Visite du Domaine du Champ de Bataille, 2.
Pour ceux qui ont raté le coche du premier billet sur ce domaine privé de Jacques Garcia et son château, peuvent le lire ici.
En attendant nous allons prendre un café là. Joli salon de thé, le mobilier est superbe.
Pendant moult décennies, le pa
rc, comme le château, fut plus ou moins entretenu notamment grâce à la noblesse d'Harcourt, et lorsque Mr Garcia les rachète, le propriétaire précédent avait créé un golf sur ces hectares. Bref, il fallait tout ou presque recréer dans cet immense parc. Grâce aussi à des plans originaux de Le Nôtre, Jacques Garcia fait renaitre les jardins à la française, grâce à un "scan aérien" il retrouve l'emplacement original du grand bassin circulaire: il reste fidèle à l'Histoire.
Et puis il y a tout le reste ! Comme je vous le disais dans le billet précédent, je ne vais pas faire de bla bla, juste rajouter des extraits des panneaux présentant les thèmes, voici les photos.
Lorsque vous êtes sur la terrasse du château face aux jardins, vous avez à main droite le bosquet de l'éden qui évoque le paradis dessiné par Le Nôtre, ou l'on peut voir le fameux pommier avec sa belle pomme, et une représentation d'Adam et d'Eve. |
| Et elle est où est la pomme ? |
Et à main droite le bosquet de l
'Erèbe l'Erèbe c'est le fils de Chaos, l'Enfer avant l'Eden.
On entre dans un sous-bois sombre et pas accueillant du tout ! Arbres tortueux évoquant la souffrance de l'enfer, Citronniers épineux comme ceux qui auraient servi à confectionner la couronne d'épines du christ, aux pieds desquels le sol est recouvert d'ardoises où l'on ne peut marcher que maladroitement: signe peu rassurant d'instabilité, brrrr!

L'allée des Criosphinx. Buis taillés en topiaires étonnantes, représentant des criosphinx - chapeau les jardiniers
- nous sommes en Egypte !
"Criosphinx sont taillés en topiaire, un exercice extrêmement complexe qui nécessite plusieurs tailles par an. Au bout de l'allée, vous trouverez deux grands obélisques, ainsi que deux sculptures évoquant l'Égypte ancienne présentes dans ce jardin.
Au centre, je vous invite à pénétrer dans le jardin de Diane et d'Apollon. Ces deux jardins sont fidèles au dessin de Le Nôtre pour le Champ de Bataille. Diane et Apollon sont nés de leur mère, Latone, que l'on retrouve grâce à cette sculpture centrale datant du XVIIe siècle."
Ah désolé, je n'ai pas photographié ni Diane ni Apollon :/
Passons aux Serres.
Une serre sert aux orchidées
(quelques 900 specimens différents)
et une serre sert aux fougères.
(Luxuriance !)
Plus loin à travers les verres de la serre, un salon est utilisé par les amateurs et collectionneurs, les grands jardiniers d'Europe qui se réunissent "pour toutes les novations nécessaires pour les jardins de demain".
Hélas la serre centrale est fermée où l'on aurait pu voir des grands vases de Massier, une sculpture de Gustave Doré: La Parque et l’Amour. Et beaucoup d'autres choses...
Plus loin de 1000 objets du céramiste Massier à fond bleu puis vert, etc. sont rassemblés dans l'autre aile de la serre.
Jardin de Leda
Plus loin encore, bordé d'un talus de vignes et de pommiers, le petit temple de Leda dont l'intérieur est incrusté de pierres semi précieuses, est constitué d'éléments antiques; pierres romaines, pierres noires en charbon recuit, et domine un canal de près de cent mètres.
Marchons plus loin encore
Derrière, après un magnifique sous-bois qui je devine qu'à l'automne, doit éclater de couleurs dorées,
nous arrivons aux Tuileries !
Les Tuileries
Vous arrivez maintenant devant une colonnade de pierres évoquant un temple en ruines de l'époque romaine. Enfin, vous entrez dans un grand temple végétal avec des contreforts végétaux et une façade spectaculaire. Il s'agit du départ du grand escalier du Palais des Tuileries, démonté après l'incendie de 1871 et replacé dans une propriété située non loin de Paris en 1883. Un siècle plus tard, après la tempête de 1999 qui avait détruit cet ensemble, je l'ai racheté et réinstallé à Champ de Bataille.
Ce n'est pas tellement visible, sur la colonne on peut lire "TUILERIES 1871"
Retournons un peu sur nos pas pour contempler le Théâtre Antique, un magnifique théâtre de verdure et d'eau.
Retour au centre du parc pour les "Marches de la Vie"
Les Marches
Nous voici face à la cascade où je vous invite à monter ces fameuses marches de la conscience qui vous permettront d'atteindre le premier niveau. Là, vous pourrez admirer un ensemble de masques en plomb doré. Tous ces plombs sont des répliques, tout comme à la grande cascade de Saint-Cloud. J'ai moulé les plombs sur les originaux que nous avons ramenés dans le musée.
Au deuxième niveau, après avoir découvert les marches cachées, vous vous retrouverez face au grand canal. C'est de là que vous aurez la meilleure vue et perspective sur l'ensemble du jardin, et surtout, quelque chose que je crois être unique en Europe : l'enfilade des cubes d'ifs de chaque côté, suivie des deux grands rideaux de charmilles également formés de cubes. Cet ensemble a nécessité trente ans pour arriver à maturité. Mon intention en créant cela était de réaliser un jardin profondément contemporain. Bien que le départ du dessin de Le Nôtre ait été une source historique, pour le reste, comme pour tout d'ailleurs, seule l'imagination compte. Cela reflète ma démarche dans toute ma vie : partir de l'Histoire pour créer l'Histoire.
De l'autre coté du grand canal (en bas sur le plan)
L'autre "versant " du parc est constitué d'un jardin dit "anglo-indien" dont la magnificence n'a rien à redouter de l'autre coté déjà si sublime.
Cela commence par la Grotte de Cybèle.
La Grotte, vue du château, est quasiment cachée par une végétation qui la recouvre, faite de Sumacs de Virginie.
De près, on la découvre derrière cette série de colonnes. Le matériau est de la pierre volcanique apportée du Puy de Dôme.
L'intérieur a vocation à être un théâtre Elisabéthain (une scéne centrale et le public autour)
Deux cascades se mettent à couler 1 heure par jour. Hélas nous n'étions pas là au bon moment !
(pas pris l'intérieur, désolé !)
Passée la magnifique roseraie,
nous terminons par le Palais Moghol. Celui-ci est fermé au public. Jacques Garcia raconte que, passionné par l'Inde, il y a plus d'une vingtaine d'années, eut lieu de terribles tremblements de terre là-bas et nombre de bâtiments du XVIe et XVIIe siècles n'étaient plus que ruines. Mr Garcia a pu à cette occasion acquérir des trésors architecturaux qu'il fit transporter dans 50 containers: Bois, Pierres, Marbres, Boiseries. Il fallut 10 ans pour le transport et 10 de plus pour la construction de ce Palais à l'évocation Moghol. Interdit au public mais loué pour contribuer aux dépenses d'entretien du domaine, Il est cependant possible de le visiter lors des journées du patrimoine.
Sur le coté un grand plan d'eau ou cygnes noirs et oies pataugent ensemble invitent à la méditation.
Si le temps n'était pas normand, on pourrait se croire à Udaipur.

À + !
Comme toujours l'écriture en italique et de cette couleur indique la retranscription d'un cartel, d'une explication donnée près de l'œuvre ou bien d'un extrait de livre d'un auteur mais certainement pas de moi.