monsieur Blingue ! ah monsieur Blingue ! je vous ai pas dit ce matin j'ai ouvert le garage pour sortir le matériel et quand j' ai refermé, le chariot ! Il était plus là ! "
- Ah Phil ! On dirait du Pagnol ! Comme tu le fais bien !
- C'est ça, c'est ça René, moques toi ! Donc. Je répond : "ça ne serait pas celui-là par hasard contre ma voiture ? "
Et lui qui fait le faux :" ah oui c'est lui c'est lui c'est mon chariot ! mais qu'est-ce que c'est ? "
Moi :"C'est que le caddie a dévalé la pente et m'a pété le feu arrière !"
Le patron (au jeune homme) : " Mais espèceu d'ensuqué ! qu'est-ce que tu as fait, - excusez-moi monsieur (à moi) - , mais engourdi ! c'est toi qui va le payer le feu cassé oui !"
- Bon je te la fais courte, après avoir bien enguirlander le jeune, il me dit "allez réparer la voiture et je paierais le feu selon la facture ça coute dans les combien ça, 600 ?".
Je le voyais venir : une fois parti, il ne reconnaitrait plus son implication et ce sera pour ma pomme.
"Oui c'est pas donné; Ok donnez-moi un accompte 500 € et j'y vais"
"Ah mais non je ne vous donne rien té ! vous allez partir et vous ne reviendrez plus"
"Comment ça ? Et le reste de la facture je me la prend moi ?"
- Bon, fais moi la courte, Phil. Regarde depuis la dernière fois: comment ils ont grossis les amandons !
- Oui René j'ai vu, bon je continue ? Alors à la fin je lui dis...
- Peut-être trop petits encore...
- Oh ! à la fin je lui dis: "bon puisque vous ne voulez pas faire de constat eh bien j'appelle la gendarmerie, eux le feront comme il faut."
Sur ce, le patron s'en retourne à son entrepôt et moi je veux appeler mais je ne connais pas le nom de la place: j'entre dans le Tabac-presse d'à coté pour me renseigner.
- Ah non ! vé Phil vé comme ils sont ! juste comme il faut.
Oui j'ai vu René; Bon je termine. La brave femme s'enquiert de se qui se passe et me dit "mais non ! Mr Blanc (Mr Blingue) est un type bien ! venez on va aller le voir."
On allait donc sortir quand Mr Blanc arrive en courant: "c'est bon, c'est bon allez , on fait un constat."
- Et alors ?
- Comment ça et alors ? Et bien c'est la première fois que je voulais faire un constat "véhicule A : moi" et "véhicule B : un caddie" et on me le refuse !
- Eh bé tout ça pour ça...
- Tu veux que je te dise René ? Tu me les brises les amandons !
- Et ton épouse ça va mieux, René ?
- Oui Phil ça se passe, elle a fait un début d'otite. Elle est allée avec son fils à la pharmacie mais le pharmacien ne lui a pas donné le produit qu'elle voulait: il fallait une ordonnance.
- Il lui a donné quoi alors ?
- Rien ! Elle est partie et elle a fait comme avant.
- Comme avant ?
- Elle fait comme ma mère et ma grand-mère: de l'huile et de l'oignon.
- Ah ?
- Elle fait chauffer un peu d'huile d'olive avec un peu d'oignon pendant un petit moment et se met quelques gouttes tièdes dans l'oreille; C'est avec ça qu'elle se soigne.
- Et ça marche ?
- Té ! Pardi ! Phil ? Tu fais le Ravi ou quoi ? Bien sûr que ça marche ! Elle a plus mal maintenant !
- Et bien ! Je ne connaissais pas ce remède.
- Tu sais avant les vieux quand ils avaient la fièvre, ils mettaient un oignon à coté du lit et l'oignon était tout noir le lendemain.
- Ça, je ne le savais pas non plus, René. Heureusement que c'est toi qui me le dis, sinon je ne le croirais pas !
- Alors Phil , quoi de neuf ?
- Oh, pas grand chose, j'ai commencer la taille des oliviers, ça me prend bien du temps... d'ailleurs il y en a un jeune qui me tracasse, je ne sais pas comment l'aéré.
- Ah ! il te contrarie le teston ? Je viendrais voir, si tu veux.
- Ah Ah Ah ! Ces minots ! Tous les même ! Tiens le mien est arrivé hier à la maison, il était dans les 1 heure et demie, et il me dit ah je me suis levé très tard Papé, Je viens manger chez vous ! Je lui ai répondu, A cette heure ? Tu viens déranger Mamie ? Tu te crois au restaurant ici ? Et bé vé ! ou tu retournes chez toi ou bien tu restes et tu te contentes de regardello ! Ah ces minots !
- Regarde Phil les deux chasseurs là-bas.
- Attention René ! une voiture !
- Encore ! Quel trafic ! Oh c'est pas la Canebière ici !
- T'engaste pas, oh mais ! ils tirent ! c'est pas dangereux ?
- Et Phil tu parles provençal maintenant ! Et non ils sont au passage.
- ? Au passage ?
- Ils sont à l'agachon derrière les broussailles, ils tirent les palombes quand elles passent. Té vé ! Ah ah ah ! y en a deux sur l'arbre au-dessus d'eux ! Bonjour ! Ça passe ?
- Bonjour ! Bah pas grand-chose.
- Vous avez vu qu'il y en a deux qui vous narguent là sur la branche au-dessus de vous ?
- Ça fait une heure qu'elles bruissent des ailes ! sûr qu'on les a vues !
Mais moi posées je ne les tire pas.
- Ah ! Respect.
![]() |
| Vé ! la chélidoine est en fleur. |
- Tu l'entends René cette autoroute depuis qu'on a pris ce chemin ? quel trafic !
- Hé oui, de plus en plus de trafic mais c'est le vent qui nous ramène le bruit de notre coté.
- Bah je pense que même sans vent comme on n'est pas très loin ça serait pareil.
- Non non c'est le vent, d'habitude on entend beaucoup moins.
Je ne suis pas persuadé, René... en plus depuis qu'ils ont changé le revêtement du bitume c'est plus sonore.
- Oh mais t'es testard toi ! Je te dis que c'est le vent ! regarde ce petit mistralet qui nous vient de là ! il nous ramène tous les bruits !
- Oui, peut-être...
- Chut Phil ! Regarde le chevreuil là-bas... il nous a pas entendu arriver
- Normal ! Avec ce bruit d'autoroute !
- Prend ton téléphone Phil prend-le !
- Non René trop tard il nous a vu... il se sauve
- Regarde bien ! je tape fort dans les mains !
- Oh ! le chevreuil s'est arrêté net ! il regarde autour de lui, ça y est il repart !
- Eh oui Phil tu vois, heureusement les chasseurs ont les deux mains prises pour tenir le fusil ! ...
- Ne cours pas René ! On n'est pas pressé. Comment tu vas ?
- Je ne suis pas en retard ?
- Juste 8 heures
- Ah je pensais plus. Vé: ça va, ça va.
- On prend le chemin de pierres ? Sinon avec ce qu'il a plu on va se pourrir les chaussures.
- Comme tu veux Phil, mais oui c'est mieux. Mais il a pas plu tant que ça.
- Oui il a plu, ça m'a réveillé cette nuit !
- Non ! un pipi de chat pas plus !
- Comment ! la brouette est remplie à un quart !
- Eh ! qu'est ceu c'est ça ? Juste pour l'herbe ! Tu veux avoir raison ou quoi ?
- Pffff, j'ai plus d'argument, c'est plutôt toi qui veut avoir toujours raison et moi j'aime bien te faire marronner, ça m'amuse.
- Ah ah ! c'est moi qui t'ai fait marron Phil ! Bon je n'ai plus mal au dos on peut marcher vite.
- OK
- J'dis ça parce que j'ai un beau marron dans ma poche... je l'ai ramassé sur la place du village cet automne.
- Et ?
- Oui et il faut le garder dans la poche. Les vieux faisaient tous ça.
- Un marron René ?
- Oui, ça éloigne les rhumatismes.