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mercredi 1 avril 2026

TROIS JOURS A VIENNE (3) Hofburg vaut le détourg et Gastro viennoise (ambiguitas).

 Voilà, sortis du Palais de la Sécession hier après-midi, nous sommes allés détendre nos orteils à l'hôtel après ces quelques km viennois. Et puis sommes allés dîner autrichien.

Dîner dans un resto authentique autrichien, le Waldviertlerhof : schnitzel pour moi et goulash pour ma moitié. Je ne dirais pas que c'est bon, disons que c'est typique, mon ventre ne vous parlera pas autrichien (sauf s'il a des velléités de conter ses borborygmes) le schnitzel est un peu sec et ma moitié a passé la soirée entre les toilettes et le lit... (55 € avec une bière et une bouteille d'eau). Par contre le cadre est très typique, les serveurs également, très corrects, cependant ils doivent certainement ranger leur sourire et leur jovialité dans un tiroir avant de prendre leur service.

Ça me rappelle une villégiature près de Salzbourg chez l'habitant : à 30 ans, j'avais été terrifié par l'accueil glacial de l'hôtesse qui nous logeait ! Bref . Nous voulions du typique ? Ça vaut le détour.

La nuit passée, pas trop bien, 
QU'A CELA NE TIENNE !
A NOUS VIENNE !
Quelques petits pains et gateaux du petit dèj dans le sac et nous sommes reparti en vadrouille. 

Jour 2

Aujourd'hui nous filons direct au Palais Impérial: la Hofburg. 



En fait on pourrait plutôt parler de complexe de palais, je dirais personnellement "quartier palatial" : 2600 pièces réparties dans 18 "ailes". Rien que ça. Et puis il faut ajouter l'église, le centre équestre, etc... 

Dans tous ces bâtiments, il y a des musées, notamment les plus vus : le musée Sisi et les appartements royaux, dont je vous laisse quelques photos.

Sissi.

Le musée Sisi nous montre la vie quotidienne de l'impératrice. Tout le monde a en tête, tout au moins en France, Romy Schneider incarnant Sissi, qu'elle était belle ! qu'elle était sympathique ! Alors lorsque j'ai découvert la vraie Sisi, j'ai été déçu : Sisi était déjà moins jolie ! mais ce n'est pas grave, l'impératrice est présentée comme une personne obnubilée par son apparence, de sa beauté, de sa taille de guèpe, de ses cheveux longs d'1,70 m qu'elle faisait brosser pendant 3 heures tous les jours, loin de s'intéresser au peuple, elle fuyait toutes les cérémonies officielles parait-il. Bref pas l'aspect abordable, l'impératrice ! 

Soucieuse de sa forme physique, elle faisait du sport, musculation, ( ci-dessus, matériel de muscu dans ses appartements) mais aussi marche, équitation, etc. 

Les appartements royaux.

Les appartements sont tous, bien entendu, trés bien décorés, mais de pièces en pièces, on se lasse de regarder. D'ailleurs, je me demande comment ils pouvaient supporter ce rouge, ce blanc crème partout ! 





Loin d'être royaliste, je n'ai prêté que peu d'attention aux fonctions de chaque pièce. Par contre les tableaux immenses en jettent ! 

 L'empereur François et l'impératrice Caroline Auguste dans une calèche tirée par quatre chevaux lipizzans lors de leur sortie de la Hofburg. Peinture de Johann Peter Krafft. 1826-1830. 

Mais ce qu'il ne faut pas raté c'est la bibliothèque nationale et sa salle d'apparat. 


Photo du net

Ah ! mais je dois vous avouer qu'on a raté la visite ! Il fallait attendre. Nous avions trop faim ! 

Et sommes retourné vers l'hôtel pour trouver un bon petit resto, j'en profite pour vous montrer l'architecture caractéristique des immeubles de Vienne.


Nous avons trouvé le restaurant Haas Beisl conseillé par la charmante hôtesse d'accueil de l'hôtel, qui repartait le lendemain pour son pays natal le Portugal, on la sentait heureuse ! 
Alors, pour ne pas rester sur un mauvais souvenir, nous avons réitéré le repas qui nous avait déçu ailleurs, donc: Wiener rindsgulasch pour mon épouse et Wiener schnitzel von der kalbsschale pour moi !

Nous n'avons pas été déçus, pour le même niveau de prix que le Waldviertlerhof,  je vous recommande cette adresse !

La suite de la journée dans le prochain billet.

A + !

mercredi 25 mars 2026

TROIS JOURS A VIENNE (2) Un aprés-midi tranquille.

 Oui enfin, pas si tranquille que ça, nous avons quand même marché pas mal pour une première journée ! Aprés s'être reposés chez Aida (voir le précédent article clic). Nous avons continué notre marche vers la cathédrale Saint Etienne.

Elle est presqu'aussi blanche que Notre Dame à nous mais elle en impose avec ses toits aux tuiles vernissées: elle est superbe.

Construite au XIIéme siécle, elle a vécu une vie trépidante grâce aux incendies, aux Ottomans qui la bombardent en 1575, à Napoléon qui ne s'en prive pas non plus en 1809 et puis ça recommence en 1945. Aïe aïe aïe.



Pour l'anecdote, sachez que Wolfgang Amadeus Mozart s'y est marié avec Constance Weber en 1782.

Nous, n'étant pas invités au banquet, et vue l'heure tardive, nous avons trouvé un camion qui vendait des sandwiches aux saucisses, un food truck quoi. Bon sanwich, surprenant quand même ce pain beaucoup  plus court que la saucisse...

Ensuite visite de l'Opéra National de Vienne ! Dont vous avez déjà eu l'honneur et l'avantage de voir quelques photos dans le précédent article clic.

Et puis retour tranquille vers l'hôtel. Mais en s'arrêtant par le palais de la Sécession. 

Sur son fronton, sa devise : « Der Zeit ihre Kunst. Der Kunst ihre Freiheit » c'est à dire :: « À chaque époque son art, à chaque art sa liberté ». Mais avant d'y entrer, je dois vous préciser ce qu'est la Sécession viennoise (rassurez-vous, moi non plus je n'y connaissais rien avant de googler).

La Sécession viennoise c'est au départ "un groupe d'artistes rebelles envers la conception ancienne des arts" et devenu rapidement un courant artistique qui s'est épanoui en Autriche, plus particulièrement à Vienne, entre 1898 et 1910 et qui a marqué l'Art nouveau en peinture, sculpture, architecture et design décoratif. Elle s'apparente au Jugenstil en Allemagne. De grands artistes y ont adhéré tels que Anton Nowak, Max Lenz, Kolo Moser, Adolf Böhm, Gustav Klimt, etc (clic si vous voulez la liste)

← Photo de groupe des membres de la Sécession lors de la XIVe exposition, 1902. Photo de groupe des membres de la Sécession prise lors de la XIVe exposition, 1902. De gauche à droite, à l'arrière : Anton Nowak, Gustav Klimt, Adolf Böhm, Wilhelm List, Max Kurzweil, Leopold Stolba, Rudolf Bacher, au premier plan : Kolo Moser, Max Lenz, Ernst Stöhr, Emil Orlik, Carl Moll (Photo : Moriz Nähr, archives photographiques de la Bibliothèque nationale autrichienne)

Le bâtiment sert à des expositions temporaires mais abrite aussi d'autres permanentes, ainsi on peut admirer des œuvres ultra connues comme la Frise Beethoven de Klimt. Celui-ci créa cette frise pour la 14e exposition de la Sécession viennoise, conçue comme un hommage au compositeur Ludwig van Beethoven à l'occasion du 75e anniversaire de sa mort.

Elle représente la Neuvième Symphonie et couvre trois pans de mur d'une grande pièce blanche. Ce n'est pas une petite frise, non, les panneaux font plus de 2 m de large.

Bon.
Vous savez déjà combien je suis nul en art, mais en potassant un peu le sujet, j'ai pu saisir une explication qui me plait bien. Je ne dis pas que c'est la meilleure interprétation de la frise en rapport avec la sublime symphonie de Ludwig mais si cela vous intéresse j'ai mis des liens en bas de page. Egalement mon niveau en prise de photo n'étant pas terrible vous pourrez y trouver en même temps de meilleurs clichés.
De la juxtaposition entre les représentations klimtienne (le mot doit existé quelquepart) et les mouvements de la symphonie établie voilà la version, issue du web-journal Florilèges, que je vous propose:

Premier mouvement, panneau à gauche.
"L’aspiration au bonheur et aux désirs est représentée par des figures féminines flottant dans l’air. Elles ne touchent pas les forces hostiles qui sont au sol. Les femmes sont représentées de façon très longilignes, elles semblent apaisées et douces."

A gauche en haut, figures féminines flottantes. A droite le chavalier d'or.

Second mouvement.
"L’humanité, symbolisée par le couple à genoux et la femme derrière en prière, est représentée souffrante et suppliante. Elle implore le « chevalier d’or » en armure de s’engager dans la lutte pour le bonheur. L’homme se tient dos à l’humanité, l’épée pointée vers le sol, le regard au loin et les sourcils froncés. Il semble prêt à aider l’humanité dans cette quête du bonheur. Deux figures féminines s’inscrivent derrière lui, il s’agit de la compassion et de l’ambition."


Troisième mouvement.
"Trois belles gorgones coiffées de serpents soulignés d’or sont représentées au premier plan. Derrière elles, la maladie, la folie et la mort sont incarnées par trois autres femmes à l’allure terrifiante. La représentation de ces femmes maléfiques contraste avec les douces femmes du premier mouvement qui incarnent l’aspiration au bonheur et aux désirs. Leur père, Typhon, fils de Gaïa et de Tartare est un personnage malfaisant représenté sous la forme d’un singe. À la droite du primate, l’impudeur, la volupté et l’intempérance sont personnifiées sous les traits de trois femmes. Sur la droite de la composition, on peut voir une vieille femme nue, chétive, recroquevillée sur elle même sur un fond de serpent. Cette scène s’intitule Le souci qui ronge. "


"L’aspiration au bonheur trouve son apaisement dans la poésie, représentée dans la dernière scène de ce mouvement, forme d’art la plus importante selon Nietzsche avec la musique. Ici, elle est incarnée par la femme vêtue d’or et la musique est le thème de la frise."

Génie et Poésie

Quatrième mouvement !
" Il s’agit de l’Ode à la joie, quatrième composition de la Neuvième Symphonie de Beethoven. Le chœur est incarné par des femmes dans la frise de Klimt, alors que dans la symphonie de Beethoven ce sont des hommes qui composent le chœur. Dans l’œuvre de Klimt, le patriarcat est remplacé par le matriarcat. À droite du chœur, le chevalier enlace et embrasse une femme, on appelle cette scène Le baiser au monde entier. Le chevalier a laissé son armure d’or et se tient nu. Son dos n’est absolument pas réaliste anatomiquement. Il ondule en répondant aux rayons du soleil et aux formes du corps de la femme qu’il enlace. Il ne fait plus qu’un avec son environnement et la femme. En prenant de la distance sur cette représentation, nous pouvons également voir une forme phallique (l’homme et la femme enlacés ainsi que les rayons du soleil) qui est imbriquée dans une forme utérine (paysage à gauche et à droite des protagonistes ainsi que « les arches » vertes qui ferment l’espace). On retrouve donc l’idée d’une fusion des corps. Le chevalier n’a plus l’utilité ni le besoin de se défendre car il a trouvé le bonheur. Mission que lui avait confié l’humanité au début de la frise (premier mouvement). On peut se demander si l’homme ne trouve t-il pas une libération grâce à la femme ?"

Hymne à la joie

Le baiser au monde entier

Du palais de la récession, je ne parlerai que de la Frise. Mais il y aurait tant d'autres choses à montrer. Trop !

Après une petite pause à l'hôtel, nous sommes ressorti pour dîner, mais là vous en avez assez lu, vous saturez: on en reparlera !
A + !

Un podcast intéressant sur France musique.