La colline St Jacques à Cavaillon: Sé vos qu’en paradis longo-mai caminen

Mon dieu ! que faire aprés avoir englouti à 4, 2 gigots d'agneau rotis à l'ail ?  Ah la bonne idée de JL que de faire cette petite grimpette !


"Lou camin de Sant Jaque au paradis nous mene
Souven-te-n’en
Cavaiounen !
Erespeto lis aubre e flour de touto meno
Que lou bon dieu sameno
Sé vos qu’en paradis longo-mai caminen." F. Mistral








Nous prîmes donc Lou camin de Sant Jaque par la montée César de Bus. Celui-ci, prêtre à Cavaillon, fut le plus célèbre occupant de l'Ermitage qui domine la colline. 
















Il créa la Congrégation de la doctrine chrétienne, la première qui n'était pas écrite en latin.La colline Saint Jacques est le lieu de fondation de la ville de Cavaillon, avec un oppidum gaulois.





















C'est aussi l'origine des armes de la ville de Cavaillon avec la Tour de la Gache, aujourd'hui disparue.

Tout en haut, la croix, puis à droite à la chapelle ou vécut César de Bus.























D'abord une vue imprenable sur la ville,









Et puis un panorama à perte de vue sur la Durance. 



"
La Durance, fléau de la Provence, a longtemps été une rivale, en raison de ses crues. Domptée peu à peu, elle s’est assagie. "




Bonne Balade !
à +!

Ophélie. La Def XIX.

Les années passent et les même pensées reviennent, à quelques jours près, je pose le même constat qu’en 2016 (Là) et, de fait,  j’y oppose donc la même réponse (Ici).

Un soleil pâle chauffe le béton de l’esplanade de la Def ou je me détends la cambo. Un bas-relief vient à ma rencontre.

Apel·les Fenosa i Florensa est un sculpteur barcelonais, qui ne goûte pas le franquisme et donc s’installe à Paris en 1921. Proche de Picasso et d’Eluard, il est notamment connu pour son œuvre  « Monument aux Martyrs d'Oradour (1944-1945) » exposée à Oradour.

Voici Ophélie, celle de Fenosa donc, mais avant, celle de Shakespeare, et puis celle de Rimbaud.

I
Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles ...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir ;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.

II
O pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui, tu mourus, enfant, par un fleuve emportée !
- C'est que les vents tombant des grands monts de Norvège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;

C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits ;
Que ton cœur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;

C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible effara ton œil bleu !

III
- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis,
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.

Oui, je sais. C'est beau.
à +
Philfff

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