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mercredi 8 avril 2026

TROIS JOURS A VIENNE (4) Belles vues chez l'ophtalmo.


 Voilà. Sortis de chez Haas Beisl après un très bon cappucino, on s'est dit il nous reste assez de temps pour
"se faire" le musée qui nous tentait le plus : Le Leopold Museum. 

Le musée tient son nom à Rudolf Leopold car ce cher Leopold, ophtalmologiste de son métier, était grand collectionneur d'oeuvres d'art qui en détenait plus de 5000. Collection racheté par l'état autrichien pour créer le Leopold Museum.

Comme l'affiche l'annonce, le musée abrite la plus grande collection mondiale de tableaux d'Egon Schiele. 




Le grand espace du bâtiment, l'absence de foule stressante, la blancheur ou la neutralité des murs, tout incite à penser que, 

tout viennois, tout voisins de Vienne, doit se dire souvent "Tiens si j'allais balader dans Leopold"

Alors venez promener avec moi, je partage quelques œuvres avec leurs cartels (en italique rouge)

D'abord des expressionnistes

ALBIN EGGER-LIENZ  Stribach près de Lienz, Tyrol 1868–1926 Santa Justina près de Bolzano, Italie  Trois moissonneurs (Version I), 1918 Huile sur toile Musée Leopold, Vienne.

ALBIN EGGER-LIENZ
Stribach bei Lienz/Tirol 1868-1926 St. Justina bei Bozen/Italien
Drei Schnitter (1. Fassung), 1918 Three Reapers (Version I)
Öl auf Leinwand Oil on canvas Leopold Museum, Wien | Vienna

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CARRY HAUSER Vienne 1895-1985 Rekawinkel/Basse-Autriche Double portrait, 1926 Huile sur toile | Oil on canvas Musée Leopold, Vienne | Vienna.

CARRY HAUSER Wien 1895-1985 Rekawinkel/Niederösterreich
Doppelbildnis, 1926 Double Portrait
Öl auf Leinwand | Oil on canvas Leopold Museum, Wien | Vienna

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Celui-là, expressionniste mais peut-être plus dans le style Art déco. Signé Viktor Franck, Demi-nu féminin, 1930.


VIKTOR PLANCKH
Troppau/Mähren [heute: Opava/Tschechien] 1904- 1941 Athen
Weiblicher Halbakt, 1930 Female Semi-Nude
Öl auf Leinwand | Oil on canvas
Oesterreichische Nationalbank, Leihgabe im Leopold Museum | Oesterreichische Nationalbank, Loan at the Leopold Museum



RICHARD GERSTL, Smaragda Berg, 1906/07

RICHARD GERSTL
Wien 1883-1908 Wien
Smaragda Berg, 1906/07
Öl auf Leinwand | Oil on canvas
Privatbesitz, Dauerleihe im Leopold Museum, Wien |
Private collection, permanent loan in the Leopold Museum, Vienna

Encore RICHARD GERSTL avec un autoportrait en demi-nu, 1902/04

RICHARD GERSTL
Wien 1883-1908 Wien
Selbstbildnis als Halbakt, 1902/04 Semi-Nude Self-Portrait
Öl auf Leinwand | Oil on canvas Leopold Museum, Wien | Vienna
M637

Quelques belles scultures.

Le superbe bronze "Cheval cabré" de  HERBERT BOECKL (+ d'infos sur le site clic)


HERBERT BOECKL
Klagenfurt 1894-1966 Wien
Springendes Pferd, 1929 Prancing Horse
Bronze
Leopold Museum, Wien | Vienna

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Buste de jeune homme de Wilhem Lehmbruck (+ d'infos sur le site clic)

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AUGUSTE RODIN
Paris 1840-1917 Meudon/Frankreich
Das ewige Idol, Entwurf 1893, Guss 1971 The Eternal Idol, Design 1893, cast 1971
Bronze
Leihgabe The Kasser Mochary Family Foundation, Montclair, New Jersey | Loaned by he Kasser Mochary Family Foundation, Montclair, New Jersey




AUGUSTE RODIN
Paris 1840-1917 Meudon/France
L'idole éternelle, esquisse de 1893, moulée en 1971
Bronze
Prêt de la Fondation de la famille Kasser Mochary, Montclair, New Jersey | Prêt de la Fondation de la famille Kasser Mochary, Montclair, New Jersey



Belle mise en valeur du buste en céramique de Richard Luksch ! Ce buste féminin captive par son expression : la femme semble écouter les deux délicates figures masculines nues qui lui murmurent à l'oreille.
RICHARD LUKSCH (Vienna 1872–1936 Hamburg)
Wiener Ziegelfabrik und Baugesellschaft
The Insinuation 1902/03 
Ceramic  (white glaze)

Et puis il y a Oscar KoKoschka !! 
Avec ce tableau dénonciateur "Annexation - Alice au pays des merveilles"


OSKAR KOKOSCHKA
Pöchlarn/Niederösterreich 1886-1980 Montreux/Schweiz
Anschluss - Alice im Wunderland, 1942
Annexation - Alice in Wonderland
Öl auf Leinwand | Oil on canvas
Wiener Städtische Versicherung AG-
Vienna Insurance Group
Extrait du site du musée :
"Peinture allégorique, « Annexion – Alice au pays des merveilles » (1942). Faisant référence aux trois singes de la connaissance, qui refusent d'entendre, de parler et de voir, l'artiste représenta le ministre britannique des Affaires étrangères, Neville Chamberlain (1869-1940), casqué et moustachu, ainsi qu'un soldat du Troisième Reich et un évêque. Personnifications des trois grandes puissances – l'Angleterre, l'Allemagne nazie et la France – et des trois classes sociales – la société civile, l'armée et le clergé –, ces trois hommes symbolisent les principaux facteurs responsables du déclin de l'Europe. À droite, derrière les barbelés, on aperçoit Alice nue, nommée d'après l'héroïne du roman de Lewis Carroll (1832-1898), "Alice au pays des merveilles". Incarnant à la fois la « vérité » et « l'Autriche », Alice détourne le regard, Vienne s'embrasant derrière elle. L'œuvre représente la critique par Kokoschka de la politique d'apaisement menée par les Alliés face à l'invasion d'Adolf Hitler, et traduit visuellement le cri de protestation désespéré de l'artiste." 
(https://onlinecollection.leopoldmuseum.org/en/search/query=kokoschka&offset=0&limit=30&layout=default)
OSKAR KOKOSCHKA
Pöchlarn/Niederösterreich 1886-1980 Montreux/Schweiz
Selbstbildnis, eine Hand ans Gesicht gelegt, 1918/19
Self-Portrait, One Hand Touching the Face
Öl auf Leinwand | Oil on canvas
Leopold Museum, Wien | Vienna



OSKAR KOKOSCHKA
Pöchlarn/Basse-Autriche 1886-1980 Montreux/Suisse
Autoportrait, une main posée sur le visage, 1918/19
Self-Portrait, One Hand Touching the Face
Huile sur toile | Oil on canvas
Musée Leopold, Vienne | Vienna


On peut voir Klimt, bien sûr. En voici juste quatre.

LA MORT ET LA VIE
Ce tableau de grand format, dont il existait une version antérieure, aborde le cycle de la vie humaine. L'allégorie de Klimt se compose de la personnification de la mort sur le côté gauche et du cycle de la vie en trois parties sur le côté droit, constitué d'une mère et de son enfant, d'une femme âgée et d'un couple d'amoureux. 

GUSTAV KLIMT Baumgarten bei Wien 1862-1918 Wien
Tod und Leben, 1. Fassung, 1910/11. Reproduktion aus: Die Kunst für Alle, Jg. 28, Heft 21, München 1913, 1913 Death and Life, 1st version, 1910/11. Reproduction from: Die Kunst für Alle, Vol. 28, no. 21, Munich 1913
Heliognoireg vir
Bibliosek, Lory Leopold Museums

Ces deux suivants, franchement il faut les voir sur place, les photos là j'avoue ça ne rend pas.
A gauche: Le grand peuplier II (Orage naissant), 1902/03 - A droite de la gauche: Un matin au bord de l'étang, 1889
GUSTAV KLIMT                                                                          GUSTAV KLIMT
Baumgarten bei Wien 1862-1918 Wien                                        Baumgarten bei Wien 1862-1918 Wien
Die große Pappel II (Aufsteigendes Gewitter), 1902/03                     Ein Morgen am Teiche, 1889 
The Large Poplar II (Gathering Storm)                                         A Morning by the Pond
Öl auf Leinwand | Oil on canvas                                                Öl auf Leinwand | Oil on canvas
Leopold Museum, Wien | Vienna                                               Leopold Museum, Wien | Vienna









GUSTAV KLIMT
Baumgarten bei Wien 1842-1918 Wien
Dame mit Cape und Hut vor rotem Wintergrund, 1997/98
Lady with Cape and Hat on a Red Background
Olauf Leinwand all on canvas Klint-foundation, Wien Vienna


GUSTAV KLIMT
Baumgarten près de Vienne 1842-1918 Vienne
Dame à la cape et au chapeau sur fond rouge hivernal, 1997/98
Lady with Cape and Hat on a Red Background
Huile sur toile Fondation Klimt, Vienne






Voilà. J'espère que cela n'a pas été trop long et que parmi ces artistes vous avez pris plaisir à en voir ou revoir quelques uns. 

Et ? Et Schiele ?  Car notre ophtalmologue de renom et grand passionné d’art, entreprendra pendant près d’un demi-siècle une traque effrénée des œuvres de l’artiste avec un seul objectif en tête, lancer une carrière posthume à ce peintre trop longtemps incompris, rassemblant la collection de Schiele la plus importante au monde : ça vaut bien un article à part non ?

A + !

mercredi 14 mai 2025

DES LUMIERES DANS LES CARRIERES 2

 J'aurais dû poster ce billet début janvier oui. Procrastination, peut-être. Je n'ai aucune excuse. Ou peut-être que je n'étais pas emballé: je n'ai pas dit Waouh quand j'y suis allé.

Pourtant, ces carrières aux Baux de Provence, immenses salles et leurs hauts murs de 14 m, de cette pierre si blanche, marque l'esprit. Pourtant à revoir ma ribambelle de photos, je me dis que ça vaut le coup de partager. 

En ce mois de janvier, se terminait une double expo: Egypte des Pharaons et Les Orientalistes.



L'Egypte des Pharaons si belle soit elle ne m'a pas séduit. Certes, c'est beau, c'est à la portée de tous, mais trop tape à l'œil.



A posteriori, je pense donc que l'on se lasse de tout et, sans être désabuser, disons que je suis moins sensible à l'effet "exposition  totalement immersive". L'expo des Orientalistes était franchement plus à mon goût.



J'y ai vu des peintures célèbres, que je connaissais ...


Et d'autres que je ne connaissais pas. Pourtant l'orientalisme, ça me plait.

La chasse au lion, Horace Vernet


A + !

mercredi 12 février 2025

LA GALERIE NATIONALE A DUBLIN.

Nous étions de retour en Irlande et à la capitale Dublin ! oui et pas pour le boulot ! 

Avant de visiter la Guinness Store House - que je vous ai présentée foremost à la demande expresse de my pretty belly (ici) - nous avons d'abord sillonné cette belle ville et vu quelques incontournables, comme la Nationale Gallery of Ireland.

Sur trois grands niveaux, on peux y admirer de très belles œuvres d'artistes connus (Caravage,  Goya, Monet, Picasso, Rembrandt, Van Gogh ou encore Velázquez) 


Vincent van Gogh
Zundert 1853-1890 Auvers-sur-Oise
Toits de Paris 1886
Huile sur toile
Van Gogh s'installe à Paris au printemps 1886. Il peint peu après cette vue panoramique de la ville depuis Montmartre. Tout au long de sa vie, Van Gogh est fasciné par les ciels et les formations nuageuses. Ici, l'horizon bas fait la part belle à une étendue de ciel gris. Ce petit tableau aux couleurs sobres révèle à quel point Van Gogh était profondément lié à la tradition naturaliste à son arrivée en France. Quelques mois seulement après l'avoir peint, il rencontre Paul Gauguin et Émile Bernard, et son œuvre commence à prendre la couleur intense et l'empâtement vigoureux qui font sa renommée aujourd'hui.
Acheté en 2007, NGI.2007.2
87

Mais aussi des peintres plus locaux, plus "Iles Anglo-Celtes": Freud (Lucian), Leech, Maclise, Nicol (Erskine), Swanzy, Yeats, etc.

Je vous en ai choisi quelques uns comme d'habitude avec leur cartel que j'ai eu l'amabilité de vous traduire enfin pas moi mais Google Translate car je serais bien incapable de commenter le moindre petit tableau, comme je l'ai fait ci-dessus avec Van Gogh.

J'ai opté pour ceux que l'on voit moins souvent i.e. ceux de la deuxième liste. 

On y va.

Dod Procter Londres 1890-1972 Redruth, Cornouailles
Fille endormie
vers 1927
Huile sur toile
Procter a vécu et travaillé à Newlyn, en Cornouailles, où elle avait été formée à l'école dirigée par Stanhope et Elizabeth Forbes. Au cours des années 1920, elle est devenue célèbre pour ses peintures de jeunes femmes introspectives, exécutées dans un style froid et détaché. Le modèle de ce tableau était Cissie Barnes, la fille d'un pêcheur local. L'utilisation sobre de la couleur par Procter renforce l'apparence sculpturale de la jeune fille endormie.
Présenté par Sir Alfred Chester Beatty, 1954, NGI.1294

Beau commentaire que celui-ci. Dod est connue pour son tableau Morning (clic). Ces deux tableaux me rappellent les tonalités de Hopper, l'effet sculpture de Botero.

Les salles sont spacieuses permettant un recul agréable pour apprécier les grandes toiles. 

Peter Doig Édimbourg, 1959
Cabine en béton côté ouest
1993
Huile sur toile
Dans les années 1990, Peter Doig a réalisé une série de peintures à grande échelle inspirées par l'Unité d'Habitation de Briey-en-Forêt, dans le nord-est de la France. Ce complexe d'habitation moderniste, conçu par l'architecte pionnier Le Corbusier en 1956, avait été abandonné et laissé à l'abandon pendant de nombreuses années. Les scènes évocatrices de Doig explorent les idées sur les interventions humaines dans la nature, la nostalgie et la mémoire. Ici, il donne un aperçu des appartements vides à travers les arbres environnants, attirant le spectateur de l'obscurité vers la lumière. Lorsque Doig a été nominé pour le prix Turner en 1994, il a inclus cette image dans son exposition à la Tate Gallery.
Prêt d'une collection privée ; L.2018.7

William Leech Dublin 1881-1968 Guildford
L'ombrelle
vers 1913
Huile sur toile
Elizabeth Saurine, la première femme de l'artiste, a servi de modèle pour ce tableau. À l'arrière-plan, on peut voir les hautes tiges de lys. Le décor pourrait être le jardin de Concarneau, où Leech a peint son célèbre tableau Un jardin de couvent, Bretagne (vers 1913 ; National Gallery of Ireland). L'ombrelle filtre le soleil et projette des ombres vertes sur le visage de la femme. Les couleurs vives et les taches de lumière sont caractéristiques du style postimpressionniste de Leech.
Présenté par Mme M. Botterell, 1952, NGI.1246


Lucian Freud Berlin 1922-2011 Londres
Souvenirs de Londres
1940
Huile sur toile
La famille de Lucian Freud a quitté Berlin pour Londres en 1933 pour échapper à la montée du nazisme. Il a peint cette œuvre de jeunesse lors d'un séjour de deux mois à Snowdonia alors qu'il était à la fin de son adolescence. La figure est basée sur son souvenir d'un vendeur de journaux qui se tenait près de sa maison familiale à St. John's Wood. En 1938, Freud avait visité la grande exposition Twentieth Century German Art à Londres. Le décor ombragé, la perspective exagérée et l'intensité psychologique de cette scène ont sans aucun doute été influencés par son intérêt pour l'expressionnisme allemand. Peint au début de la Seconde Guerre mondiale, Freud évoque un air d'aliénation et d'appréhension à la fois personnel et omniprésent.
Prêt d'une collection privée.

Mary Swanzy Dublin 1882-1978 Londres
Motifs de toits, Tchécoslovaquie
vers 1920-1922
Huile sur toile
Après la Première Guerre mondiale, Swanzy se rendit en Tchécoslovaquie et en Yougoslavie où sa sœur participait à des opérations de secours. Durant cette période, elle réalisa des croquis et des peintures de paysages et de la vie villageoise. Dans cette image, Swanzy explore les motifs créés par les toits aux couleurs vives depuis un point de vue élevé. Les lignes courbes des bâtiments transmettent un sens du rythme et du mouvement, qui se rapporte à l'intérêt de longue date de l'artiste pour le futurisme et le vorticisme. En limitant sa palette au rouge, au vert et au blanc, Swanzy met l'accent sur les formes abstraites et les motifs répétés.
Acheté en 1999, NGI.4663


Jack B. Yeats
Londres 1871-1957 Dublin
Au-dessus de la foire
1946
Huile sur toile
Les foires étaient une source régulière d'inspiration pour Yeats. Pour ses premières images de foires irlandaises, il semble s'être largement inspiré de ses souvenirs de voyage dans le nord de Mayo avec son ami J.M. Synge. Le titre de ce tableau peut être compris comme une référence littérale au point d'observation surélevé d'où la scène est vue, mais il est tout aussi probable qu'il fasse référence métaphoriquement au jeune garçon aux cheveux dorés sur le cheval à gauche du centre, qui a été élevé au-dessus et libéré de la foule en contrebas.
Présenté par le révérend Senan, au nom d'un groupe de particuliers, 1947, NGI.1147

Voilà, j'espère que vos yeux se sont régalés autant que les miens !   Si le cœur vous en dit, il y a ce "Virtual Tour" qui met en valeur la Galerie et donne une très belle idée de sa collection. clic ICI.


  A + !

mercredi 22 janvier 2025

LES REGARDS DE MAC CURRY. TEMOIGNAGES.

 Les thèmes émergeant de l'expo REGARDS de Steve Mac Curry étaient l'Afghanistan et les pays d'Asie du sud, les enfants, les couleurs. Les portraits étaient sur-représentés (je ne m'en plains surtout pas) et ayant séparé ces portraits du reste, j'avais intitulé le précédent billet LES REGARDS DE MAC CURRY. PORTRAITS. (là). 



Pour ce présent billet, ce reste m'est apparu plutôt comme des témoignages visuels puissants. témoignages de rites, de vies, de malheur, de bonheur mais toujours réhaussés de couleurs fascinantes. Vous allez me dire, ok mais ces portraits étaient aussi des témoignages non ? et je ne vous répondrai, non je ne vous répondrai pas, débrouillez-vous tout seul.  Et puis témoignages parce que le monde doit savoir ce qui se passe. Sinon, qui va raconter l'Histoire. 

Oui qui va raconter l'Histoire ? Sans fake news ? X d'Elon Musk ? Meta de Zuckenberg ? Les sbires de Poutine  Etc. ?  Aïe aïe aïe le sujet m'accable.

Rajasthan, Inde 1983
J'ai photographié ce groupe de femmes blotties les unes contre les autres pendant une tempête de poussière dans le désert de Thar. Alors que nous roulions, le ciel est devenu menaçant. Nous avions du mal à respirer et à voir à travers le mur de poussière. Instinctivement j'ai voulu protéger mon appareil photo et puis, j'ai réalisé que c'était une occasion unique de photographier ce groupe de femmes enveloppées dans leur grand sari rouge orange.

Champs de pétrole d'Al Ahmadi, Koweit 1991
C'était pendant la Guerre du Golfe, j'étais en mission pour le National Geographic. Ce fut l'enquête la plus intéressante mais aussi la plus dure que j'ai menée. Je me souviens de beaucoup de choses terribles. Ici, alors que nous roulions dans le désert à une trentaine de mètres du feu, j'ai vu les chameaux arriver et j'ai immédiatement visualisé l'image. C'est une image d'apocalypse, tous les animaux se trouvaient dans des conditions désespérées.


Welligama, Sri Lanka 1995
Lors de mon voyage au Sri Lanka, sur la côte sud, j'ai vu ces hommes penchés sur des pileux au milieu de la mer avec die simples cannes en bois. Ils péchaient ainsi des heures durant,, um poisson apres l'autre. J'ai passé une journée entière avec eux, immergé jusqu'à la poitrine. J'ai capturé le moment où un pêcheur allait à son poteau tandis que les autres continuaient de pêcher, une composition géométrique intéressante.


Je ne vais pas enfiler les vues les unes après les autres, juste encore quatre. Ce qu'il faut comprendre est qu'il faut absolument y aller.

Village de Geremiyaka, Papouasie-Nouvelle-Guinée 2017
Les membres de ces tribus, avec leurs masques d'argile et leurs vêtements de bambou, émergent de la fumée, qui symbolise les cieux descendant sur la terre.

Kyoto, Japon. 2007

Katmandou, Népal. 2013

Et voici la dernière, splendide à voir ainsi, époustouflante lorsque vous étes là dans la pénombre devant elle, et pourtant ce n'est que le témoignage d'un festival (Holi Festival, Rajasthan, India, 1996). Rien que ça. Et tout ça.


A + !

mercredi 15 janvier 2025

LES REGARDS DE MAC CURRY. PORTRAITS.

Après les questionnements déclenchés par "Regards Improbables" de l'IMPGT (là), ces regards de Mac Curry dans un registre tout à fait différent, ont provoqué en moi, une admiration incroyable.

La dernière expo à l'hôtel de Caumont à Aix-en-Provence est "REGARDS" de Steve Mac Curry. Si vous ne connaissez pas son nom, vous connaissez surement cette photo.
C'est le Regard qui a fait connaitre Mac Curry du grand public. Mais c'est l'arbre qui cache la forêt ! Le photographe nous a donné beaucoup de très beaux portraits.

En voici quelques uns marquants.

Sur la photo de cette jeune fille ci-dessous, on voit bien la technique utilisée pour "marquer" le regard: la mise au point est très finement concentré sur les yeux avec une très mince profondeur de champ (à moins que ce ne soit tout simplement une retouche de léger floutage du reste).
Kandahar, Afghanistan
1990
Cette jeune fille vivait dans un orphelinat à Kandahar en Afghanistan. De nombreux enfants se mettent du khôl autour des yeux pour tenter d'éviter les infections.


Peshawar, Pakistan
2002
Lorsque j'ai pris ce portrait, cette jeune réfugiée de 10 ans, vivant à Peshawar au Pakistan, n'avait jamais vu son pays d'origine, l'Afghanistan.

Portraits avec animaux. De 
gauche à droite.
Los Angeles, Californie, Etas-Unis. 1991
Gujarat, Inde. 2009
Taschkent, Ouzbékistan. 2005

Srinagar, Cachemire
1995
J'aime photographier les nomades car ils ont des traditions qui tendent à disparaitre du fait de leur urbanisation forcée. J'étais coincé dans un embouteillage, au milieu des animaux, dans une confusion totale et j'ai voulu le prendre en photo. Il en a été très honoré, il a sorti ses animaux de la route et m'a autorisé à prendre des photos de lui. Les hommes du Cachemire ont l'habitude de se teindre les cheveux ou la barbe au henné.
Baloutchistan, Pakistan 1981
J'ai réalisé ce portrait dans le cadre d'un travail sur les camps, près de la frontière entre Pakistan et Afghanistan. Cet homme venait juste d'être opéré de la cataracte. Peu après ce cliché, j'ai été arrêté par la police pakistanaise alors que j'essayais de passer en Afghanistan par un territoire interdit. J'ai été relâché au bout de 5 jours et j'ai pu reprendre mon travail.

Steve Mac Curry raconte comment il est devenu un reporter international reconnu: En parcourant le Pakistan près de la frontière Afghane, il discutait avec des afghans venus acheter; Ils lui dirent que s'il était un photographe il devrait aller voir se qui se passe de l'autre coté: les combats post-révolutionnaires continuent.
Il y va donc avec eux et rapporte des images qu'il essaie de vendre aux journaux américains, ceux-ci feront la fine bouche, certains achéteront mais ne diffuseront pas. 
Et puis d'un coup, en décembre 1979, l'URSS envahit l'Afghanistan: tous les journaux sont sur le coup mais n'ont pas d'images: ce sont les clichés de Mac Curry que l'on va voir à la une de ces journaux alors qu'ils datent d'avant la venue des russes mais ça ils ne le diront pas...
La renommée de photographe internationale de Steve Mac Curry était faite.

Loikaw, Birmanie
(actuelle Myanmar)
1994


Porbandar, Inde 1983
Je me trouvais à Porbandar, pendant la mousson. La situation était dramatique mais en Inde les gens ont une attitude incroyable face aux aléas de la vie. Ce pauvre tailleur avait sauvé son seul bien, sa vieille machine à coudre. Quelqu'un lui a montré que j'étais en train de le photographier et il s'est mis à rire. La publication de la photo dans le National Geographic, m'a permis de le retrouver et de lui acheter une machine à coudre neuve. J'étais très heureux d'avoir pu l'aider.

Un dernier portrait. Celui-ci m'a paru plutôt banal, une jeune femme acoudée à sa cloture, quoi de plus banal. Le tableau est trés grand, ce n'est qu'en prenant de recul que je le vis vraiment: je n'avais pas vu l'eau.

Java, Indonésie 1983
Pour photographier cette jeune fille, j'ai dû m'immerger. Elle se tient debout dans une eau qui est couverte de lentilles d'eau pendant la mousson. Son attitude sereine contraste fortement avec la difficulté de maintenir les rudiments de la vie quotidienne pendant la saison des pluies.





Il y a également un petit film qui raconte comment il a photographié et se qu'elle est devenue par la suite. Mais je ne vais pas tout divulgacher tout de même !









Et voilà quelques fabuleux portraits de Steve Mac Curry. Il n'a pas fait que ça mais le reste me semble moins représenté. Il n'en reste pas moins que je vous retrouve avec lui au prochain billet.
 A + !


Comme d'habitude, les textes en rouge pâle et en italiques sont ceux que j'ai pu lire dans l'expo.