L'anecdote. Au cours d'une visite, d'un voyage, dans un livre, un film il y a toujours quelque chose qui saute aux yeux, un petit quelque chose que l'on pourrait qualifier d'anodin mais qui vous interpelle, un détail, une peinture, un parfum, que sais-je, anecdotique certes, mais qui restera un point d'ancrage dans votre mémoire en rapport avec le lieu, le livre, le film...Ici c'est une photo, une citation dans une expo tout en haut du Mont Ventoux qui m'a interpelée.
Oui oh là ! ça va ça va ! je le sais que la photo est floue ! Désolé j'ai pas fait exprès ! Voici le texte:
- Selon Darwin la loi du plus fort serait le moteur de l'évolution. Nous vivrions alors dans une nature cruelle mut par le seul instinct de survie de l'espèce et de l'individu. Plaisons nous à croire un instant qu'il en fut autrement et qu'une raison du plus faible existe...
Tout au long de l'histoire de la vie sur terre, la ou les plus gros et les plus forts n'ont pus sa résister ... Ce sont souvent les créatures les plus humbles qui ont survécu. C'est aussi parmi les plus faibles que sont nées les plus belles histoires de solidarité. Et c'est enfin chez les plus vulnérables que l'ingéniosité adaptative a développé ses plus grandes inventions -
La raison du plus faible
Jean-Marie Pelt
Certes, selon vos goûts et passions, vous allez me dire "intéressant ! " ou bien "ok d'accord, y a pas de quoi en faire un fromage" Et bien personnellement, ce passage d'un livre a toqué à ma petite tête surtout "les plus faibles que sont nées les plus belles histoires de solidarité." et "les plus vulnérables que l'ingéniosité adaptative a développé ses plus grandes inventions" A partir de là, je me suis dis, il faut que je lise un peu cet auteur, et chemin faisant, me suis décidé à partager quelques extraits avec vous.
Jean-Marie Pelt a écrit trois volumes, une trilogie : La Loi de la jungle, La Solidarité et La Raison du plus faible, pour but de montrer que la nature ne se réduit pas au règne des plus forts comme le sous-entend Mr Darwin, il met aussi en œuvre des mécanismes d'inhibition de l'agressivité, de coopération et de solidarité. Bref, ce n'est pas passionnant en soi, mais il suffit d'ouvrir le dernier volume "La Raison du plus faible" et vous voilà captivé par les exemples multiples expliqués par l'auteur où le fort est, au mieux, allié au faible, et même en symbiose, au pire (pour lui) tributaire de ce dernier. De la bactérie originelle jusqu' à l'homme, tous les règnes y passent.
On connait tous la fable du chêne et du roseau (clic) le faible se plie et résiste au vent tandis que le fort... Je vais vous citer trois exemples assez originaux, pas plus, pour ne pas vous lasser, lus dans ce livre.
L'exemple du champignon.
Lorsqu'on retourne le sol, on peut voir ces filaments blanchâtres qui sont en fait des réseaux micellaires. Certains de ces champignons pour exister ont une fonction indispensable au chêne vert : ils puisent la nourriture carbonée dans les racines des arbousiers, arbustes caractéristiques du maquis corse. Celui-ci se trouve alors défavorisé au profit du chêne, et l'on passe du maquis à la forêt. Les champignons alimentent si généreusement les chênes verts que ceux-ci finissent par prendre la place des arbousiers.
Assistance mutuelle entre faible et fort mais au détriment de l'arbousier ! Cruelle nature.
Plus cruelle encore ici les mouches minuscules de la famille des Cécidomyidés (Cécidomyidés: ne cherchez pas à comprendre, c'est juste décoratif)
Ces mouches s'attaquent aux champignons, et non l'inverse, comme le ferait croire le nom de l'amanite tue-mouches qui, en réalité, n'en tue aucune. Ces mouches ont deux modes de vie différents : elles sont capables de se reproduire sexuellement, comme tout un chacun, en formant des œufs; mais d'autres ne suivent pas ce processus habituel : elles ignorent la sexualité. Ces femelles ne pondent pas d'œufs mais transforment des cellules de leur abdomen en embryons qui se développent à l'intérieur du corps de la mère, trop jeune pour avoir formé un utérus, et donc incapable de les nourrir. Aussi, pour assurer leur croissance, dévorent-ils les entrailles de leur génitrice jusqu'à la vider de toute substance. Lorsqu'ils naissent, quelques jours plus tard, après avoir envahi le corps de la malheureuse, il ne reste d'elle, leur unique parent, que l'enveloppe chitineuse, ce squelette externe léger propre aux insectes et si différent de la lourde charpente des vertébrés. Car les insectes ont leur corps dans leur squelette quand les vertébrés ont leur squelette dans leur corps…
Troisième et dernier extrait de ce petit trésor de vulgarisation bio. Celui-ci plaira à tous j'en suis sûr:
L'exemple du calamar hawaïen au clair de lune.
C'est l'histoire d'un calamar hawaïen nocturne: il redoute la lumière du jour pendant lequel il se cache sous le sable. La nuit, monsieur calamar remonte à la surface pour trouver sa nourriture, montée périlleuse pour lui car en se déplaçant à la surface de l'eau, au clair de lune, il projette sur le fond une ombre qui permet à ses prédateurs nageant sous lui de le repérer et de le happer. Le calamar a donc trouvé une parade à cette menace. Il s'est transformé en émetteur légèrement lumineux produisant une lueur diffuse qui se confond avec les reflets de la lune sur l'eau. Impossible dès lors de le repérer et de l'attaquer : il est devenu invisible. Pour produire sa lumière, le calamar a besoin de l'aide d'une bactérie appropriée : Vibrio fischeri, Les vibrions, comme leur nom l'indique, « vibrionnent », affectant la forme d'une virgule. Les jeunes calamars viennent au monde sans leurs vibrions symbiotiques. des processus d'attraction chimique attirent les vibrions vers le calamar qui leur réserve un organe ad hoc. Les vibrions se dirigent vers cet organe spécialisé, s'y introduisent, perdent leur flagelle, s'immobilisent, réduisent leur taille et commencent à émettre une lumière qui se confond avec l'éclat de la lune. Voilà le calamar camouflé et les vibrions à l'abri à l'intérieur d'un hôte qui leur assure protection et nourriture.
Jean-Marie Pelt montre que, dans la nature, la loi du plus fort n’est pas la règle dominante.
À travers de nombreux exemples tirés de la biologie et de l’écologie, il explique que la coopération, la solidarité et l’équilibre sont souvent plus efficaces que la compétition pure.
En dernière partie, il parle de l'homme et compare un "fort" l'éblouissant Napoléon qui voulut conquérir l'Europe par la force mais au final échoua et un "faible" le mal connu Robert Schuman à l'origine de la construction européenne par son discours historique du 9 mai 1950.
Mais le monde ne reconnaît pas que la force morale. Il aime les héros, auraient-ils couché des millions de morts sur les champs de bataille. En France, Napoléon est de ceux-là tandis que le discret Robert Schuman n'occupe qu'un très humble strapontin dans la considération de nos concitoyens...
Voilà ! J'avais à cour de parler de ce livre avec vous mais je ne vous en tartine pas davantage !
À + !
ADDENDUM.
Suite aux commentaires avisés concernant la justesse du texte inscrit sur la pancarte, je rajoute cette correction. Ce texte, je l'ai cherché dans le livre (numérique) de J-M Pelt sans le trouver, et ça me tracasser un peu J'ai donc cherché sa provenance sur le net et j'ai trouvé. Il s'agit d'une "adaptation" très approximative de la quatrième de couverture:
Alors que l'on s'apprête à célébrer en 2009 le cent cinquantième anniversaire de la théorie de l'évolution fondée par Darwin dans L'Origine des espèces, ce nouvel essai de Jean-Marie Pelt s'emploie à récuser la fameuse " loi de la jungle " qui, dans une nature réputée " cruelle ", serait le seul moteur de l'évolution. Il montre qu'il existe une raison du plus faible : tout au long de l'histoire de la vie sur terre, des premières bactéries jusqu'à l'homme, là où les plus gros et les plus forts n'ont pas su résister aux grands cataclysmes et aux changements climatiques, ce sont souvent les créatures les plus humbles qui ont survécu. C'est aussi parmi les plus faibles que sont nées les plus belles histoires de solidarité, par la symbiose. C'est enfin chez les plus vulnérables que l'ingéniosité adaptative a développé ses plus belles inventions. Notre société humaine, livrée à un esprit de compétition exacerbé, où les " tueurs " de la guerre économique sont venus renforcer les rangs des guerriers dans la lutte pour le " toujours plus ", est promise aux mêmes cataclysmes, financiers ou nucléaires, si elle n'entend pas cette leçon de la nature qui fait de l'égoïsme la maladie mortelle des plus forts et de la solidarité la force indéfectible des faibles. Dans cet ouvrage fourmillant d'anecdotes puisées au cœur du monde végétal et animal, Jean-Marie Pelt s'en donne à cœur joie pour nous raconter l'extraordinaire énergie des petits, réputés faibles...
Plus de cent cinquante ans après la publication du célèbre ouvrage de Darwin, De l'origine
des espèces, Jean-Marie Pelt s'emploie à récuser la fameuse « loi de la jungle » qui, dans une nature réputée « cruelle », serait le seul moteur de l'évolution. Il existe bien une raison du plus faible: tout au long de l'histoire de la vie sur Terre, des premières bactéries jusqu'à l'homme, là où les plus gros n'ont pas su résister aux cataclysmes et aux changements climatiques, ce sont souvent les créatures les plus humbles qui ont survécu. Notre société humaine, dans laquelle règne un esprit de compétition exacerbé, court à la catastrophe si elle n'entend pas cette leçon de la nature qui fait de l'égoïsme la maladie mortelle des puissants et de la solidarité la force des faibles. Un ouvrage fourmillant d'anecdotes puisées au cœur du monde végétal et animal.
Ils en ont parlé à l'assemblée, le coté gauche en a rêvé, le coté droite l'a combattue, le centre l'a boudée, les lobbying sont puissants, les autres se sont positionné pour appuyer ou contrer les uns. Bref la taxe Zucman n'est pas passée pas même la version allégée.
En parlant avec les uns et les autres, je me suis rendu compte que je (que nous) parlions de choses sans vraiment les comprendre; Zucman ? Et si la recette était bonne ? J'ai voulu en savoir plus et j'ai décortiqué un peu son petit fascicule, si court (une trentaine de pages !) que je ne sais pas en fait si cela en valait la peine pour vous. Pour moi oui. Alors je partage ce que j'ai pioché.
J'ai pris l'essentiel (à mon opinion) de chaque chapitre.
Dissiper l’opacité : un projet de recherche international
Les chiffres qui suivent prélevés dans le 1er chapitre, sont issus d 'études de chercheurs dont les qualifications ne permettent à mon avis aucune contestation.
"la puissance publique prélève entre 30 % et 50 % du revenu national en impôts et cotisations sociales."
"Sur les 2 440 milliards d’euros de revenu national en 2024, la puissance publique a prélevé 1 250 milliards d’euros en cotisations sociales, taxe sur la valeur ajoutée (TVA), impôt sur le revenu et sur les sociétés, taxe foncière, et autres impôts divers et variés. Soit un taux de prélèvement obligatoire de 51 %"
"Qu’on en juge : si tous nos milliardaires partaient demain s’installer aux îles Caïmans, la perte de recettes fiscales pour le Trésor public hexagonal serait infime, de l’ordre de 0,03 %."
Le taux de prélèvement obligatoire du Français moyen : 51 %
Sur les 2 440 milliards d’euros de revenu national en 2024, la puissance publique a prélevé 1 250 milliards d’euros en cotisations sociales, taxe sur la valeur ajoutée (TVA), impôt sur le revenu et sur les sociétés, taxe foncière, et autres impôts divers et variés. Soit un taux de prélèvement obligatoire de 51 %
(Revenu national = l’ensemble des revenus touchés par les personnes résidant en France, quelle que soit leur nature : salaires, intérêts, loyers, revenus d’indépendants et bénéfices d’entreprises, que ces derniers soient distribués ou réinvestis)
Toutes les catégories sociales paient beaucoup d’impôts
" l’Insee publie en effet depuis 2019 une estimation officielle du taux de prélèvement obligatoire des différents groupes de revenus (à l’exclusion des ultra-riches)"
D'où Zucman nous annonce une répartition en trois catégories de classes,
Classes populaires taux de prélèvement 45% Classes moyennes taux de prélèvement 50 % Classes aisées taux de prélèvement qui dépasse les 50 %
nous prévenant bien que ce sont des taux moyens : " Tout le monde ne paie pas 45 % d’impôt au sein des classes populaires, par exemple."
Il entame ensuite une correction de ces taux par le fait que chaque classe perçoit des aides, les populaires en premier : " allocations logement, revenu de solidarité active, allocations familiales, prime d’activité, etc"
D'où un nouvel ajustement où les Classes populaires ont un taux de prélèvement tombant à 30 % , celui des Classes moyennes à 46 %.
Constat : "toutes les grandes catégories sociales paient beaucoup d’impôts en France."
Mais là il ne parle pas du taux des ultrariches qui est le sujet du prochain chapitre :
Le taux effectif des milliardaires en France : 13 %
Dans ce petit chapitre, Zucman nous explique le chemin pour arriver à ce taux de 13 %. L'INSEE ne donnant les chiffres que pour les autres classes, les calculs ont été faits par des chercheurs universitaires "Car des économistes ont pris le relais là où la statistique publique s’arrête, au prix d’un travail titanesque. En France, ce sont quatre chercheurs de l’Institut des politiques publiques (IPP).."
La conclusion est que le taux de prélèvement obligatoire des milliardaires est de 25 % mais comme ce sont des sociétés internationalisées, ceux-ci paient une partie (12 %) à l'étranger; il reste donc un taux de 13% pour la France.
L’impôt sur le revenu : une révolution inachevée
Là, Zucman nous explique pourquoi les milliardaires échappent à l'impôt.
Pour faire simple, j'ai comprimé le paragraphe au maximum:
- les milliardaires français se sont acquittés de 2 % à peine de leurs revenus et de l’ordre de 0,1 % de leurs patrimoines ce qui représente 0,03 % des recettes fiscales de la France.
- Les milliardaires tirent leurs richesses des sociétés qu’ils possèdent. Les actions de ces entreprises constituent plus de 90 % de leur fortune et leurs bénéfices plus de 90 % de leur revenu.
- Pour échapper à l'impôt, ces revenus sont déposés dans des holdings où ils seront, calculs faits, imposés à 1,25 %.
L'exemple est très parlant:
"Concrètement, un magnat de l’industrie du luxe peut recevoir 3 milliards d’euros de dividendes en quasi-franchise d’impôt. Là où l’actionnaire lambda devra s’acquitter d’un impôt forfaitaire (« flat tax ») de 30 %, le milliardaire paiera 1,25 %."
Il conclut ainsi:
Plus d’un siècle après sa création...l’impôt sur le revenu demeure une révolution inachevée : les milliardaires n’y sont pas encore entrés.
Une injustice fondamentale
Ce chapitre est difficile à résumer, tout y est important et je ne suis pas très heureux de faire un choix.
"Pourquoi est-ce un problème ? Dit simplement, parce qu’il s’agit là d’une violation fondamentale du principe d’égalité devant l’impôt, qui se trouve depuis la Révolution française au cœur de notre contrat social. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 pose en effet le principe de l’égalité devant les charges publiques dans son article 13."
Evolution de la fortune des ultrariches:
En 1996 : 6 % du PIB
En 2010 : 12 %
En 2024 : 42 % !!!!
42 % qui s'ils étaient imposés rapporterait env. 0,8 % du PIB soit env. 20 milliards: à vous de juger.
Il pose une question qui interpelle :
"Quand faudra-t-il que cette dynamique explosive cesse avant qu’elle ne finisse par miner définitivement nos idéaux démocratiques ? Quand la fortune des ultra-riches aura dépassé 50 % du PIB ? 100 % ? 200 % ? Quand ces derniers posséderont non pas 80 % des médias privés mais les détiendront tous ? Ou bien faudra-t-il attendre qu’ils acquièrent également ceux qui aujourd’hui appartiennent encore à la sphère publique ? Qu’ils possèdent non seulement des rues entières de Paris, mais encore des quartiers ou peut-être demain des arrondissements tout entiers ?"
Après passés deux chapitres dont le titre résume bien le contenu:
Oui, les milliardaires sont bel et bien sous-imposés
Le monde, un paradis fiscal pour milliardaires
On en vient à la proposition de Zucman :
L’impôt plancher : l’outil le plus puissant pour faire payer les milliardaires
Le principe : Pour une personne immensément fortunée, l’imposition personnelle ne devrait pas pouvoir tomber en dessous d’un plancher incompressible.
La proposition : Une imposition personnelle minimum fixée à 2 % du patrimoine, et que les « personnes immensément fortunées » soient définies comme celles dont la richesse s’élève à 100 millions de dollars ou plus.
"J’estimais qu’une telle mesure pourrait rapporter entre 300 et 380 milliards de dollars chaque année à l’échelle planétaire – 67 milliards d’euros au niveau européen, d’après les calculs réalisés avec mes collègues de l’Observatoire européen de la fiscalité".
Si cette proposition avait été adoptée elle aurait pu générer env. 20 milliards d’euros par an. Mais pourquoi ce seuil de 100 millions pour cette imposition ? Zucman l'explique plus loin:
" Les contribuables dont la fortune approche les 100 millions tendent à s’acquitter déjà de montants significatifs d’impôt sur le revenu ; ils seraient ainsi relativement peu concernés par le dispositif que je propose, ce qui permet de limiter les effets de seuil. Plus de 80 % des recettes de l’impôt plancher proviendraient des milliardaires – là où la richesse se concentre et les revenus s’évanouissent."
Un mécanisme efficace
Se fondant sur le patrimoine et non sur le revenu, l’impôt plancher sur les ultra-riches, permet de contourner "les formes possibles d’optimisation fiscale, qu’elles passent par des holdings, des trusts, des sociétés écran ou des conglomérats eux-mêmes."
Ecueil à surmonter :l’exil fiscal.
Zucman propose ceci, à l'instar des USA, dont les ressortissants paient leurs impôts quelque soit le pays où ils vivent :
"les contribuables (exilés) concernés par l’impôt plancher continueraient à y être soumis pendant 5 ans après un départ, seuil que l’on pourrait porter à 10 ans. On pourrait également imaginer que l’impôt s’efface progressivement au cours du temps : une personne ayant vécu 50 ans en France continuerait à y payer une fraction…"
Pas con. (oh pardon !)
Faire entrer les milliardaires dans la solidarité nationale.
Dernier chapitre. dont je ne reprendrais que quelques mots.
"L’impôt plancher constituerait bien sûr une petite innovation dans l’organisation de la solidarité nationale, et on peut comprendre que les personnes concernées s’y opposent avec toutes les armes à leur disposition. La création de l’impôt sur le revenu, elle aussi, suscita en son temps l’ire des grandes fortunes, et Joseph Caillaux, qui n’avait rien d’un révolutionnaire, fit face à des attaques d’une violence inouïe….Pierre angulaire de la fiscalité moderne, il contribua au développement de l’État social, le moteur de la croissance économique contemporaine. En dépit de ses lacunes, personne aujourd’hui ou presque ne le remet en cause. Comme son illustre prédécesseur qu’il ne fait que parachever, l’impôt plancher sur les ultra-riches finira lui aussi par s’imposer pour ce qu’il est : une évidence."
Et puis même s'ils partaient ? tous ? ils ne représentent actuellement que 0,03 % des recettes fiscales de la France. S' ils se dégageaient de leurs investissements en France ? Les actions, obligations, par exemple, qu'ils vendraient seraient de toutes façon acquises par d'autres acheteurs et selon la "mécanique" proposée par l'auteur, il n'y aurait pas d'incidence sur les entreprises concernées.
La taxe Zucman a été débattue, acceptée à l'assemblée, puis refusée au sénat, écartée sous le gouvernement Bayrou,plus récemment reproposée pour finir par être remplacée par une transformation de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) en impôt sur la fortune improductive sans qu'il y ait une étude sérieuse sur son efficacité, certains parlant même d'un rendement inférieur à l'IFI actuel ! Et qui de plus, ne cible plus les ultrariches mais passe de quelques 1800 personnes contribuables (dont la fortune est sup à 100 millions) à 180 000.
Comme toujours l'écriture en italique et de cette couleur indique la retranscription d'un cartel, d'une explication donnée près de l'œuvre ou bien d'un extrait de livre d'un auteur mais certainement pas de moi.
Scrutant le pc par dessus mon épaule, (aimanté à tout ce qui est écran comme tous ceux de son âge), mon petit-fils (12 ans) m'interroge : Qu'est-ce que tu fais Papi ?
Lui ayant expliqué succinctement ce qu'est un blog, (patient, il écoute mais il connait déjà...) je lui propose d'écrire un article à quatre mains. Le thème choisi est le manga japonais Spy x Family, j'avoue que je suis très intéressé par celui-ci car il me plait beaucoup. Oui. Je suis resté un peu minot.
Dans Spy x Family qu'y a t-il ? De la bagarre, il en faut mais très peu sanglante, moins de violence que dans Naruto ou Boruto.
Tatsuya Endō, l'auteur, est un mangaka japonais reconnu, déjà deux de ses mangas ont été adaptés en France: Tista et The Moon Sword
Spy x Family s'adresse à des jeunes à partir de 11, 12 ans, les dessins de Tatsuya Endô sont particulièrement soignés, les personnages attachants, beaucoup d'humour dans cette intrigue d’espionnage familiale.
Une histoire captivante.
Il y a un but clair et précis (et non une vague aspiration comme dans One Piece à devenir le roi des pirates, enfin ça c'est mon opinion de vieux ...)
Et l'histoire évolue par étapes.
Et très humaine, ok on se bat, mais pas trop de combats, un scénario assez assez proche de nous. Beaucoup plus proche que peut l'être One Piece par exemple
.
- Charly, à toi. Que raconte ce manga ?
- Spy x Family explique l'histoire d'un espion du nom de Loid Forger (nom de code Twilight) dans un monde divisé en deux pays rivaux :
Ostania et Westalis
- On comprend tout de suite que Ostania est inspiré de l’Allemagne de l’Est pendant la guerre froide tandis que Westalis elle est inspirée de l’Allemagne de l’Ouest. Twilight travaille de quel coté ?
- Pour les Services Secrets de Westalis qui sont dirigés par une personne du nom de Wise. Les deux nations sont en conflit constant, et les services secrets de chaque côté mènent des opérations d’espionnage.
- Super intéressant et ça commence comment cette histoire ?
- Un jour dans un train Twilight reçoit une mission : surveiller Donovan Desmond, un chef politique influent, en s'infiltrant dans une école prestigieuse, l'Eden Academy, afin d'empêcher une crise politique. Il a une semaine pour crée une famille ce qui est une couverture obligatoire pour entrer dans cette prestigieuse école.
Donovan Desmond complote un projet contre la nation.
- Ok super et cette famille, elle se compose de qui ?
- Il y a Loid Forger (alias Twilight) : Un espion de Westalis, connu pour ses missions secrètes. Sa couverture et médecin et père de famille .
Il y a sa fausse épouse Yor Forger (alias Princesse Ibara) : Une tueuse à gages redoutable, qui cherche à mener une vie normale en consolidant sa couverture qui est secrétaire de mairie.
Et le meilleur pour la fin Anya Forger : leur petite fille ( adoptée ) télépathe, issue d’un laboratoire secret. Elle peut lire dans les pensées des gens, mais garde ce pouvoir secret. Elle est la seule à connaitre les vraies fonctions de ses parents.
- Par la suite un nouveau membre de cette fausse famille sera introduit mais ça je vous laisse le découvrir.
- Ce manga est très intéressant ! Il y a de l'humour, de l'action, la coexistence des missions secrètes et des relations familiales amènent du suspense. On ne se lasse pas. Je te laisse le mot de la fin Charly.
- Si ce résumé vous a plu n'hésitez pas à le lire ce manga, 14 tomes sont sortis et 15 au japon Merci d'avoir lu ce blog dites vos avis dans les commentaires et comment m'améliorer. Merci à la prochaine. Signé Charly.
"Si une ville trépide, fulmine, présente chaque matin un nouveau visage, programme sans cesse des activités culturelles, si tour à tour elle se barricade puis se rend, puis reprend l'étendard de la révolte , vous n'échapperez pas à la surcharge d'évènements et vous y prendrez goût. Vous oublierez le temps délicieux où rien ne se passait, sinon une durée pure - pure parce que rien ne la troublait. Vous méconnaitrez peu à peu ce que veut dire pureté, poésie pure (à la limite du silence), politique pure (à la limite de l'impouvoir) …
Perdant la retenue qui faisait votre charme, quand des jeunes gens en colère défileront, quand des foules se porteront vers une salle de cinéma ou un musée, quand des foules se porteront vers un stade, vous leur crierez :
"Attendez moi, je suis des vôtres. Je veux brailler avec vous. Je veux piétiner avec vous les parquets d'un musée" Ils vous entendront.
Sur le coup de 3 heures du matin, épuisé et ravi, vous aurez la faiblesse de prononcer "c'est dingue" car vous aurez rejoint la foule innombrable des mal-disants et vous vous sentirez bien au chaud au milieu de phrases convenues en ajoutant des "quelque part", des "revisiter"... *
Alors il est temps de faire une pause. J'éteins les écrans. On se reparle fin Août ?
Parmi les polars, j'apprécie pleinement ceux dit "d'espionnage", c'est un plaisir d'enfant qui persiste en moi certainement : le rêve d'être un espion ! Je me régale trop.
Et si par la suite, la découverte de John Le Carré a entretenu le feu, celui-ci brûlotait chichement.
Ainsi lorsque ma fille m'a offert les deux premiers romans de Mick Herron, à peine ai-je compris de quoi il retournait que déjà je jubilait :)
Je n'écris pas de chroniques de littérature, ce qu'il y a de plus chronique chez moi étant ma lenteur, bien sûr, vous trouverez bien quelques bouts de textes d'auteurs maigrement disséminés dans le blog mais pas plus.
Sauf quand une lecture me régale vraiment. Alors je me surprend à vouloir faire partager mon euphorie au plus grand nombre, m'imaginant certainement que les amateurs de ce genre de romans, ignorants totalement l'existence de Mick Herron et de ses récits d'espionnage, dont, maintenant planant sur mon euphorie devenue béatitude, je regarde comme de saintes évangiles au pays des agents secrets, ont besoin de mon anagogie pour enfin connaître ce divin auteur.
Mick Herron est anglais. Si l'on regarde son wiki, on voit que ses livres ne sont pas très nombreux mais de qualité : les nominations à des prix littéraires sont aussi nombreuses. Mais hélas, seulement quatre sont traduits en français.
Alors bien sûr, vous pouvez passer la case lecture et aller directement à la case Série car oui il y a la série tirée de ces romans et qui cartonne, assez réussie d'après ma fille.
Voici les livres en question:
La Maison Des Tocards. Le premier à lire impérativement avant les deux autres. La Maison Des Tocards , c'est un peu la poubelle des services secrets britanniques, mais une poubelle qu'on ne veut pas vider, on garde les déchets: des agents qui ont merdouillé, qu'on ne peut donc plus leur confier des vraies missions de renseignement et qu'on ne veut pas forcément jeter dans la nature. Jackson Lamb en est le chef et franchement, il est à la hauteur de sa tâche et je dirais même de ses taches...vous comprendrez pourquoi si vous ouvrez le livre. Trois choses écrites avec brio: le scénario, l'action et l'humour.
Dans ce premier tome, l'accent est mis sur un de ces agents placardisés River Cartwright, dernier arrivé qui doit comme les autres se plier à n'effectuer que du travail administratif répétitif, sauf que. Et oui ! Sauf qu' une vidéo diffusée sur Internet montre un otage menacé d'exécution et pensant à se racheter, River Cartwright décide, à l'aide de ses compagnons d'infortune, de sauver cet homme.
Avec mes quelques neurones, j'avoue ne pas avoir retenu tous les noms des tocards de suite, j'ai du mal avec ces noms anglais: j'ai dû me faire une petite liste mais à part ça, j'ai dévoré ce premier tome à pleines dents !
Les Lions Sont Morts (Prix Gold Dagger de la Crime Writers’ Association, élu polar de l’année 2013 par le Times). Sur ce deuxième tome, on gagne du temps: les personnages nous ont déjà été présentés. La mort de Dickie Bowe, ancien espion à l'époque de la guerre froide dans un bus de Londres, ne semble pas naturelle à Jackson Lamb qui connaissait bien Dickie, ils étaient en poste en Allemagne de l’Est au même moment. Lamb mène sa propre enquête et récupère son portable qui lui révèle une magouille d'agents russes sur le point d'être mise en œuvre...Les Tocards relégués à des tâches de bureau sautent à pieds joints sur une mission qui s'avère bien délicate.
Tellement emballé par, primo, le fait que ce bouquin eut un prix et que deuxio, j'étais tellement emballé par le premier tome que le démarrage m'a paru un peu long mais la suite ne m'a pas déçue. Là comme dans La Maison Des Tocards, l'enquête est bien ficelée, l'humour plus ou moins fin de chaque personnage m'a bien plu. Et également de l'action, du suspense; un régal.
Et le troisième:
Mission Tigre. Les deux premiers romans m'ayant donné faim, j'ai attaqué Opération Tigre sans attacher ma serviette autour du cou, tant pis. Et j'ai bien fait: je n'en ai fait qu'une bouchée. Le chapitre 1 débute ainsi: Comme souvent en cas de corruption, l'histoire commença avec des mecs en costume. Une des agents du Placard est enlevée et séquestrée. On doit la libérer contre une drôle de rançon. Les caractères de chaque personnage sont bien affirmés, pas un d'entre eux ne nous est indifférent, alors quand on en perd un... (ou pas ?)
Ayant lu ce troisième tome comme on mange son dessert préféré, et bien, à la fin, j'ai la même sensation de manque: déjà fini ! il était trop petit ! Attention ! Mick Herron est addictif.
Voilà c'est tout.
Il y a bien un quatrième polar toujours dans la même veine avec le MI5 comme cadre et les même dirigeants, mais la section des Tocards n'est pas de la partie. Plus noir que les trois précédents, très peu d'humour, c'est quand même un très bon roman policier: Agent Hostile.
Sinon, pour les non-lisants, il y a la série : Slow Horses. Mais c'est dommage.
Il secondo giorno, le programme établi était la visite de la Villa Carlotta puis celle de Monastero à Varenne.
Nous commençons par la Villa Carlotta située pas très loin de notre hôtel, à Tremezzo, si vous avez suivi un peu la géographie des lieux sur "il primo giorno", là, vous savez déjà que les villages deLennoetTremezzo sont voisins.
Bref tout ça pour dire qu'on allait profiter d'une petite promenade en bateau et ça j'aime bien. Nous embarquons au Quai "Campo". Passée la Villa La Cassinella, on aperçoit la Villa Balbaniello au bout du cap.
La voici de l'autre coté.
Mezzegra dépassé, nous arrivons déjà à Tremezzo avec sa très reconnaissable église de San Lorenzo.
Puis le Grand Hôtel de Tremezzo
Et c'est juste après que nous descendons, au quai "Villa Carlotti, bien avant Grianta.
Ah ! Grianta ! Nous aurions bien poussé jusqu'au château de Grianta, dont mon auteur préféré - pour ces voyages en Italie - nous a si joliment décrit dans sa "Chartreuse de Parme". Nous sommes au début du livre lorsque le marquis Del Dongo regagne son château de Grianta.
"Ce château, situé dans une position peut-être unique au monde, sur un plateau à cent cinquante pieds au-dessus de ce lac sublime dont il domine une grande partie, avait été une place forte. La famille del Dongo le fit construire au quinzième siècle, comme le témoignaient de toutes parts les marbres chargés de ses armes ; on y voyait encore des ponts-levis et des fossés profonds, à la vérité privés d'eau; mais avec ces murs de quatre-vingt pieds de haut et de six pieds d'épaisseur, ce château était à l'abri d'un coup de main;...
Cette belle description ne pouvait que nous inciter à le visiter. Et puis il y a aussi la belle comtesse Pietranera qui nous en remet une couche un peu plus loin, veuve et ruinée, elle est conviée par son frère le marquis Del Dongo de séjourner au château:
La Villa Melzi vue de la Villa Carlotta.
"Je ne sais si elle se trompait, mais ce qu'il y a de sûr c'est que cette âme passionnée, qui venait de refuser si lestement l'offre de deux immenses fortunes, apporta le bonheur au château de Grianta. Ses deux nièces étaient folles de joie. Tu m'as rendu les beaux jours de la jeunesse, lui disait la marquise en l'embrassant; la veille de ton arrivée, j'avais cent ans. La comtesse se mit à revoir, avec Fabrice, tous ces lieux enchanteurs voisins de Grianta, et si célébrés par les voyageurs : la villa Melzi de l'autre côté du lac, vis-à-vis le château, et qui lui sert de point de vue; au-dessus le bois sacré des Sfondrata, et le hardi promontoire qui sépare les deux branches du lac, celle de Côme, si voluptueuse, et celle qui court vers Lecco, pleine de sévérité: aspects sublimes et gracieux, que le site le plus renommé du monde, la baie de Naples, égale, mais ne surpasse point."
Bien que la prose captivante de Stendhal nous donne une irrésistible envie de visiter ce château dit cinq fois centenaire, et que la comtesse atteste de la beauté des paysages qui l'entourent, il est malheureusement avéré que ce château n'a jamais existé.
Bon.
Ceci dit.
Oublions le Château des Del Dongo et
Revenons à notre Villa Carlotta !
Avant l'entrée, un panneau nous explique bien des choses que je n'aurais pas à rechercher dans google, vous n'êtes pas obligés de le lire, sauf si l'Histoire vous démange un peu.
Notes historiques. La villa fut construite à la fin du XVIIe siècle par le marquis Giorgio Clerici II et, comme l'illustrent les gravures de Marcantonio Dal Re, elle était alors entourée d'un grand jardin à l'italienne agrémenté de statues, de fontaines et de terrasses descendant vers le lac. La propriété fut vendue en 1801 à Gian Battista Sommariva, président du Comité de gouvernement de la République cisalpine et collectionneur d'art. Ce dernier lui remit un aspect nouveau en retirant le mobilier et les décorations du XVIIIe siècle pour y placer une partie de sa précieuse collection d'œuvres d'art. Ces chefs-d'œuvre rendirent la villa célèbre dans toute l'Europe et attirèrent des visiteurs illustres tels que Stendhal, Flaubert et Lady Morgan. En 1843, la propriété fut achetée par la princesse Marianne de Nassau et, en 1847, offerte à sa fille Carlotta, à qui l'on doit le nom actuel de la villa, à l'occasion de son mariage avec le grand-duc Georges de Saxe-Meiningen. Les nouveaux propriétaires ajoutèrent des décorations aux motifs néo-Renaissance et pompéiens, réalisées par des artistes allemands et italiens, dont Ludovico Pogliaghi, et embellirent le jardin en y introduisant de nouvelles espèces telles que des rhododendrons, des azalées, des camélias, des fougères et des palmiers. Depuis 1927, la propriété appartient à l'État italien et est gérée par une association à but non lucratif.
Description
La villa se compose d'un bâtiment de trois étages en plan en « C » avec une façade marquée par de simples pilastres. Dans la partie centrale, deux fenêtres centrales soulignent l'entrée principale et le rez-de-chaussée. Le jardin à l'italienne devant la villa a conservé son plan d'origine et possède une balustrade en pierre ornée de figures allégoriques et une fontaine avec une statue d'Arion de Méthymne.
Les salles du rez-de-chaussée, décorées dans un style néoclassique, sont consacrées à l'exposition de la collection d'art. Dans le hall central, un bas-relief représentant l'Entrée d'Alexandre le Grand à Babylone, œuvre du sculpteur danois Bertel Thorvaldsen, est exposé. D'autres œuvres sont également exposées au rez-de-chaussée : la statue de Terpsichore d'Antonio Canova, le Palamède du même Canova, le célèbre groupe d'Éros et Psyché d'Adamo Tadolini, le tableau de Virgile lisant le sixième chant de l'Énéide du peintre français Jean-Baptiste Wicar et les Derniers adieux de Roméo et Juliette de Francesco Hayez. Les salles du premier étage conservent un mobilier ancien et des plafonds en bois décorés du XVIIIe siècle. Autour de la villa s'étend un grand parc réputé pour ses extraordinaires rhododendrons et azalées à floraison printanière. Ses collections botaniques et ses paysages font du jardin une destination incontournable tout au long de l'année.
Vous avez tout lu ? Bravo ! Vous n'avez rien lu ? Pas grave, de toute façon je vais vous en toucher quelques mots avec ces photos ci-dessous.
C'est le marquis George II Clerici, en 1795 qui fit construire la villa,
celle-ci s'appelle tout naturellement Villa Clerici, puis change de famille en 1801, achetée par Gian Battista Sommariva, homme politique et ami proche de Napoléon Bonaparte qui en fera (Sommariva pas Bonaparte) un véritable écrin pour une collection d'art.
La marquise et son époux pris devant leur Villa Clerici mais voulant restés anonymes.
Lorsqu'on a payé le billet à l'accueil, nous arrivons directement dans les jardins devant la villa.
Ce sont des jardins dits à l'italienne signifiant des allées bien droites, des haies et des topiaires bien taillées, dessins symétriques, et des fontaines, bassins, jets d’eau, souvent ornés de sculptures.
Ce jardin c'est celui le plus conforme à celui de l'époque de la conception.
La foule s'y prend en photo de tous les côtés, dans l'indifférence totale des tortues aquatiques, nous en profitons pour s'échapper plus loin: vers le jardin botanique.
Ce second jardin que je préfère de loin à celui évoqué supra, est un jardin dit à l'anglaise par son aspect sauvage et abondant : il présente une végétation diversifiée, plus de 150 variétés d'azalées, camélias, rhododendrons, cèdres et séquoias centenaires, palmiers et autres essences exotiques.
La Villa Clerici est rachetée en 1847 par la princesse Marianne d'Orange-Nassau, épouse du prince Albert de Prusse, qui l'offre à sa fille Charlotte en cadeau de mariage lors de son union avec Georges II, duc de Saxe-Meiningen. La villa a alors été rebaptisée Villa Carlotta en son honneur.
Hélas, Charlotte n'a pu profiter de la villa que quelques années, car elle est décédée en 1855 à l'âge de 23 ans. Et c'est son époux le duc Georges II, passionné de botanique, et son fils Bernard III qui ont développé et enrichi le jardin.
Bon c'est pas tout ça mais il faut quand même voir l'intérieur.
Comme je vous le disais plus haut, c'est Gian Battista Sommariva qui en fit un musée.
Dès l'entrée, on apprécie la grandeur des pièces, par effet d'espace les statues exposées (une ou deux par pièce) sont à l'aise malgré leur grande taille, et ne font pas collection "en série" comme on peut le constater au Louvre par exemple où elles sont très proches et alignées.
La salle de marbre présente une frise de marbre de Thorvaldsen représentant l’entrée triomphale d’Alexandre le Grand dans Babylone. Je n'ai pas pris de photo, la vastitude de la pièce rendant dérisoire la vue que je pourrais vous donner, mais voici ici un bel aperçu (clic).
Les salles autour montrent d'autres chefs d'œuvres. Voici "Amour et Psyché". Réplique de la sculpture commandée à Antonio Canova par le prince russe Youssoupoff, l'original est au Musée de l’Ermitage de Saint Pétersbourg, il en existe aussi une réplique + petite au Louvre.
"Un conte de fées toujours d'actualité
Le mythe d'Amour et Psyché, raconté par Apulée dans les Métamorphoses, veut que les deux amants soient contrariés dans la réalisation de leur bonheur par Vénus, la mère jalouse d'Amour. Prête à tout pour retrouver son bien-aimé, Psyché est confrontée à une série d'épreuves, dont la dernière la mène aux enfers à la recherche d'un vase dont le contenu maléfique la conduit à la mort ; puis intervient Amour qui, avec un baiser, la ramène à la vie."
« Cependant la blessure de Cupidon s’était cicatrisée. La force lui était revenue, et avec elle l’impatience de revoir sa Psyché. Il s’échappe à travers l’étroite fenêtre de sa prison. Ses ailes rafraîchies et reposées le transportent en un clin d’œil près de son amante.Il la dégage avec soin du sommeil qui l’oppresse, et qu’il replace dans sa boîte. Puis, de la pointe d’une de ses flèches, il touche légèrement Psyché et la réveille »
Apulée, Métamorphoses, Livre VI
Luigi Bienaimé (1795-1878)
L'Amour abreuvant les colombes
de Vénus (Innocence) 1821-1824
Marbre de Carrare
A l'étage supérieur, l'escalier débouche sur une très belle fresque murale
Chaque pièce qui est un musée de la décoration et contient l'ameublement des propriétaires, est exposée notamment la chambre de Carlotta.
La salle des camées était très intéressante:
Salle des Camées
Les camées en plâtre exposés dans cette salle font partie d'une collection constituée à Rome vers 1820
par Giovanni Liberotti et composée de plus de quatre cents pièces. Ils reproduisent une sélection d'architectures et d'œuvres d'art célèbres, de l'Antiquité au début du XIXe siècle, exposées dans des musées et des collections privées de Rome, Florence, Milan et Paris. Placés dans des coffrets en bois facilement transportables et légendés, les camées en plâtre étaient l'un des souvenirs les plus recherchés par les voyageurs et les amateurs d'art de toute l'Europe, qui pouvaient ainsi préserver le souvenir de leur Grand Tour en Italie. En les observant attentivement, on découvre de nombreuses statues antiques conservées à Rome et plusieurs œuvres de Thorvaldsen et Canova, les deux plus grands sculpteurs de l'époque néoclassique...etc.etc.
L'ameublement du début XIXe vous connaissez. Je ne vais pas rallonger cet article avec encore des photos. Mais plutôt partager avec vous cette très belle vierge à l'enfant.
"La Vierge à l'Enfant avec saint Jean enfant
Cette peinture sur panneau de bois est une œuvre typique de dévotion privée, peut- être une tapisserie de tête de lit ou un petit autel portatif réalisé pour la demeure d'une riche famille. Le schéma à trois personnages fait référence à un type de composition inventé à Florence dans la seconde moitié du XVe siècle qui, par la suite, s'est largement répandu au centre de l'Italie. La référence la plus immédiate est Pietro Vannucci dit « Pérugin », qui comme son surnom l'indique travaillait entre Pérouse, Florence et Rome durant le XVe et le XVIe siècle. Le grand succès du peintre et de son atelier - dont l'élève le plus célèbre n'est autre que Raphaël - en fait l'un des principaux représentants de la peinture italienne de la Renaissance. Dans cette œuvre, la relation avec la peinture du « Pérugin » est évidente en raison de la physionomie unique de la Vierge, l'aspect gracieux et rond de Jésus et de saint Jean- Baptiste enfant, l'équilibre de la composition, la lumière claire et les couleurs nettes. D'autres détails confirment la proximité du « Pérugin » comme le vent qui fait bouger le ruban de la coiffure de Marie et la chevelure de saint Jean-Baptiste. À l'heure actuelle, il est impossible d'affirmer avec certitude qui en est l'auteur. Cependant, il s'agit très probablement d'un étudiant ou d'un adepte du « Pérugin » vivant dans la région des Marches au début du XVIe siècle."
Il était presque 14h00 lorsque nous sommes sortis de la villa, des chefs-d'œuvre pleins les yeux, et nous n'étions pas vraiment enclin à retourner visiter une autre villa notamment celle prévue, Monastero à Varenne, nous approchions de la saturation et puis nos estomacs ont gargouillés...
Alors nous avons décidé de partir plus tôt et de faire escale sur la riviera italienne, je voulais aussi m'arrêter en route dans quelques boutiques et supermarchés susceptibles de vendre cette variété de tisane de la marque - italienne certo ! - Pompadour, "Cacao Arancia con canapa" sfortunatamente, je ne l'ai jamais trouvé !
Fin du voyage italien.
A + !
TO THE HAPPY FEW
Comme toujours l'écriture en italique et de cette couleur indique la retranscription d'un cartel, d'une explication donnée près de l'œuvre ou bien d'un extrait de livre d'un auteur mais certainement pas de moi.