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mercredi 12 novembre 2025

LE CERVEAU SENIOR, A LA RETRAITE. ÉCRIRE A LA MAIN 3

Ecrire à la main, ça a commencé ici (clic si vous voulez tout comprendre) sinon ça se peut se résumer à ceci :

Newsweek écrit ceci : "Les scans du cerveau montrent que l'écriture engage plus de parties du cerveau que de taper. Bonus pour la stimulation cérébrale: il est plus facile de se rappeler quelque chose une fois qu'il est écrit sur un papier."

Alors donc je persiste et vous avec moi et je vous en remercie, de poursuivre ma quête et vous entrainer dans ce petit jeu. A ceux qui m'ont envoyé leur texte et à ceux qui me l'enverront par email (fan2lithium@gmail.com) j'aimerais les publier avec leur consentement, of course. Partager ses textes  c'est aussi faire découvrir à d'autres vos auteurs préférés. 

Et voici le premier, j'espère, d'une longue série !



Hé ! Il est beau ce billet, avec tous ces mots presqu'épars, jetés là, d'un mouvement, et d'un seul, sur la page blanche et qui, tiens ! comme par magie, auraient trouvé leur place, il est beau, il parait spontané ce geste écrit alors qu'il est étudié comme le mouvement poétique dont il est issu :
l'hermétisme: 
                des poèmes courts,
des mots simples mais d'une remarquable concision, 
des mots clés, chacun d'eux donnant la valeur intrinsèque à son sens.

Cette simplicité me fait penser à ces petits billets tout aussi simples que l'on laisse sur la table de la cuisine : 

"Suis au fond du jardin" 
Celui-ci sonne comme une information mais plus encore : il semble dire "viens je suis au fond du jardin, là où nous serons tranquille...

Ou bien, celui de mon épouse :

"Faire sandwichs pain jambon beurre cornichon" 
Celui-là sonne comme un rappel à la préparation d'une sortie, mais je m'interroge encore pourquoi n'y a t-il pas de S au bout de cornichon ? 
Dois-je mettre qu'un seul cornichon ?  ou  Est-ce moi... 


Deux poèmes de Giuseppe Ungaretti, poète qui m'était totalement inconnu avant ce généreux partage:
"Mattina" et "Soldati"



Mattina 

     M'illumino     
D'immenso


Soldati 

Si sta come
d'autunno
sugli alberi
le foglie


Notre honorable scribe italien nous partage ici deux émotions contradictoires. 

Matin

M'illumine
D'immense

Trois mots comme un cri. Comme une jaculation face à l'aube émergeante, spectacle de lumière après les ténèbres de la nuit. Une extase indescriptible mais pourtant concrétisée par ces trois mots, un bonheur, espoir du jour naissant où tout peut arriver.



Soldats

C'est comme
En automne
Sur les arbres
Les feuilles

Le titre, là encore fait partie du poème, sans lui on n'y comprend guère, avec lui et sa suite, on prend en pleine face l'image d'une fatalité dramatique, celle des soldats dans les tranchées attendant le moment ultime ou une bombe les anéantira, pareils à ces feuilles d'automne dans l'attente du fatal coup de vent. Inexorablement. 
A la lecture, en ma tête, se superpose l'image de ces arbres où des centaines de feuilles suspendues à celle de ces hommes, dans l'attente du coup de grâce inéluctable. Allusion poétique mais laconique à la fatalité de ces instants précaires.
En quelques mots-clés, Ungaretti m'expose toute l'inhumanité de la guerre. 

Du sentiment d'une confiance béate en l'avenir de "Mattina", notre scribe nous a opposé dans "Soldati" celui de la mélancolie du désespoir.

Un grand, très grand merci pour cet écrit ! Un simple texte tapé au pc n'aurait jamais donné cette dimension au texte.

Et par ailleurs, l'écrit fait travaillé notre cerveau !

À + !

Merci à ceux qui m'ont promis de m'envoyer une image de leur manuscrit, certains sont restés surement coincés dans le tuyau d'internet, je ne les ai pas reçu 

Mon email: fan2lithium@gmail.com

 PVI. Ungaretti, poète italien, 1888-1970, fit une partie de ses études en France puis s'engagea volontaire  en Italie lors de la première guerre mondiale, en 1914, une forte opposition à l'Autriche / Hongrie existait, perçue comme un ennemi historique.

De ces combats, Ungaretti en sera profondément marqué (comme tous ceux qui ont combattu me direz-vous). 

https://it.wikipedia.org/wiki/Giuseppe_Ungaretti

https://www.studenti.it/ungaretti.html




mercredi 5 novembre 2025

DANS LA COUR DU CHATEAU DE LA MERE DE MARCEL.

 Un dimanche d'octobre, nous sommes allés au Château de Vauclaire (clic) 
assister à une représentation de
 la troupe théâtrale "Dans la Cour des grands (clic) "

Cette compagnie développe des randonnées ou des balades théâtrales dans le si beau décor des collines de Provence. Mais pourquoi donc en Provence me direz-vous (ou pas). Té ! parce que, tout simplement elle se consacre aux œuvres de Marcel Pagnol (clic)

Nous avions déjà profité de leurs spectacles les années précédentes, difficilement car la demande est forte pour réserver et les représentations vite complètes, "La Fille Du Puisatier" était géniale à voir, et Naïs très très émouvante, au dénouement, les femmes pleuraient, les hommes n'en menaient pas large.




Mais cette fois-ci, c'était différent, ils jouaient "Le Château De Ma Mère" (clic). 

Une balade théâtrale, c'est pas compliqué, on se balade, on s'assoit: ils jouent une saynète, on se relève, on se balade dans la belle nature, passe au-dessus des canaux d'irrigations et rebelote on s'assoit et ils jouent...

Le château de Vauclaire se prête parfaitement à cette balade, forêt, canaux d'irrigations, clairières, tout y est: normal ! nous sommes en Provence





Nous sommes installé devant la belle façade du château de Vauclaire et deux comédiens nous ont "pris en mains"; Petites plaisanteries pour chauffer l'ambiance, puis incarnant Mr Jouve et Baptistin Faure, ils attendent Marcel Pagnol pour lui présenter le château qu'il a acquis sans le voir, pour en faire ses studios de cinéma.

Sur ces entrefaits, Marcel arrive et donne le top pour le début de l'histoire : "Nous sommes en 1941, Marcel Pagnol vient d'acquérir, sans l'avoir vu, un vaste domaine pour y implanter sa cité du cinéma dont il rêve depuis des années. Aujourd'hui, est le grand jour, il va enfin la découvrir en compagnie des personnels des studios Marcel Pagnol. Mais au moment de commencer la visite, Marcel reconnait ce lieu. Il entraîne alors les spectateurs et son équipe dans une déambulation dans le temps et les souvenirs. Le voyage pour 1905 commence…"

Certes, avoir lu le livre auparavant est un +, mais de fil en aiguille, de clairière en clairière, le spectateur comprend tous ces souvenirs de l'enfance de Marcel.








L'accent est mis sur le chemin fastidieux que la famille Pagnol, père, mère et ses deux fils, doivent parcourir à pied pour rejoindre la maison de campagne le weekend. 




Ils rencontrent alors Bouzigue, ancien élève de Pagnol père, instituteur, leur confie une clef qui leur facilite le trajet car elle permet un raccourci en suivant le canal de Marseille mais à travers des propriétés privées.






Ces traversées dans les jardins de somptueuses bastides et châteaux vont être la cause de rencontres pas toujours agréables.




Très peu de temps est consacré à l'amitié qui lie Marcel à son compagnon de jeu Lili passant l'été à piéger les petits oiseaux dans l'immense garrigue provençale et leur grand désappointement quand la fin des vacances approchent.

J'ai bien aimé l'histoire de la rencontre avec le méchant gardien d'un château voisin, dont la vue inquiète la femme de Pagnol, bien jouée et l'on se régale. Le gardien leur adresse un procès-verbal qui met Joseph Pagnol, le père, dans tous ses états pensant à sa carrière d'instituteur. Il terrifie également Augustine l'épouse qui s'évanouit.


Heureusement, Bouzigue viendra à la rescousse !


L'épilogue si touchant dans le livre ne m'a pas vraiment ému, peut-être une mise en scène un peu maigre, entre le récit de Marcel et le chant de sa mère qui entonne "le temps des cerises" ? Je suis loin d'être un expert cependant je dirais que ça "flotte" un peu, n'ayant pas le terme "pro" pour traduire mon sentiment.
En tout cas une belle distribution de comé-diennes et diens bien talentueux, on ne voit pas passer le temps ! 


Le Château de ma mère fait partie d'une série de romans dits "Souvenirs d'enfance" de Pagnol, il est le second aprés "La gloire de mon père" et suivi de "Le temps des secrets", puis vient "Le temps des amours".

J'ai une vieille édition, chinée je ne sais plus où,

il me manque le dernier livre, le temps des amours, impossible de le dénicher, je ne suis pas sûr qu'il existe dans cette édition.

À + !

Comme toujours l'écriture en italique et de cette couleur indique la retranscription d'un cartel, d'une explication donnée près de l'œuvre ou bien d'un extrait de livre d'un auteur mais certainement pas de moi.