Ecrire à la main, ça a commencé ici (clic si vous voulez tout comprendre) sinon ça se peut se résumer à ceci :
Newsweek écrit ceci : "Les scans du cerveau montrent que l'écriture engage plus de parties du cerveau que de taper. Bonus pour la stimulation cérébrale: il est plus facile de se rappeler quelque chose une fois qu'il est écrit sur un papier."
Alors donc je persiste et vous avec moi et je vous en remercie, de poursuivre ma quête et vous entrainer dans ce petit jeu. A ceux qui m'ont envoyé leur texte et à ceux qui me l'enverront par email (fan2lithium@gmail.com) j'aimerais les publier avec leur consentement, of course. Partager ses textes c'est aussi faire découvrir à d'autres vos auteurs préférés.
Et voici le premier, j'espère, d'une longue série !
Hé ! Il est beau ce billet, avec tous ces mots presqu'épars, jetés là, d'un mouvement, et d'un seul, sur la page blanche et qui, tiens ! comme par magie, auraient trouvé leur place, il est beau, il parait spontané ce geste écrit alors qu'il est étudié comme le mouvement poétique dont il est issu :
l'hermétisme:
des poèmes courts,
des mots simples mais d'une remarquable concision,
des mots clés, chacun d'eux donnant la valeur intrinsèque à son sens.
Cette simplicité me fait penser à ces petits billets tout aussi simples que l'on laisse sur la table de la cuisine :
"Suis au fond du jardin"
Celui-ci sonne comme une information mais plus encore : il semble dire "viens je suis au fond du jardin, là où nous serons tranquille...
Ou bien, celui de mon épouse :
"Faire sandwichs pain jambon beurre cornichon"
Celui-là sonne comme un rappel à la préparation d'une sortie, mais je m'interroge encore pourquoi n'y a t-il pas de S au bout de cornichon ?
Dois-je mettre qu'un seul cornichon ? ou Est-ce moi...
Deux poèmes de Giuseppe Ungaretti, poète qui m'était totalement inconnu avant ce généreux partage:
"Mattina" et "Soldati"
Mattina
M'illumino
D'immenso
Soldati
Si sta come
d'autunno
sugli alberi
le foglie
Notre honorable scribe italien nous partage ici deux émotions contradictoires.
Matin
M'illumine
D'immense
Trois mots comme un cri. Comme une jaculation face à l'aube émergeante, spectacle de lumière après les ténèbres de la nuit. Une extase indescriptible mais pourtant concrétisée par ces trois mots, un bonheur, espoir du jour naissant où tout peut arriver.
Soldats
C'est comme
En automne
Sur les arbres
Les feuilles
Le titre, là encore fait partie du poème, sans lui on n'y comprend guère, avec lui et sa suite, on prend en pleine face l'image d'une fatalité dramatique, celle des soldats dans les tranchées attendant le moment ultime ou une bombe les anéantira, pareils à ces feuilles d'automne dans l'attente du fatal coup de vent. Inexorablement.
A la lecture, en ma tête, se superpose l'image de ces arbres où des centaines de feuilles suspendues à celle de ces hommes, dans l'attente du coup de grâce inéluctable. Allusion poétique mais laconique à la fatalité de ces instants précaires.
En quelques mots-clés, Ungaretti m'expose toute l'inhumanité de la guerre.
Du sentiment d'une confiance béate en l'avenir de "Mattina", notre scribe nous a opposé dans "Soldati" celui de la mélancolie du désespoir.
Un grand, très grand merci pour cet écrit ! Un simple texte tapé au pc n'aurait jamais donné cette dimension au texte.
Et par ailleurs, l'écrit fait travaillé notre cerveau !
À + !
Merci à ceux qui m'ont promis de m'envoyer une image de leur manuscrit, certains sont restés surement coincés dans le tuyau d'internet, je ne les ai pas reçu
Mon email: fan2lithium@gmail.com
PVI. Ungaretti, poète italien, 1888-1970, fit une partie de ses études en France puis s'engagea volontaire en Italie lors de la première guerre mondiale, en 1914, une forte opposition à l'Autriche / Hongrie existait, perçue comme un ennemi historique.
De ces combats, Ungaretti en sera profondément marqué (comme tous ceux qui ont combattu me direz-vous).
https://it.wikipedia.org/wiki/Giuseppe_Ungaretti
https://www.studenti.it/ungaretti.html


