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mercredi 18 février 2026

LE CERVEAU SENIOR, A LA RETRAITE. ÉCRIRE A LA MAIN 9

Écrire à la main, ça a commencé ici (clic si vous voulez tout comprendre) sinon ça se peut se résumer à cela : 

Newsweek écrit ceci il y a longtemps déjà : "Les scans du cerveau montrent que l'écriture engage plus de parties du cerveau que de taper. Bonus pour la stimulation cérébrale: il est plus facile de se rappeler quelque chose une fois qu'il est écrit sur un papier." donc je persiste et vous avec moi, je vous en remercie, à poursuivre ma quête et vous entrainer dans ce petit jeu. À ceux qui m'ont envoyé leur texte et qui récidiveront comme à ceux qui vont me l'envoyer, ce sera par email (fan2lithium@gmail.com) je les publierai avec leur consentement, of course. Tout ceci restera anonyme (ou pas si vous le dites). 


 Je remercie d'abord son auteur, de s'être plié à cet exercice, j'ose espérer, non pas sous la contrainte, sinon que les moyens de coercition n'étaient pas trop cruels, ne connaissant pas très bien le caractère de la solliciteuse, mais écrit plutôt par sympathie envers une amie, merci donc pour cela et aussi pour le choix. 

Hou la la ! Mais quel beau et singulier manuscrit ! une perle ! et  le premier qui doute de mon jugement doit d’abord douter de lui-même ! (je ne sais plus qui a dit ça mais rassurez-vous ce n'est pas de moi)

Je ne sais pas si la page est jaunie par le temps ou si c'est sa couleur naturelle car nous voyons ces feuilles scolaires maintenant de toutes les couleurs; je ne pense d'ailleurs pas que c'est un devoir de classe: la prof aurait crié au scandale d'avoir écrit AVANT la marge rouge. Et si l'auteur n'est pas élève, étudiant, alors il est prof. For sure dirait l'autre enlunetté provisoire.
Le texte, oh ! mais qu'est-ce ?  Ah Mic ! Quel micmac ! (oui facile je sais) Le palimpseste d'un texte ancien en caractères cunéiformes ? Non, hiéroglyphique non plus n'est pas le mot, Illisible ? pas davantage, disons absconsément élégant ! - Beau compliment pensez-vous , mais réel ! 






Voyez  ! Même en négatif, penchez la tête, non, même pas, je le fais pour vous : on dirais un Soulages !






Mais restons positifs. Eût-il été écrit en vert, ç'eût été une prairie ! Comme celle de la Capra de Umberto Saba: bien fournie et bien grasse car notre chèvre s'en repaît.




Il est écrit en vers et j'aurais - et surement vous - consacré quelque temps à le lire précisément si je ne connaissais pas parfaitement le poème de Rimbaud.  

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,     
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :

Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.

Arthur Rimbaud . mars 1870
Sensation.

Ah Rimbaud ! Moi qui l'ai compris (enfin un peu) à 17 ans alors que lui était déjà un génie à 15, oui, je suis un attardé scolaire, insensible à la littérature, seul Prévert m'avait tapé sur l'épaule en disant Hé pas mal hein ? Mais d' Arthur c'est une baffe rimbaldienne que j'ai reçu au point de retourner, pour le lire, à la bibli du lycée ( Mr Philfff je veux bien que vous entriez mais pas de bruit n'est-ce pas ? Mon indiscipline me précédait. ) Bref on est pas là pour moi mais pour lui.

Quel choix ! Deux quatrains d'alexandrins - oui bon - Mic casse les codes il l'a partagé différemment, sachant que le premier quatrain parle du départ et le second plutôt du voyage, je trouve que la démarcation est floue et qu'il n'a pas forcément tort, non mais bon Arthur c'est Arthur ! 

Sensation. En veux-tu, en voilà. J'adore ce texte soir d'été, fraicheur du sol, vent frais, l'amour dans l'âme, le désir d'aller loin, une fuite ? une fugue ? Une errance, un bonheur sensuel. L'énumération n'est pas exhaustive.

Mais comme disait Napoléon, une vidéo YouTube vaut mieux qu'un long discours alors voici :







Merci aussi à Mic pour  les superbes créations 
de papiers découpés qui décorent mon billet ! 
À  + !



mercredi 11 février 2026

RACKETTER LE MONT VENTOUX.

 C'était décidé. Dès le Mont Ventoux enneigé nous irions racketter ses chemins et leur dérober cet état précaire d'immaculée moquette blanche par notre irrépressible plaisir à marcher dans ce blanc pur comme Sylvain Tesson (clic) - mais nous-même dans le confort, oui ! 

Bref, nous irions faire un peu de raquettes.

La neige est arrivée et a recouvert de son blanc manteau pô pô pô ! qu'est-ce que c'est ringard cette expression là, Philfff ! Fais plus simple ! La neige est bien tombée sur le sommet du mont Ventoux : c'était le moment opportun d'en profiter.

Le parking étant quasiment vide, nous ne serions pas nombreux sur ces chemins, c'était une bonne chose.

Le problème, à la montagne c'est que ça grimpe, mais pourquoi les montagnes ne sont-elles pas plates? Et au début, mon épouse devait m'attendre car je m'emberlificotais avec mes raquettes, faute de pratique, de plus, il me fallait éviter les crottes de chiens dont les maitres ne prennent pas la peine de ramasser: ça commence bien, moi qui le voulait ce beau manteau blanc (et oui j'l'ai dit quand même) me voici plutôt sur la couche de mon dernier petit-fils : rien qu'à regarder on devine le menu. Bref passons. 

Enfin plus haut, c'était plus propre. Le blanc, que le blanc. Bon oui et le vert des sapins, oui, et puis le bleu des lichens qui les habillent, oui. C'est beau c'est nature. Après pique-nique et redescente tranquilo, tranquilette, nous sommes allés voir cette petite maisonnette en bord de route parce qu'un personnage peint sur la façade nous intriguait.


"Le gradient bioclimatique du mont Ventoux

sous la plume de Jean-Henri Fabre - 1879

Une demi-journée de déplacement suivant la verticale fait passer, sous les regards, la succession des principaux types végétaux que l'on rencontrait en un long voyage du sud au nord, suivant le même méridien...

En bas, dans les haies, vous avez récolté les fleurs écarlates du grenadier, ami du ciel africain; là-haut vous récolterez un petit pavot velu qui abrite ses tiges sous une couverture de menus débris pierreux, et déploie sa large corolle jaune dans les solitudes glacées du Groenland et du Cap Nord, comme sur les pentes terminales du Ventoux.

Souvenirs entomologiques

Jean-Henri Fabre (1823-1915)

"Un grand savant qui pense en philosophe, voit en artiste, sent et s'exprime en poète" Jean Rostand"

De chaque coté de la façade, il y avait donc ce gradient bioclimatique du mont Ventoux. 

Très intéressant, nous voyons les changements de végétations selon l'altitude. Les arbres, mais pas seulement : les fleurs aussi.

Une autre photo du gradient affiché à l'intérieur, plus parlante peut-être:


A l'intérieur, nous avons des exemples de la flore.


Les fleurs du pierrier
Une délicatesse trompeuse Une détermination redoutable
Elles paraissent fragiles, perdues dans cette mer de calcaire broyé par le froid hivernal. Mais détrompez-vous, aussi belles et délicates soient-elles, elles sont d'une extrême détermination. Elles ont un unique objectif, une quasi obsession, se reproduire.


En voici quelques unes.

Campanula Alpestris / Campanule des Alpes






Saxifraga opppositifolia / Saxifrage à feuilles opposées










Euphorbia seguieriana / Euphorbe de loiseleur















Papaver alpetris / Pavot du Groenland 










Paronychia kapela / Paronyque de Provence














Myosotis alpetris / Myosotis alpestre









Kapela gallo provencialis / Ibéris  Candolle




A part la campanule, les autres sont pour moi une découverte, je n'en ai jamais vu dans la nature.

Et puis un petit texte vers la sortie m'interpelle :

Mais ça, je vous en parlerai plus tard car sinon je vais écrire un article trop long ! 

À  + !

Comme toujours l'écriture en italique et de cette couleur indique la retranscription d'un cartel, d'une explication donnée près de l'œuvre ou bien d'un extrait de livre d'un auteur mais certainement pas de moi.